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    Lunettes solaires: de 150 à 7000 DH, l'anarchie des prix

    Par L'Economiste | Edition N°:38 Le 16/07/1992 | Partager

    Devenues indispensables en été les lunettes de soleil se caractérisent par une grande variété de modèles. Ce qui surprend le plus, c'est l'éventail des prix. L'anarchie règne sur le marché entre l'importation et la contrebande.

    Les lunettes de soleil servent avant tout...à protéger les yeux.
    Féminine, surprenante, panoramique, pliante, ultralégère, la mode des lunettes solaires s'est bien installée, a évolué...le prix aussi, allant de 150 à 7.000DH et parfois jusqu'à 8.000-9.000DH pour la marque Pierre Cardin. Le marché marocain regorge de marques, toutes importées, avec les plus connues, Persol, Ray Ban, Paloma Picasso, les classiques avec Christian Dior, Yves Saint Laurent ou Pierre Cardin. La dernière née est la marque italienne Police qui a connu depuis son apparition un "franc succès". Son prix: varie entre 1.000-1.200DH. "Les lunettes italiennes connaissent énormément de succès", explique un opticien. "Les italiens sont de véritables professionnels au niveau du design et de la qualité des verres", ajoute t-il. Les marques les plus vendues sont Persol (marque italienne) à 1.900DH avec Police, Ray Ban de1.000 à 1.600DH, Paloma Picasso à 1.800DH et les classiques (Cartier, Dior...).

    Indisponsables, comme un climatiseur

    Presque toutes les marques disponibles chez les opticiens sont importées. Une quinzaine de sociétés d'import-export disposent d'un portefeuille de cartes étrangères. La carte s'acquiert généralement lors de salons internationaux de l'optique où les contrats sont conclus entre les maisons-mère et la société d'import-export. Les droits de douane sont de 40% pour les lunettes nouvellement importées, viennent ensuite se greffer le PFI, puis la TVA au taux de 30%. Une fois la marchandise reçue, les fournisseurs rendent visite environ deux fois par an aux opticiens pour leur proposer les nouveaux modèles ou éventuellement les nouvelles marques. Les commandes se font, par la suite, par téléphone selon les besoins du marché.
    "Les lunettes de soleil ne sont plus un luxe; elles sont devenues, comme le climatisateur, indispensables", souligne un opticien. En dépit d'une "floraison" des centres optiques, le marché est, selon les professionnels, en pleine expansion. D'aucun ne se plaint de son chiffre réalisé sur les lunettes solaires. Par exemple, un opticien situé au Maârif du Casablanca vend près de quatre à cinq paires de lunettes de soleil par jour, dont le prix varie entre 1.200 et 5.000DH. La plus grande période de vente débute à partir des vacances de pâques pour les sports d'hiver, pour la saison du pélérinage et bien entendu pour les vacances d'été. Autre phénomène de vente, le mois de ramadan pour les clientes "coquettes, démaquillées, qui se cachent derrière les lunettes, de préférence noires". Et cela, sans oublier le design de la monture. La fréquence d'achat, selon les professionnels, surtout pour les grandes marques est de trois à quatre ans. Toutefois, s'agissant des "excentriques".

    La fréquence d'achat peut être de plusieurs fois par an. La mode, qualifiée d'éternel recommencement à double tranchant, peut soit encourager les ventes, soit, entraîner d'importants stocks de lunettes invendues.
    Par ailleurs, alliant esthétique et qualité, les grandes marques offrent un florilège de modèles classiques, "sportifs" et fantaisie. En principe, le prix est un critère de choix, même s'il est élevé lorsque figure sur la monture la griffe d'acteurs ou de stylistes renommés. Mais la marque seule ne justifie pas le prix. Dans ce domaine, les imitations abondent. Pour les professionnels, il ne faut pas se laisser tenter par un prix trop alléchant; les yeux, eux, feront la différence. Les principaux critères de vérification des "vraies marques", expliquent les professionnels, sont la provenance de l'achat, le numéro de série de la monture, les verres gravés, l'état de finition de la paire de lunette et les défauts dans la jointure du moule de la paire de lunettes injectées.

    La contrebande: monopole de l'importation

    La lunette injectée est la technique de fabrication adoptée pour les lunettes solaires. Il s'agit d'un moule où l'on injecte en une seule fois le matériau. La contrebande, selon les opérateurs, détient le quasi monopole de l'importation et de l'imitation. Ainsi, Derb Ghalef et l'ancienne Médina de Casablanca sont de véritables centres d'affaires et de négociations des lunettes de soleil, de marque ou imitées, qui proviennent d'Espagne, d'Italie, d'Allemagne...A Derb Ghalef, les prix des lunettes solaires varient de 100 à 2.000DH.
    Certaines nouvelles marques apparaissent à Derb Ghalef avant même qu'elles ne soient exposées dans les vitrines des opticiens. Tel a été le cas de la marque italienne Police. Toutefois, la contrebande, d'après les professionnels, ne signifie pas qualité et marque. En effet, les acheteurs ignorants se laissent parfois emporter par le discours convaincant des vendeurs perfectionnés qui leur vendent de parfaites imitations.

    Bon verre, bon il

    Les verres solaires de qualité sont fabriqués avec les mêmes techniques que les verres optiques. Leur surface doit être parfaitement plane et polie pour ne pas modifier les reliefs. Verre ou plastique? C'est une question de goût.
    Les minéraux (verre), résistants aux rayures et très solides, présentent l'avantage de pouvoir s'adapter à la vue. Ray Ban teste la solidité de ses lunettes avec des billes d'acier jetées d'une hauteur de 1,50 mètre.
    Les organiques (matières plastiques), incassables et surtout très légers, autorisent les montures très fines. Mais ils se rayent facilement.
    Après le choix du matériau, vient celui de la couleur. Là, tout dépend de l'ensoleillement du lieu où l'on se trouve. A la mer ou à la montagne, il faut opter pour des verres marrons, les plus filtrants. Ils arrêtent 100% des infra-rouges, 99% des ultraviolets et mettent les yeux à l'abri des réverbérations.
    En ville, les verres gris suffisent. Cette couleur filtre bien les infra-rouges, responsables de l'éblouissement, et ne modifie pas les rapports des couleurs entre elles.

    En revanche, le gris attriste un peu le paysage. En plein air, à la campagne par exemple, les verres de couleur verte conviennent bien. Ils filtrent ultraviolets et infra-rouges, mais ils font paraître l'herbe un peu moins verte!
    En voiture, il faut être plus exigeant. Il faut choisir des verres qui respectent les couleurs tout en filtrant au maximum. Les plus sophistiqués bloquent même ce que les spécialistes nomment la "lumière bleue". Cette lumière est responsable de la nébulosité aveuglante qui règne par temps couvert ou brumeux.
    Idéaux aussi pour la conduite, les verres photochromiques, qui s'adaptent d'eux-mêmes aux changements de luminosité et d'exposition. Ils s'assombrissent au soleil et s'éclaircissent par temps couverts.

    L. Tr & M.O.

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