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    Economie

    Malgré le retards des pluies : Agriculture : Rien n'est encore joué

    Par L'Economiste | Edition N°:159 Le 22/12/1994 | Partager

    La situation de l'agriculture n'est à ce jour, pas alarmante. S'il pleut dans les prochains jours, des possibilités de rattrapage sont encore espérées. Toutefois, certaines cultures commencent à souffrir du manque d'eau. Les agricultures deviennent réticents pour l'achat de l'équipement.

    L'année 1995 commence sur une note désagréable de conjoncture. Toutefois, est-il précisé au Ministère de l'Agriculture, "rien n'est encore joué et tous les scénarios sont encore possibles". A ce jour, les experts estiment qu'il est encore tôt de parler de sécheresse.

    La situation n'est donc pas alarmante et s'il pleut dans les prochains jours, "une très bonne campagne n'est pas à écarter". S'il pleut abondamment, du moins au cours de la première semaine de janvier, des possibilités de rattrapage existent. Inversement, s'il ne pleut pas, des cultures, notamment céréalières, seront "sérieusement bouleversées". La situation deviendrait alors critique, est-il précisé au niveau du Ministère de Agriculture.

    L'agriculteur inquiet interroge chaque jour le ciel, les nuages de passage, écoute les bulletins météorologiques. Selon les experts de la météorologie, et pour les prochains jours, le temps restera instable, froid et sec, et ce malgré quelques passages nuageux non actifs sur le Sud. Des possibilités de pluies faibles et éparses apparaîtront sur le Rif et le Nord de l'Oriental. Dans tous les cas, le temps restera instable avec des passages nuageux et les experts restent d'une extrême prudence dans les prévisions.

    Récoltes pas totalement perdues

    Pour ce qui est de l'état des labours, 2,5 millions d'hectares de semis à sec ont déjà été semés. Ces semis ont été plantés au niveau d'un sol sec, ce qui écarte tout risque d'humidité et de germes et ils peuvent être conservés jusqu'à l'arrivée de la pluie.

    Toutefois, les quelques superficies semées au début du mois de novembre dernier, soit 200.000 à 300.000 hectares, notamment d'orge dans les régions de Safi, du Tensift et d'EI Kalaâ, commencent à souffrir du manque d'eau. Un début de flétrissement et de jaunissement des plantes est relevé. "Mais les récoltes ne sont pas totalement perdues"... à la condition qu'il pleuve incessamment.

    A Fès, et pour les céréales, 268 .000 hectares de surface agricole utile en zone bour risquent d'être touchés par le retard des pluies. Toutefois, aujourd'hui "rien n'est encore compromis, car les pluies décisives se situent entre janvier et mars". A Meknès, les cultures céréalières souffrent également du manque de précipitations. A El Jadida, la poussée des cultures des céréales est ralentie, voire stoppée. Frappée d'un déficit constant en eau et ce depuis 10 ans, la ville de Marrakech connaît une légère baisse de demande de crédits de campagne pour l'achat des semences de blé et d'orge. De son côté, la récolte des olives est épargnée et les professionnels annoncent une "très bonne campagne grâce aux pluies de septembre à octobre".

    Bailleurs de fonds en expectative

    Pour l'élevage, un grand nombre d'agriculteurs ont pu constituer un stock important d'aliments pour bétail. Cependant, notamment dans la région d'EI Jadida, le cheptel souffre déjà de la rareté de l'herbe, particulièrement pour le bétail de transhumance. Les crédits destinés à l'agriculture ont été débloqués dès le mois de juillet dernier sur des bases optimistes. A ce jour, les bailleurs de fonds sont en expectative...

    Du côté des agrumes et primeurs, selon l'AFB, les conditions climatiques actuelles ne favorisent pas l'exportation de la Navel, par exemple, qui présente des défauts de coloration et entraînent un sous-approvisionnement de l'ensemble des marchés de l'Union Européenne.

    Pour la SASMA, et concernant toujours les agrumes et primeurs, l'absence de pluies n'affecte pas directement les cultures, car elles sont pour la majorité irriguées. Les effets deviennent directs à moyen et long termes suite à la baisse des réserves d'eau. Celles-ci ont atteint 3.176,6 millions de m3 au 19 décembre 1994, le taux de remplissage des barrages étant de 32,6% à la même date, précise l'Administration de l'Hydraulique.

    La SASMA relève par ailleurs une baisse continue du niveau de la nappe phréatique sur les zones maraîchères, avec la poursuite de l'approfondissement et le creusement de nouveaux puits. Les plantations de pommes de terre non irriguées connaissent des difficultés de levée et de croissance dans la zone nord (Casablanca et El Jadida).
    Concernant le matériel agricole, particulièrement les tracteurs, un arrêt presque total des ventes est observé depuis un mois. Jusqu'au mois de novembre dernier, l'année s'annonçait moyenne à bonne. Contre près de 1.250 tracteurs commercialisés en 1993, les professionnels tablaient pour 1994 sur un chiffre variant entre 2.400 et 2.500.

    Mais avec l'arrêt des achats et le comportement devenu prudent des agriculteurs, l'année se terminera sur un chiffre de 2.300. Le parc actuel des tracteurs est estimé entre 30.000 et 40.000 unités, alors que les techniciens évaluent le besoin à 70.000. "Le marché est loin d'être saturé". Le déficit du parc explique pour les professionnels la faiblesse des rendements de l'agriculture.
    Pour les moissonneuses batteuses et les presses à paille, les ventes se sont chiffrées en 1994 à 200 unités pour les premières et 300 à 350 pour les secondes. Ceci représente " une très bonne année " par rapport à 1993 où uniquement 20 et 60 unités respectivement ont été mises sur le marché.

    Signe d'un découragement des agriculteurs ou d'un ralentissement des travaux des champs, les ventes de pneus pour le matériel agricole ont connu un léger recul entre octobre et novembre. Du moins, les ventes de Général Tire se sont chiffrées à 2.500 en novembre contre 2.656 en octobre, soit une baisse de 6%.

    Meriem OUDGHIRI



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