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    Economie Internationale

    Malgré les succès d'Airbus, Boeing ne vacille pas

    Par L'Economiste | Edition N°:646 Le 25/11/1999 | Partager

    · En visite en Europe, Seddik Belyamani, directeur général-adjoint des Ventes de Boeing se montre rassurant


    L'homme cille à peine: "Quand vous êtes le premier, vous êtes plus facilement dans le collimateur. Et là la presse s'en donne à coeur joie". Directeur général-adjoint des Ventes des avions Boeing, Seddik Belyamani avait fait un crochet par Paris pour délivrer quelques messages à la France, où bat le coeur de son concurrent Airbus. Dans un français parfait, mâtiné d'une pointe d'accent méditerranéen, cet originaire du Maroc, qui a obtenu sa licence d'ingénieur aéronautique à Toulouse en 1967 (trois ans avant la naissance d'Airbus sur les bords de la Garonne), s'est employé à défendre l'honneur attaqué de l'Américain Boeing.
    Le crash mystérieux du B 767 de la compagnie EgyptAir? "Quand vous parlez aux professionnels des compagnies aériennes, vous vous rendez compte qu'ils ne sont nullement inquiets par les performances de nos avions; pour eux, le problème est purement médiatique. Si on regarde bien, le Boeing 767 n'a connu que trois accidents en dix-huit ans d'existence, dont un causé par un attentat. Et il y a environ 700 appareils de ce type qui circulent!" On n'en saura pas plus, l'enquête est en cours; la possibilité d'une faille humaine est actuellement étudiée de près, mais Boeing se garde bien de tout triomphalisme.

    Retard rattrapé. Les problèmes techniques qui ont entraîné des retards de livraison? Un contre-temps. "Tout est rentré dans l'ordre, Boeing livrera cette année dans les temps" les 620 appareils prévus. Et prévoit de réaliser en 1999 un bénéfice en hausse, à près de 1,8 milliard de Dollars.
    L'avenir d'un avion très gros porteur comme l'A3XX qu'envisage de lancer Airbus pour entamer le monopole de l'Américain sur ce créneau (plus de 400 sièges) avec son 747? "On dit que des avions de ce type permettraient de soulager la congestion des aéroports. En réalité, les études montrent que celle-ci est essentiellement due à l'importance des avions de moins de 200 places! Il y a un marché, mais il est petit, il ne suffit pas pour justifier le lancement d'un avion nouveau".
    La constitution du géant Eads, issu de la fusion d'Aérospatiale Matra et de l'Allemand Dasa, détenteur de 80% d'Airbus? "Une bonne chose. Nous n'avons qu'un souhait, c'est qu'Airbus devienne une société cotée en Bourse, qui dévoile ses résultats financiers et qui ait d'autres critères de réussite que la part de marché. Nous ne connaissons pas les prix d'Airbus, tout ce que nous savons c'est que sur beaucoup de leurs contrats, nous, on perdrait de l'argent".
    "No man's land." Précisément, les prises de commandes d'Airbus qui font voler en éclats, cette année, la suprématie de Boeing? "On ne sait plus ce qu'est une commande, c'est devenu un no man's land. Nous, notre politique c'est de ne pas annoncer les commandes tant que les compagnies ne nous ont pas permis de le faire. On en a ainsi beaucoup qu'on espère pouvoir annoncer d'ici la fin de l'année. En Dollars, on ne devrait pas être loin d'Airbus".
    Boeing a perdu son inébranlable assurance. M. Seddik Belyamani admet lui-même ce qui était inadmissible il y a un an. "Nous arrivons à un équilibre du marché entre Airbus et Boeing, c'est la nature des duopoles".

    Alexandra SCHWARTZBROD
    Syndication L'Economiste-Libération (France)

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