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Maquiladoras «Travaillons notre proximité logistique!»
Entretien avec Salaheddine Mezouar, ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Mise à niveau

Par L'Economiste | Edition N°:2141 Le 31/10/2005 | Partager

Tanger, Nador, Agadir, Laâyoune. Le Maroc a une stratégie de développement de zones franches. Mais pour les vendre et capter l’investissement, il faut un concept marketing agressif. Selon Salaheddine Mezouar, ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Mise à niveau, les maquiladoras peuvent aider le Maroc à se positionner. A condition de ne pas dupliquer le modèle mexicain poussé à l’extrême. - L’Economiste: L’expérience mexicaine des maquiladoras suscite beaucoup d’intérêt. Est-elle transposable au Maroc?- Salaheddine Mezouar: L’objectif est avant tout de donner au Maroc un positionnement clair sur certains secteurs. Avec Tanger Med, il disposera d’un port logistique important qui va métamorphoser la physionomie du transport dans la région. C’est un avantage incontestable. Il faut arrimer à cet avantage un concept qui puisse, sur le plan marketing, véritablement frapper les esprits. C’est à ce titre que les maquiladoras sont intéressantes. Le Maroc a déjà une stratégie de développement de zones franches. Par exemple, celle de Tanger peut être baptisée “maquiladora méditerranée”. Ce qui permettra de la positionner de manière agressive et de capter l’investissement. La finalité de la démarche est donc d’utiliser un avantage qui est en train de se construire pour l’arrimer à un concept agressif sur le plan marketing, tout en donnant du contenu au projet, bien entendu. De manière générale, la zone franche doit être un levier de développement de nouveaux secteurs stratégiques. Pour le Maroc, nous avons identifié les secteurs de l’automobile, l’électronique et l’aéronautique. Mais rien n’est figé, demain, d’autres secteurs prendront la relève.- Ce concept vise donc juste à frapper les esprits et aider le Maroc à se positionner. N’est-ce pas réducteur?- Le monde fonctionne par l’image, par la perception. Naturellement, il faut construire derrière et donner du contenu. C’est ce que nous faisons avec Tanger et les autres nouvelles zones franches. Nous construisons et ce serait dommage de ne pas savoir vendre. La Tunisie fonctionne avec une seule et même loi sur les zones franches depuis 1972. Ce texte lui a permis de révolutionner son industrie, d’attirer des investisseurs en véhiculant un concept cohérent. Le Maroc doit pouvoir donner la même cohérence à son message, en mettant en avant ses facteurs de différenciation. Au lieu de parler de zone franche de Tanger, n’est-il pas préférable de parler d’une “Automative city” dans “le maquiladora méditerranée” du nord du Maroc? En terme de positionnement, c’est plus clair. Sur le plan de l’approche marketing, le site sera associé à l’automobile et à l’électronique embarquée. - Les maquiladoras privilégient la proximité géographique. Ce concept n’est-il pas dépassé avec la mondialisation?- Absolument. C’est pour cela que l’on parle de proximité logistique. La proximité géographique ne veut plus rien dire aujourd’hui. Si le Maroc n’est pas capable de transformer cette proximité géographique en proximité logistique, il ne se démarquera pas de ses concurrents. D’où l’importance des projets structurants. Celui de Tanger Med se place dans cette optique, à savoir, transformer la proximité géographique en proximité logistique. Idem pour Nador. Il est clair que le Maroc est en train de s’arrimer à l’Europe sur le plan logistique (routes, autoroutes, connexion électrique, ports et aéroports). L’objectif est d’en faire une zone d’investissement, de production et d’exportation. Parallèlement, nous travaillons avec nos partenaires sur un autre concept: la proximité productive, elle-même basée sur la proximité logistique. Le Maroc et certains pays de l’UE ont des économies complémentaires. Nous offrons des opportunités à travers ce concept de maquiladoras. Ils ont des problèmes de productivité, d’internationalisation de leurs PME. Le Maroc leur apporte des solutions de partenariat mais aussi des possibilités d’implantation dans des sites aménagés et structurés, dotés de services appropriés assortis d’avantages spécifiques. Dans cette démarche, nous ciblons la PME européenne car c’est elle qui vit ce processus de transformation. Ces arguments peuvent l’intéresser.- Le Maroc bénéficiera-t-il du soutien européen comme le Mexique a bénéficié de celui des USA?