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    Lutte contre la désertification
    La politique du tir groupé

    Par L'Economiste | Edition N°:2430 Le 26/12/2006 | Partager

    . Oasis, transhumance, écotourisme, biodiversité… une série de mesures . Un comité national interministériel en partenariat avec le Pnud. 2006 décrétée Année internationale des déserts et de la désertification Réhabilitation des oasis, relance de la transhumance, écotourisme, création d’activités génératrices de revenus ou d’emploi, gouvernance locale, Agenda 21… Une batterie de mesures a été lancée dans le sud du Maroc par les pouvoirs publics, l’Agence du Sud en partenariat avec le Pnud Maroc (Programme des Nations unies pour le développement). Pour s’enquérir de l’état d’avancement de ces chantiers, le Pnud a organisé un voyage de presse sur une vingtaine de sites, notamment à Taghjijte, Guelmime, Assa, Tata, Foum Lahcen, Foum Zguid, Ouarzazate…Le contexte de cette visite s’inscrit dans la mise en œuvre des actions phares de la Convention de lutte contre la désertification dans le cadre de l’AIDD (l’Année internationale des déserts et de la lutte contre la désertification) au Maroc, tient à souligner Leïla Barakate, responsable Partenariat et Communication au Pnud. L’Assemblée générale des Nations unies a, rappelons-le, proclamé 2006 Année internationale des désert et de lutte contre la désertification. Plus qu’une date ou un anniversaire, décréter une année internationale aux Nations unies n’est pas une fin en soi. C’est le début d’un processus qui sert de repère pour enclencher un cycle de sensibilisation, de formation et d’information, fixer des priorités par rapport à une problématique et mettre en place des partenariats autour de la thématique, tient à préciser Souleimane Bah, chargé de communication au Pnud. C’est aussi le cadre d’une stratégie internationale et nationale suivie d’un programme d’actions concret, mis en œuvre par plusieurs départements ministériels. C’est dans ce contexte particulier qu’un comité national a été mis en place par le Haut commissariat aux Eaux et Forêts avec l’appui du Pnud. Ce comité joue le rôle de coordination et de catalyseur pour promouvoir un partenariat dans le sens du développement durable et la lutte contre la désertification. Dans le cadre de l’Année internationale, des objectifs ont été fixés. Trois objectifs majeurs ont été déclinés. Il s’agit du lien entre la lutte contre la désertification et la lutte contre la pauvreté, par la promotion du développement des populations ciblées. Le second axe porte sur la relance de la transhumance et la conservation de la biodiversité. Le dernier axe, quant à lui, porte sur la promotion de la coopération Sud Sud. Sur ce point précis, l’objectif est de favoriser le transfert du savoir-faire national vers des pays subsahariens. Pour les responsable du Pnud, leur rôle se décline à travers le renforcement des capacités des acteurs locaux par la sensibilisation et la formation, de manière à ce que la population locale s’approprie les projets et assure le relais. Selon Souleimane Bah, la valeur ajoutée du Pnud, elle la puise de sa capacité à mobiliser des partenaires, sur le plan national et international et de bailleurs de fonds crédibles autour de thématiques variées. Des pays comme la Belgique, la Finlande, Monaco… participent au financement de projets dans le Sud. A cela s’ajoutent la souplesse dans les mécanismes de financement et la flexibilité dans la gestion et le déblocage de budgets. Par ailleurs, ajoute Bah, l’essentiel de l’implication du Pnud réside surtout dans l’expertise capitalisée dans près de 166 pays, des études, des experts et le développement de projets locaux. Ce qui vaut au programme des Nations unies l’expression chère à son représentant résident, Mourad Wahba: «Le Pnud est un entrepreneur du développement social».


    La leçon mongole

    Globalement, le plan comprend à l’échelle nationale des actions de reboisement de forêts naturelles sur un périmètre de 140.000 ha, l’aménagement de 13 bassins versants, la conservation de la biodiversité et la relance de la transhumance. Au total, les actions portent sur une superficie de 1 million d’hectares. Dans le cadre de la biodiversité, la démarche passe notamment par la relance de la transhumance et s’inspire en partie d’une expérience réussie en… Mongolie. L’idée au Maroc est d’essayer de reconduire cette expérience dans son milieu naturel tout en l’adaptant aux spécificités locales dans le respect de l’héritage de ce mode de vie ancestral.


    Pluies artificielles

    Au même titre que le programme oasis, les pluies artificielles est une action développée pour faire face à la problématique de la sécheresse, le Maroc a capitalisé sur cette démarche. Aujourd’hui, de nombreux pays tels que le Burkina Faso ont fait appel au Maroc pour reconduire l’opération des pluies artificielles. L’opération a été baptisée «Saga au Burkina». Au Maroc, elle est appelée «Al Ghaïte». Aujourd’hui, seuls le Maroc et l’Afrique du Sud détiennent une expérience probante en la matière, souligne Souleimane Bah, chargé de communication au Pnud. Selon ce dernier, c’est le Maroc qui a accompagné de nombreux pays à la mise en place de ce programme. Depuis 1998, le Burkina a pu maîtriser sa pluviométrie et son agriculture. Aujourd’hui, d’autres pays tels que le Sénégal, la Gambie, le Mali, le Niger et le Cameroun, le Cap-Vert ou encore la Mauritanie sollicitent le Maroc pour la reconduction de cette expérience dans leurs territoires respectifs. Ce sont généralement des pays du Sahel où le problème du stress hydrique se pose avec acuité et se traduit par une avancée du désert. Une équipe marocaine dédiée est actuellement au Sénégal pour mettre en place ce mécanisme. Le Maroc perd chaque année l’équivalent de 4,6% de son produit intérieur brut à cause de la désertification et de la dégradation de l’environnement, selon le Haut commissariat aux Eaux et forêts. Le constat est alarmant: 93% du territoire national se trouve sous climat aride ou semi-aride. Le potentiel hydraulique mobilisable actuellement (19 milliards de m3) place le Maroc dans la frange des pays à stress hydrique, avait souligné Abdeladim Lhafi, haut commissaire aux Eaux et forêts. Plusieurs critères renseignent sur le niveau de désertification. En effet, l’on estime à quelque 31.000 hectares par an la régression du couvert végétal forestier. Un phénomène dû notamment à l’érosion hydrique; les récentes sécheresses ont provoqué le tarissement de nombreux puits et sources. Par ailleurs, l’ensablement dû à l’érosion éolienne constitue l’une des principales manifestations de la désertification. Le problème de la salinisation y est aussi pour beaucoup ainsi que l’urbanisation qui ronge l’assiette foncière, les micro-parcelles… Dans les seules provinces de Ouarzazate, Zagora ou encore Errachidia, l’on estime à ce jour que 22.000 hectares des terres irriguées et 5 millions d’hectares de terrains de parcours sont touchés par la salinisation conjuguées aux effets de l’ensablement. Au niveau mondial, les terres arides couvrent plus de 40% de la surface, estime le Programme des Nations unies pour le développement. Plus de 2 milliards de personnes, soit le tiers de la population mondiale, habitent ces zones écologiquement et socialement marginalisées. A. R.

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