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    Economie

    M Ayouch sur 2M : Une voix de la société civile pour parler de l'initiative privée

    Par L'Economiste | Edition N°:156 Le 01/12/1994 | Partager

    "Aujourd'hui, il ne peut pas y avoir de quotidien indépendant" ; "il y a eu des progrès immenses en matière de droits de l'Homme et de la Femme, mais il faut aller plus loin (...), changer les comportement quotidiens..." .Pas de démagogie, ni de concession. M. Nourreddine Ayouch aura été un moment de 2M, dans l'émission l'Homme en question.

    Le terme "Société civile" n'a pratiquement pas été employé. Pourtant, c'est bien lui qui venait constamment à l'esprit en écoutant M. Nourreddine Ayouch, directeur général et fondateur de l'agence Shem's Publicité, exposer ou défendre ses opinions, sur le plateau de 2M, face à Mme Samira Sitaïl, MM. Nasreddine El Efrit, directeur général de Téléplus et Mohamed Selhami, directeur et fondateur de Maroc Hebdo.

    M. Ayouch était une de ces voix de la société civile qui ne s'expriment pas encore assez, sans pourtant revendiquer d'être la voix de la société civile. C'est là un point important qui mérite d'être relevé.

    L'entreprise et le produit Kalima

    Il a beaucoup été question du magazine Kalima, de sa naissance, de sa vie et de sa mort. Pour M. Ayouch "Kalima a existé de la rencontre avec une femme extraordinaire, Mme Hinde Tâarji, journaliste et écrivain". Il explique ainsi la synergie créée entre des compétences et le soutien logistique et financier de Shem's Publicité et de M. Ayouch lui-même. "Malheureusement, les temps n'étaient pas mûrs pour une revue ayant une liberté de ton et de sujets", analyse-t-il. "Actuellement, une telle revue ne poserait pas de problème, car les mentalités ont évolué". Le Mur de Berlin est tombé maintenant, ajoute-t-il. Mais selon lui, "on n'aime toujours pas les indépendants, les inclassables (...) ; quand on me convoquait à Rabat, on me demandait pour qui je roulais". Pour lui, c'est encore une question qui serait posée. On admet des partis politiques qu'ils s'expriment comme ils l'entendent, mais la société marocaine n'admet pas encore que des indépendants le fassent. Le directeur de Shem's dit se sentir, encore aujourd'hui, profondément blessé par cette accusation, entendue à l'époque, de "donner une image déplorable du Maroc" quand Kalima traitait de problèmes sociaux.

    "Je voulais ouvrir le capital, mais personne n'a suivi ; je sais partager pour gagner", commente M. Ayouch en citant l'exemple des entreprises créées autour de Shem's avec des hommes et des femmes issus de Shem's, mais dans le cas de Kalima, "il y avait des limites financières et objectives (...) ; l'issue était fermée".

    C'est en partant des droits de l'Homme que le débat était arrivé à Kalima et les conclusions sur Kalima ont ramené M. Ayouch aux droits de l'Homme.

    "Nous avons beaucoup avancé dans ce domaine, qui recouvre la liberté de la presse, mais il faut beaucoup de courage" car, explique M. Ayouch, "il reste une centaine de prisonniers dont on sait peu de chose, les exilés et les gens qui n'arrivent pas à avoir leur passeport".

    Les droits de l'Homme ne sont pas une affaire théorique pour le directeur de Shem's. Il s'agit au contraire de pratiques quotidiennes. Il cite, revenant imperturbablement sur le sujet lorsqu'il est interrompu, trois enjeux pratiques des droits de l'Homme : les relations entre les administrations et les

    citoyens, les relations entre les employeurs et les employés et surtout les relations entre les citoyens eux mêmes.

    La lutte contre le chômage

    Il redevient le professionnel de la communication, dont il est l'un des quatre pères fondateurs aux côtés de Havas, Top et Klem-Euro-RSCG, pour montrer que des actions de formation-information "permettraient d'accélérer l'évolution des comportements" vers le respect mutuel.

    Les droits de l'Homme l'amènent au chômage, où il regrette l'ambiguïté qu'il voit dans le rôle du CNJA : "il faut des actions pratiques, pas seulement susciter des espoirs". Dans le même mouvement, il considère que le financement a un rôle premier à jouer, mais il l'aborde d'une manière différente de celle à laquelle on est habitué. Il cite le cas du Bangladesh où une expérience privée de financement, avec caution mutuelle, de micro-projets, a permis de créer des emplois et de la richesse dans les campagnes. Sur ce point, le débat ne parvient pas à rebondir : il aurait été intéressant de souligner que cette expérience fonctionne grâce à trois mécanismes : la proximité extrême entre l'emprunteur et le prêteur, la garantie de notables locaux et la gestion privée. En affichant sa sympathie pour la Gauche "qui a beaucoup fait en faveur des droits de l'Homme", M. Ayouch utilise des images fortes pour critiquer les discours et les hommes qui "donnent une image vieillotte de la Gauche". Il regrette que les programmes d'action liés à l'alternance ne fassent pas l'objet de communication.

    N.S.

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