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    Maraissa: Un cas d'école dans l'intégration agricole

    Par L'Economiste | Edition N°:325 Le 09/04/1998 | Partager

    Diversification de la production, greffage, lutte bilogique, marketing... Depuis dix ans la société de production maraîchère, Maraissa, poursuit son développement. Sa recette: les grandes alliances de l'amont à l'aval.


    DU champ à la table: c'est le défi que s'est lancé depuis dix ans la société de production de primeurs, Maraissa, implantée dans la région d'Agadir. L'expérience de cette entreprise franco-marocaine, présente au SAM 98, est à retenir dans le domaine du partenariat.
    Son histoire démarre en 1988 avec la rencontre de deux hommes: MM. Mohamed Tazi et Jean-Marie Le Gall. Dès le départ, ils optent pour le partenariat (société à capital mixte), de la production jusqu'à la commercialisation, en passant par le conditionnement et la logistique. Les deux partenaires mettent en commun leur connaissance du terrain, leurs compétences et leur maîtrise des techniques. Ce partenariat est finalement une réponse aux exigences de la mondialisation.

    "L'intérêt de notre association est que nous développons un partenariat complémentaire. Notre production marocaine arrive en contre-saison de la production européenne, assumée par mon partenaire", explique M. Mohamed Tazi, président de Maraissa. L'entreprise ne souffre ainsi d'aucune interruption et poursuit son fonctionnement douze mois sur douze.
    De 10 hectares à cette époque, la société est passée à 250 entièrement sous-serres aujourd'hui. Avec un impératif, structurer l'entreprise en unités "à taille humaine". Ainsi, dix fermes de 15 à 40 hectares sont dirigées chacune par des chefs de culture avec des équipes de 70 à 150 ouvriers. S'y ajoutent deux stations de conditionnement. Cet ensemble est sous la responsabilité d'une vingtaine d'ingénieurs et de techniciens supérieurs.

    Conquête de nouveaux marchés


    Originellement spécialisée dans la tomate, Maraissa s'est diversifiée dans d'autres productions telles que les courgettes, le haricot vert, la fraise, le melon, le concombre... Pour la prochaine campagne, la société commercialisera d'autres variétés, telles que le raisin de table ainsi que le haricot vert d'automne et de printemps. Maraissa, dont la largeur de la gamme est considérée comme un atout commercial, produit annuellement 40.000 tonnes de légumes dont la plus grande partie est destinée à l'exportation (UE, Canada et Europe de l'Est).
    Après la diversification des produits, les responsables partent à la conquête de nouveaux marchés, en l'occurrence le continent africain. M. Tazi se rendra au Gabon dans les prochaines semaines, sur invitation officielle afin de transférer le modèle Maraissa, "l'objectif étant de développer une gamme en contre-saison des produits marocains et permettre là aussi un fonctionnement cohérent de l'entreprise".

    Si, pour M. Tazi, bien produire est fondamental, bien commercialiser l'est autant. Les deux partenaires créent donc une structure com-merciale unique, implantée à Perpignan, chargée de la commercialisation aussi bien de la production française que marocaine.
    Aujourd'hui, toute cette floraison de nouveautés produites par Maraissa s'accompagne d'une politique de communication "millimétrée": affichage, presse, bulletin d'information du groupe, relations publiques, présence dans les salons spécialisés et dégustations dans les grandes surfaces. Le tout pour renforcer la notoriété de la marque "Azura" auprès des consommateurs. Devenue le cheval de bataille de la société, "cette marque représente des années d'investissements pour en faire un critère de qualité et de continuité", explique M. Tazi. Pour lui, l'identité d'un produit passe par la création et la promotion de marques fortes.


    Trois dates-phare


    Depuis la création, trois dates ont marqué l'évolution de la société. Objectif: être en phase avec les exigences des marchés:
    -1990: L'introduction des variétés dites Long Life et l'introduction de nouvelles méthodes culturales. "L'année 1990 a eu un impact considérable sur le développement des primeurs dans toute la région du Sud", se souvient M. Tazi. Cette région affiche de très bonnes performances, un développement des industries annexes et la création de plusieurs milliers d'emplois.
    -1996: Le greffage.
    -1997: La lutte biologique.


    Une production entièrement issue du greffage


    "Demain, les barrières en Europe ne seront plus tarifaires ou douanières, mais sanitaires", avance M. Mohamed Tazi. En effet, la demande européenne s'oriente aujourd'hui vers un produit "propre" et exempt de tout résidu ou pesticide. Pour cela, la société Maraissa s'est tournée vers deux nouvelles techniques: le greffage et la lutte biologique.
    Pour la première, un accord de partenariat a été signé en 1996 avec le groupe hollandais Grow Group. Le projet a été concrétisé avec la création d'une société conjointe dénommée International Nursery et la mise en place d'un site de production dans le périmètre de Massa. Il s'agit d'une pépinière de plants greffés vendus aussi bien au Maroc qu'en Europe. La capacité de cette pépinière est de 5 millions de plants de juillet à septembre pour le Maroc et de 5 millions de plants d'octobre à décembre pour l'export. Toute la production de Maraissa est aujourd'hui réalisée à partir du greffage. Celui-ci, souligne M. Tazi, permet d'améliorer la tolérance vis-à-vis des maladies du sol ainsi qu'un meilleur rendement et une augmentation de la productivité.

    Au-delà du greffage, la société s'est par ailleurs associée avec un spécialiste européen de la production d'insectes auxiliaires et de bourdons. Objectif: développer la lutte biologique et donc réduire la pression des ravageurs et pathogènes sur les cultures. Pour M. Tazi, l'environnement naturel du Massa est riche d'une faune auxiliaire dont il faut développer l'action "en élevant les insectes et en les utilisant convenablement dans les cultures".
    Pour lui, la lutte intégrée peut être un "formidable moteur de développement de la filière". Celle-ci, estime M. Tazi, a réalisé un "bond magistral" depuis quelques années et le secteur a accéléré "sa professionnalisation". Depuis la signature de l'Accord d'Association avec l'UE, le Maroc, poursuit M. Tazi, a montré qu'il était capable de s'adapter aux contraintes imposées par le protectionnisme européen, de respecter un calendrier, de diversifier ses produits et ses marchés. Pour exemple, le Maroc a expédié pour cette campagne près de 30.000 tonnes de tomates sur la Russie. Un rendez-vous est pris avec l'UE en l'an 2000 pour la renégociation du volet agricole . "Le terrain, conclut M. Tazi, est donc beaucoup plus favorable et propice".

    Meriem OUDGHIRI

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