- Nous y travaillons. Il faut parler de coopération et de partenariat et donc avoir une vision. C’est l’un des objectifs du programme Emergence. La création du groupe d’impulsion de la France, lors de la visite de Dominique de Villepin, a été possible grâce à l’existence de ce programme structurant autour de pôles de compétitivité. Nous avons démontré que notre stratégie s’appuie sur la construction des projets structurants sur le plan régional: Tanger pour l’électronique et l’automobile; Casablanca pour les services (offshoring), Nouaceur pour l’aéronautique, Agadir et Laâyoune pour l’agro-industrie et produits de la mer. Nous avons une démarche qui va vers l’optimisation des potentiels de chaque région. Avec une telle vision stratégique, le Maroc peut intéresser ses partenaires et inspirer confiance. - Les incitations fiscales constituent l’un des piliers des maquiladoras. Le Maroc peut-il emprunter la même voie?- Les incitations au niveau des zones franches existent. L’IS à 8,75%, c’est une vraie incitation. Dans l’approche actuelle, la qualité de l’offre de services sur place et la flexibilité du travail sont déterminantes pour les investisseurs. A rappeler que le code du travail offre cette flexibilité. Nous veillerons à apporter les services de formation sur place, le catering, une procédure administrative simplifiée, des locaux aménagés. Si l’entreprise gagne du temps et de l’argent, le volet fiscal passe au second plan. Ce qui ne nous empêche pas de mener une réflexion sur ce volet. Par exemple, il est question de donner le choix entre le paiement au forfait ou au pourcentage.Par ailleurs, ces sites de production sont sur le territoire national, mais bénéficient d’un traitement différent. Il faudra éviter que le tissu productif local ne soit victime de concurrence déloyale sur le marché intérieur. Des ajustements tarifaires seront appliqués aux produits fabriqués dans ces maquiladoras et écoulés sur le marché local. - Comment éviter le dumping social observé dans l’expérience mexicaine?- Nous ne voulons pas dupliquer le modèle mexicain. Cette expérience a été poussée à l’extrême car tout était à créer. Aujourd’hui, le Maroc n’a pas tout à créer. Il a des embryons et nous adoptons une démarche cohérente et stratégique. Aujourd’hui, sur les métiers ciblés, avec un salaire mensuel de 2.000 DH, le Maroc est compétitif s’il offre des espaces équipés en services adéquats, une main-d’oeuvre formée, une flexibilité du travail avec les avantages fiscaux existants. Le package est intéressant. Dans tous les cas, la différenciation ne se fera pas sur le modèle social des maquiladoras mexicaines. Notre modèle social sera un modèle propre qui respecte le code du travail mais qui veille à la dimension de flexibilité, indispensable au développement.- Le projet est plutôt axé vers l’UE. Comment tirer profit de l’ALE avec les USA dans cette dynamique?- Ce projet est axé sur l’UE, mais l’ALE avec les USA est un argument de poids que nous utilisons pour développer l’investissement. Le Maroc a cet avantage d’avoir accès aux deux marchés les plus importants au monde. De plus, la proximité logistique du port de Tanger joue aussi, puisque New York est à 6 ou 7 jours de transport. Là aussi, il y a un travail de communication à faire pour que le Maroc soit associé à l’UE et aux USA.D’ailleurs, le regain d’intérêt des investisseurs pour le Maroc grâce à l’ALE avec les USA est palpable.


Où en est le programme des zones franches?

Nous travaillons sur les projets de zone franche à Nador, Lâayoune et Dakhla. Outre l’élaboration du concept marketing, il faut structurer ces espaces autour de métiers spécifiques, notamment les produits de la mer pour Laâyoune et Dakhla (Fish city). Par ailleurs, l’étude est quasiment bouclée pour le positionnement de la zone franche de Nador. En décembre, le schéma définitif sera fin prêt. Il faudra alors sortir un produit de combat et structurant l’offre en tenant compte de la proximité de l’Espagne. Pour Agadir, nous avons pensé au concept “Agadir 2015” axé sur les produits de la mer. “Agadir 2015” reposera sur la valorisation de la matière première, qu’elle soit nationale ou pas. Le site sera dédié au développement et à la transformation d’autres produits tels que l’aquaculture par exemple. Ces approches devraient donner une visibilité et une cohérence globale aux projets et séduire l’investisseur. Il faudra veiller à ce que tous les acteurs (élus, autorités locales, opérateurs privés) tiennent le même langage, véhiculent le même message autour d’un projet commun structurant.Propos recueillis par Mouna Kably

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