×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Lutte contre la contrebande : A Derb Ghallef les prix flambent

    Par L'Economiste | Edition N°:217 Le 15/02/1996 | Partager

    Les conséquences de la lutte contre la contrebande se font de plus en plus sentir. Si les commerçants se plaignent de la régression des transactions commerciales, certaines entreprises enregistrent une reprise de leurs activités.


    Dans la campagne de lutte contre la contrebande, les consignes ont été strictes: s'attaquer aux racines du mal. Pour des raisons sociales inexplicables, les pouvoirs publics n'ont pas jugé efficace de mener une offensive contre ces souks de contrebande. A ces centres commerciaux, l'Administration a opté pour une autre méthode: asphyxier ces marchés en coupant leurs voies d'approvisionnement. Cette stratégie a produit des effets visibles.
    Dans ces boutiques, l'activité commerciale, qui fut naguère florissante, bat manifestement de l'aile. Au Derb Ghallef à Casablanca, les affaires semblent suspendues. Si d'habitude cet endroit grouillait de monde, il était ce mardi 13 février presque désert, affichant un calme inhabituel et inquiétant. Les rares chalands se hasardaient à peine à franchir le seuil des magasins pour s'enquérir des prix pratiqués. "Les transactions deviennent de plus en plus rares", reconnaît un commerçant d'électroménager. Derrière lui, un seul téléviseur sert à l'essai des paraboles. Juste à côté, deux démodulateurs Radix et Echostar 80. Ce dernier est proposé à 2.500 DH alors qu'il se vendait à 1.600. Cette hausse des prix s'explique par la pénurie des produits de contrebande.

    La vente "en douce"

    Les articles qui restent en circulation provenant des stocks sont écoulés parcimonieusement, dans des situations de confiance. Car, dès l'annonce des premières arrestations, des commerçants futés ont rapidement vidé leur magasin pour déplacer la marchandise incriminée de manière à la mettre dans un endroit sûr, même si plusieurs d'entre eux affirment ne pas être gênés par les contrôles. D'ailleurs, certains exploitent cette période de transition pour écouler leur stock et se reconvertir dans un commerce dont ils peuvent fournir les factures à tout moment.
    "Trois magasins ont subi l'intransigeance de l'inspection, dont deux grossistes de paraboles et de pièces détachées pour voitures", assurent certains. Quant au troisième commerçant victime d'une saisie de l'Administration, il est spécialisé dans la vente de produits alimentaires. Il avance qu'il possédait une machine servant à emballer et à imprimer de nouvelles dates de péremption. " De toutes les manières, les contrôles au Derb Ghallef ou ailleurs sont effectués dans des magasins déjà répertoriés," précise un commerçant.

    S'ils affichent de l'inquiétude et déclarent ne plus réaliser les recettes du passé, les commerçants restent dans le circuit et vendent "en douce" ce qui est vendable. Mais la plupart d'entre eux étalent des T.V. acquises localement ces dernières semaines. Sur ce registre, les prix ont également augmenté: une TV de marque Philips coûte 4.600 DH, la même en contrebande a été vendue à 3.500 DH. Ces différences de prix suscitent le commentaire d'un consommateur venu avec 1.700 DH acheter une parabole:" c'est trop cher. Les enfants devront encore aller chez les voisins pour regarder l'émission de jeu "Bank almaâloumate" sur ART-Europe. J'attends un peu pour voir comment les choses vont se décanter".
    Si cette situation ne manque pas de décevoir cette famille, en revanche, elle aura provoqué l'enthousiasme des entreprises concessionnaires de TV. A Vidéotel représentant les marques Sony, Thomson et Brandt, l'espoir est de rigueur. "On a enregistré une sérieuse augmentation des commandes, confirme un attaché commercial. Certains revendeurs de Derb Ghallef commencent à revenir".

    Les éventaires dégarnis

    Cependant, le spectacle le plus désolant est visible dans le coin réservé aux magasins des produits alimentaires. Les éventaires, autrefois surchargés de produits en tous genres, démonstration d'une opulence passée, sont dégarnis. De même, les étagères sont curieusement vides. Traînent sur le comptoir des boules de fromage "rouge" (parfois découpées en quartiers de 250 et 500 grammes), quelques seaux de miel poussiéreux, des sacs de riz... Le gouda y est proposé à 75DH. Les jus de fruit ont complètement disparu. Dans ces rayons de l'alimentation où les prix ont également enregistré une hausse, très peu de clients déambulent alors que l'heure de la rupture du jeûne approche.Les fripes, très populaires, se font très rares. Selon un commerçant, "le transport des vieux habits est fastidieux. Même si les marges étaient réduites, les gains se faisaient sur les quantités".
    D'un autre côté, plusieurs commerçants assurent que des marchandises continuent, en quantités très réduites, d'arriver du Nord . "Sur 15 personnes qui partent s'approvisionner, 2 ou 3 parviennent à passer les filtres des contrôles routiers, avec une pièce électroménager ou des produits alimentaires", répètent plusieurs marchands.

    Mohamed CHAOUI.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc