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    Courrier des Lecteurs

    Malgré l'excès de liquidité, pas de concurrence sur les taux

    Par L'Economiste | Edition N°:157 Le 08/12/1994 | Partager

    Le taux interbancaire se situe depuis trois mois à son niveau le plus bas depuis le début de la libéralisation. Cependant, peu de répercussions au guichet, d'autant que ce taux n'est pas significatif. Un marché secondaire des titres de créances permettrait l'apparition d'un véritable taux de référence.

    Depuis un peu plus d'une année, les banques entretiennent une trésorerie très liquide. Actuellement, le taux interbancaire ne dépasse pas 5%, alors qu'il naviguait entre 7 et 8% en octobre et novembre 93. Signe que les ressources se sont davantage gonflées. En effet, depuis l'entrée en vigueur des mesures prudentielles, les banques ont serré un peu plus la vis quant à leur politique de distribution du crédit. Cela ne signifie pas qu'elles se sont moins engagées que par le passé. En dehors des financements à l'exportation qui marquent le pas, les autres types de concours progressent régulièrement. Pour l'année 93, les crédits à l'économie avaient affiché 110,2 milliards de Dirhams, en croissance de 6,4% par rapport à l'année précédente. Au terme du mois de septembre de l'année en cours, ils ont grimpé de 9,9% par rapport au même mois de l'année précédente, à 75,8 milliards de Dirhams. L'excès de liquidités s'explique donc, entre autres, par le fait que leurs engagements progressent moins vite que les ressources. Les provisions ont aussi alimenté les trésoreries bancaires au détriment du fisc ( 150 à 300 million de Dirhams).

    De toute manière, le bas niveau du taux interbancaire n'est pas répercuté au guichet. Il ne constitue pas en réalité une référence dans le contexte actuel. De l'avis de quelques banquiers, "les opérations continuent à être traitées à des conditions proches des taux plafond" (12% pour le moyen et long terme et 13% pour le cours terme). Mais il y aurait des établissements qui se placent bien en dessous pour certains de leurs clients. Des taux de 10% sont même signalés. Pratique tout de même logique si l'institution est tenue par une obligation de résultat. Les ressources non utilisées se répercutent négativement sur le compte d'exploitation. Il est expliqué que "dans une situation de surliquidité, ce sont en général les grandes banques qui souffrent le plus, notamment la Banque Populaire en raison de la nature de sa clientèle".

    Avec un marché peu profond (500 millions de Dirhams avec quelques pointes à 1 milliard), ce qui ne devrait être que conjoncturel devient donc progressivement structurel. Le fait que le taux d'intérêt ne soit pas jusqu'à présent un instrument de politique économique peut expliquer la récente situation. Une véritable concurrence entre banques ne s'installera qu'avec un décloisonnement intégral du marché.

    Marché secondaire

    En pratique, le système actuel de détermination des taux d'intérêt, mis en place en mars dernier, ne survivra pas à l'installation d'un réel marché monétaire au sein duquel un marché secondaire des titres de créances négociables (bons du Trésor, certificats de dépôts émis par les banques, billets de trésorerie, bons des institutions et sociétés financières) devrait favoriser la détermination d'un véritable taux de référence avec à la clé une liberté totale du prix de l'argent.

    Le projet de loi sur le marché monétaire devrait en principe être présenté durant cette session parlementaire. Mais pour quelques financiers, il est possible de procéder dès à présent à la négociation des bons du Trésor. Cette position s'appuie sur la circulaire de Bank Al-Maghrib n°6/G du 8 juillet 1993 portant adjudication des bons du Trésor. En son article 1er, ce texte stipule que les banques inscrites, le Crédit Populaire, les organismes financiers spécialisés, les compagnies d'assurances et de réassurances, les organismes de prévoyance sociale et de capitalisation, les oeuvres sociales ainsi que les entreprises publiques et privées peuvent soumissionner aux adjudications des bons du Trésor. L'article 3 précise que "les valeurs émises dans le cadre des adjudications de bons du Trésor sont négociables entre les personnes admises à y soumissionner". Même si tous ceux qui désirent soumissionner doivent passer par les banques, le texte ne fait état d'aucune condition quant à la négociation. Exploitant les interstices de cette circulaire, Uplines Securities avait mis en relation, l'été dernier, deux opérateurs pour la réalisation d'une transaction. Celle-ci a dû être ajournée suite à certaines pressions. Depuis, aucune autre opération de ce genre n'a été montée par cette entité. Les grandes entreprises publiques ou privées ont pourtant besoin de ce marché pour mieux optimiser leur trésorerie en l'absence d'instruments de placement à très court terme, souligne l'AMTE (Association Marocaine des Trésoriers d'Entreprise). La demande est pressante en ce sens.

    A.D.N.

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