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Economie

Lutte antisida
Enfin, une politique publique?

Par L'Economiste | Edition N°:2166 Le 07/12/2005 | Partager

. Des chiffres alarmants pour l’année 2005. Baisse considérable du coût de traitement . Les populations vulnérables demandent plus d’attention L’heure est grave, le sida devient un problème majeur de santé publique. Les services du ministère de la Santé ont recensé, à aujourd’hui, 1.839 cas de la maladie avérée. Toujours selon la voie officielle, un record de 271 nouveaux cas a été enregistré cette année (250 en 2004). La maladie se propage plus rapidement chez les femmes qui représentent, à fin 2005, 42% des cas enregistrés. Ce chiffre est d’autant plus alarmant, le mode hétérosexuel représentant 83% des nouvelles contaminations entre 2001 et 2005 (24% entre 1986-1990). Le sida est une maladie qui touche particulièrement les jeunes. Près de 68% des malades sont âgés entre 15 et 39 ans. Conformément aux méthodes de l’Onusida, les autorités médicales publiques estiment à fin 2005 entre 16.000 et 20.000 le nombre de séropositifs au Maroc. «Il est impossible de donner un chiffre exact à ce sujet», indique Dr Hamida Khattabi, chercheuse au ministère de la Santé. Dans le cadre de la surveillance sentinelle, qui repose sur l’observation de plusieurs échantillons représentatifs, les services du ministère de la Santé ont pu déceler le taux de prévalence chez les catégories sociales vulnérables. Ce taux avoisine 0,1% chez les femmes enceintes. Il atteint 0,6% au sein de la population carcérale et se propulse à 2% parmi les travailleuses du sexe. Quoiqu’alarmants, ces chiffres maintiennent le Maroc parmi les pays dits à «niveau d’épidémie peu active»(1). «Notre défi majeur est de maintenir la stabilité du niveau de l’épidémie, puisque le passage à une évolution concentrée du sida renforce l’hypothèse d’atteindre une épidémie généralisée», explique Dr Khattabi. Conscient du défi qu’il relève, le Maroc s’est inscrit dans la déclaration d’engagement universelle pour la lutte contre le sida (UNGASS). Cette déclaration permet d’évaluer les efforts engagés par les pays dans un certain nombre de domaines d’intervention fixés au préalable. Le Maroc est concerné par 7 domaines d’intervention dont l’évaluation a fait l’objet d’un document publié à l’occasion de la journée mondiale du sida. Concernant l’implication des pouvoirs publics, le document souligne l’engagement de SM le Roi et de la Princesse Lalla Salma dans plusieurs actions antisida. Il évoque également la mobilisation de plusieurs départements ministériels dans un plan stratégique de lutte contre ce fléau. Le document indique en revanche que le Maroc est tenu d’intégrer l’action antisida dans les programmes de développement et de réduction de la pauvreté. Dans le domaine de la prévention, pouvoirs publics et ONG se sont engagés dans des campagnes de communication et des opérations de dépistage gratuit à grande échelle. Cependant, le document souligne la nécessité de se concentrer sur les populations les plus exposées au risque de contamination. «Nous comptons sur la coopération des ONG pour étendre notre message aux populations enclavées», souligne Mohamed Cheikh Biadillah, ministre de la Santé publique. Côté soins, appui et traitement, le Maroc a réalisé une avancée remarquable en matière de réduction du coût des antirétroviraux (ARV). Il a également généralisé la prise en charge médicale gratuite qui couvre actuellement 1.120 personnes. Cela dit, le document exhorte le Maroc à décentraliser davantage la prise en charge au niveau des régions et l’étendre vers le volet psychosocial. Compte tenu de l’estimation actuelle du nombre de séropositifs, le ministère sera confronté dans les années à venir à une demande grandissante en matière de prise ne charge. «Les systèmes de prévoyance sociale et les assurances médicales sont tenus de contribuer à cette opération, surtout auprès des malades qui leur sont affiliés», explique Dr Kamal Alami, conseiller du programme Onusida au Maroc. En matière de droits de l’homme dans leur relation avec l’épidémie, les lois marocaines garantissent un traitement équitable des citoyens sans référence à leur état de santé. Pour ce qui est de la protection des personnes vulnérables, le document souligne le développement des activités génératrices de revenus et les programmes d’alphabétisation destinés aux femmes et aux jeunes filles. Toutefois, il insiste sur la nécessité d’accès des groupes vulnérables aux programmes de prévention, prise en charge et protection. Concernant les ressources financières, le document met en exergue le budget annuel alloué par le gouvernement ainsi que la subvention (9,23 millions de dollars) accordée par le Fonds mondial de lutte contre le sida. Il signale également l’importance de la coopération bilatérale dont l’apport était de 49,8 millions de DH en 2005. Le document évoque en dernier lieu le domaine du suivi où le gouvernement s’est engagé dans des évaluations périodiques menées conjointement avec la société civile. Il évoque également le système de surveillance de l’infection VIH par réseau sentinelle, étendue en 2005 à 24 sites. Nouaïm SQALLI-----------------------------------------------------------------------------(1) Epidémie peu active: Prévalence inférieure à 1% chez les femmes enceintes; Prévalence inférieure à 5% chez les personnes vulnérables. Evolution concentrée de l’épidémie: Prévalence inférieure à 1% chez les femmes enceintes. Prévalence supérieure à 5% chez les personnes vulnérables.Epidémie généralisée: Prévalence supérieure à 1% chez les femmes enceintes. Prévalence supérieure à 5% chez les personnes vulnérables. 

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