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Société

Maladies respiratoires
Casablanca peut craindre le pire

Par L'Economiste | Edition N°:2673 Le 14/12/2007 | Partager

. La pollution de l’air facteur déclenchant, le tabagisme aggrave la situation. Rhinites allergiques, asthme, tuberculose, cancer du poumon.... Casablanca 2,5 fois plus polluée que les normes standardOn respire mal à Casablanca. C’est d’ailleurs la ville la plus polluée du Maroc, si l’on en croit l’exposé de Zoubida Bouayad, pneumologue et présidente de l’association SOS tuberculose et maladies respiratoires, lors du dernier Medical Expo (www.leconomiste.com). Et, de fait, les casablancais sont les plus exposés aux maladies respiratoires à cause de l’altération de l’air. «Mais c’est aussi la qualité de la vie en général qui conditionne la santé respiratoire», ajoute-t-elle. Pour les populations «démunies» qui vivent dans des situations précaires, la menace est donc encore plus grave. Chiffres à l’appui, les affections de pneumologie occupent la première place des consultations médicales, selon elle. Un tiers des marocains s’adressent aux praticiens pour des problèmes liés à l’appareil respiratoire.Casablanca détient le record national. La pollution atteint son pic dans cette ville où le parc automobile (émissions de CO2) et l’activité industrielle (pollution atmosphérique) ne cessent de croître. Le parc automobile de la métropole est actuellement estimé à plus de 1 million de véhicules (1/3 du parc national) dont plus de 20.000 sont des taxis et bus. Près de 85% de ces moyens de transport en commun sont hors normes et leur âge dépasse les 15 ans. Pis encore, 80% des véhicules que compte Casablanca marchent au diesel qui est le plus polluant des carburants. Au total, 1.800 tonnes de gaz d’échappement sont émis dans l’air chaque année à Casablanca, avec des effets pathogènes très graves. De son côté, l’industrie est considérée comme la première cause des maladies respiratoires. En effet, 50% des unités industrielles qu’abrite la métropole sont extrêmement polluantes. Le total des émissions de poussières industrielles s’élève à 2.483 tonnes/an au niveau de Casablanca. En termes scientifiques, la pollution courante dans la métropole atteint parfois les 100 μg/m3(1), sachant que la norme européenne accepte 40 μg/m3 au maximum. En dépassant de 2,5 fois les standards de pollution, les casablancais sont exposés à deux maladies très graves: le cancer du poumon et les allergies de l’appareil respiratoire. Ce triste état des lieux explique pourquoi Casablanca caracole en tête des villes les plus polluées du monde. En effet, toujours selon les chiffres de SOS Tuberculose, 20% des marocains atteints de cette maladie se trouvent à Casablanca. 5.193 nouveaux cas ont été identifiés dans la ville en 2005. De même, 16% des asthmatiques marocains sont des résidents de la métropole. Et la ville abrite 52,7% des cas de rhinite allergique du Maroc. «Cette situation finira par s’aggraver si les sources des gaz toxiques ne sont pas maîtrisées», précise Bouayad. Les gaz toxiques, comme le dioxyde de soufre, les oxydes d’azote et les composés organiques volatils produits par les hydrocarbures cancerigènes, restent en suspens dans l’air et sont continuellement inhalés. Les fumeurs sont plus sensibles à ces problèmes et présentent moins de résistance aux substances mortelles, leur appareil respiratoire étant déjà endommagé par le tabac. D’où la difficulté accrue de leur traitement en cas d’atteinte. Les praticiens estiment nécessaires des actions urgentes et concrètes pour lutter contre ce phénomène. A commencer par la communication/sensibilisation, à tous les niveaux, aux dangers que représente la pollution atmosphérique pour la vie de la population. En outre, «la dimension protection de l’environnement doit désormais être prise en compte dans tous les projets d’investissement», soutient Bouayad. «Notre pays ne doit pas devenir une poubelle industrielle», ajoute-t-elle. D’autres mesures auraient le mérite de garantir une vie saine aux Casablancais. Il s’agit du renouvellement du parc automobile et la diminution des arrêts des véhicules en réaménageant les axes routiers les plus fréquentés. L’introduction du tramway peut également contribuer à résoudre le problème de circulation car il est non polluant.Redouane HAJJAJ----------------------------------------------------------------------------------------------(1) Il s’agit de l’unité de mesure de la pollution industrielle (émissions de poussières) qui est évaluée en micro-grammes par mètre cube (μg/m3)

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