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    Economie

    Malgré la reprise du second semestre 1994 : Une enquête de la CFCIM relève le statu quo sur l'emploi et l'investissement

    Par L'Economiste | Edition N°:178 Le 04/05/1995 | Partager

    Les carnets de commandes des entreprises se sont raffermis durant la seconde moitié de l'année dernière. Paradoxalement, cette amélioration de l'activité ne se matérialise pas dans les intentions d'investir, ni dans la création d'emplois. Les résultats détaillés de cette enquête seront publiés dans le prochain bulletin de la CFCIM.


    L'enquête(1) de conjoncture réalisée par la Chambre Française de Commerce et d'Industrie du Maroc auprès de ses adhérents révèle que, par rapport à 1993, la situation globale des entreprises continuait à s'améliorer de manière substantielle pendant la deuxième moitié de l'année dernière. Cependant, cette reprise de l'activité, souligne l'enquête, ne s'est pas traduite par des créations d'emplois, notamment dans l'industrie.
    Pour la majorité des firmes interrogées, les carnets de commandes étaient de nouveau garnis aussi bien dans l'industrie, les services ou le commerce. La proportion des entreprises dont le volume des commandes s'est accru s'établit respectivement à 47% et 63% dans l'industrie et le commerce. Et dans le milieu d'affaires, note l'enquête, il régnait un sentiment de sérénité et l'on y envisageait l'avenir avec confiance. Plus de la moitié des entreprises de services interrogées, 43% des firmes industrielles et 60% des sociétés de services prévoyaient une augmentation de leur chiffre d'affaires au premier semestre de 1995. Il est vrai qu'à l'époque personne ne pouvait prédire la sécheresse et ses répercussions sur la conjoncture économique.

    Cet optimisme se trouvera vite tempéré d'ailleurs par l'absence prolongée des pluies et, au début de 1995, l'inquiétude et l'attentisme s'installèrent à nouveau auprès des opérateurs économiques.(2)
    Les résultats de l'enquête confirment la reprise de l'activité économique observée durant le deuxième semestre de 1994 à travers l'évolution du chiffre d'affaires: 57% des entreprises industrielles ont enregistré une hausse de leur chiffre d'affaires au cours de cette période alors qu'une année plus tôt seules 43% d'entre elles avaient vu leurs ventes s'améliorer. Une exception cependant, le secteur de l'électricité-électronique n'a pas bénéficié de cette embellie de l'activité économique. Le chiffre d'affaires de près de 60% des entreprises de ce secteur a connu une régression.
    En dépit de l'amélioration de leur chiffre d'affaires, très peu d'entreprises ont embauché afin de répondre à ce surcroît d'activité. Seules 12% d'entre elles notent une hausse de leur effectif en 1994 contre 27% en 1993. Près de 60% ont maintenu leurs effectifs au même niveau, alors que 29% des firmes réduisaient les leurs.

    Le rôle du marché intérieur


    A l'exportation, les performances sont plutôt mitigées: seules 37% des entreprises déclarent avoir constaté une hausse de leur chiffre d'affaires à l'exportation. Par rapport à 1993 où il s'établissait à 72%, ce chiffre s'inscrit en baisse de presque la moitié. Ceci est imputable, selon l'enquête, à la reprise du marché intérieur qui aurait absorbé l'essentiel des produits industriels, voire à un recentrage de certaines entreprises vers les débouchés intérieurs. Ce sont surtout les sociétés textiles qui réalisent l'essentiel de la croissance du chiffre d'affaires à l'export: 20 des 23 entreprises enquêtées enregistrent une amélioration de leurs ventes à l'étranger.
    Par ailleurs, l'enquête montre que les industriels affichent une modération quant à l'évolution de l'activité économique au cours des six premiers mois de 1995: 43% d'entre eux croient à une reprise des commandes contre 53% une année auparavant. Ils sont 22% à anticiper une évolution négative. Avec 80% de réponses positives, le secteur textile apparaît comme celui dont les entreprises se montrent les plus confiantes. L'agro-alimentaire est le secteur le plus pessimiste avec 70% des entreprises qui prédisent une évolution négative dans les six prochains mois.

    Un des paradoxes relevés par cette enquête est la tendance au désinvestissement observée au niveau des entreprises industrielles. Ce qui peut paraître surprenant au moment où l'activité économique évoluait à un rythme soutenu. La part des firmes ayant affecté plus de 10% de leur chiffre d'affaires à l'investissement demeure quasiment la même (11% en 1994 contre 13% en 1993). Dans le même temps, la proportion de celles qui ont consacré moins de 2% de leur chiffre d'affaires à l'investissement augmentait de 17 points, passant de 43 à 60% entre 1993 et 1994. Même trend en ce qui concerne les prévisions d'investissement puisque seulement 25% des entreprises envisageaient de procéder à des investissements de capacité contre 36% en 1993 et 43% en 1992.

    Méthodologie de l'enquête


    Trois séries de questionnaires ont ciblé les sociétés adhérentes à la CFCIM: un questionnaire pour l'industrie, un pour les entreprises de services et un autre adressé aux entreprises commerciales. L'enquête a porté sur un échantillon de 151 entreprises qui réalisent un chiffre d'affaires unitaire supérieur à 5 millions de DH. Ce qui représente un taux de retour de 20%. Par secteur d'activité, la répartition des réponses s'établit respectivement à 92, 30 et 24 pour l'industrie, le commerce et les services. Si l'échantillon n'est pas représentatif des entreprises au niveau national, soulignent les enquêteurs, le panel reflète en revanche plus fidèlement l'ensemble des entreprises membres de la CFCIM En conséquence, l'enquête n'a pas pour objet d'avancer des données quantitatives sur la réalité des entreprises, mais sur la vision que les chefs d'entreprise avaient de la conjoncture au cours du deuxième semestre de 1994, conclut la note de présentation.

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