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    L'orphelinat Sidi Bernoussi: 500 pensionnaires en mal de foyer

    Par L'Economiste | Edition N°:1167 Le 19/12/2001 | Partager

    . Ils sont sans famille, orphelins d'un parent ou enfants abandonnés et essayent de se reconstruire une nouvelle vie. Dans ce complexe social, les anciens bénévoles veulent impliquer les plus jeunesSe dressant sur la pointe des pieds, Nabil, 7 ans, regarde partir ses petits camarades par la fenêtre de la chambre qu'il partage avec sept autres pensionnaires. Ses yeux tristes avec une pointe d'envie ne quittent pas les partants jusqu'à ce qu'ils aient disparu. Ensuite, résigné, il hausse les épaules et vaque à d'autres occupations. Nous sommes samedi et la plupart des pensionnaires de l'orphelinat Sidi Bernoussi quittent les lieux pour passer le week-end avec leur famille. Nabil n'a pas cette chance comme d'ailleurs une soixantaine d'autres petits enfants. Ils n'ont pas de famille ou du moins n'en connaissent pas. Ce sont des enfants abandonnés recueillis par l'orphelinat Lalla Hasna et qui ont été transférés à Sidi Bernoussi à l'âge de 4 ans. Leur destinée était toute tracée depuis leur arrivée dans ces lieux. “Ah! c'est vous le directeur, directeur gentil, moi l'aimer beaucoup”, s'exprime Hicham. La voix pâteuse et les mains tordues par le mal qui le ronge. Hicham est un handicapé mental. Il a 14 ans, mais réagit et parle comme un enfant de 7 ans. “Nous avons trois cas d'enfants handicapés qui nous ont été envoyés de Meknès parmi une dizaine d'autres”, explique le directeur de l'orphelinat, Nahi Mohamed.Pour les garder, les responsables de l'établissement doivent embaucher du personnel spécialisé. “Nous n'avons pas pu faire autrement, raconte Nahi.Lorsque nous les avons emmenés à Tétouan dans un institut spécialisé, ils ont commencé à pleurer et nous les avons ramenés”. Avec ses cinq ailes, l'orphelinat de Sidi Bernoussi accueille 500 pensionnaires de 7 à 26 ans dont la moitié est âgée entre 7 et 13 ans. En principe, à 18 ans, le pensionnaire doit quitter les lieux. Mais certains n'ont pas de foyer d'accueil et ne pouvant pas encore s'assumer financièrement, ils restent au centre. Humainement, l'administration des lieux ferme les yeux sur ces entorses. En fait, dans le complexe social du Prince héritier Sidi Mohammed cohabitent quatre sortes de pensionnaires: les orphelins des deux parents, orphelins de l'un des deux, les enfants abandonnés et les démunis. Le complexe social du Prince héritier Sidi Mohammed est sis à la périphérie à 12 kilomètres de Casablanca sur la route Aïn Harrouda. Occupant une superficie de plus d'un hectare, le complexe au départ était destiné à trois catégories de pensionnaires: les filles, les garçons et les personnes âgées. Très vite, cette idée fut oubliée devant la complication de la tâche pour n'en faire finalement qu'un orphelinat pour garçons.Le complexe social est assez récent. Il a été construit en 1982 et a ouvert ses portes quatre ans plus tard. 40 millions de DH, c'est l'enveloppe qu'il a fallu pour terminer l'ouvrage et créer des projets pour faire survivre l'orphelinat. Les promesses d'aide se sont rétrécies comme une peau de chagrin, raconte Haj Mohamed Berrada, secrétaire général de l'association musulmane de bienfaisance, initiatrice de ce projet et gérante actuelle de l'orphelinat. Le projet a été sauvé inextremis par Haj Mohamed Sekkat, (parrain de tous les projets de bienfaisance d'ailleurs), qui s'est chargé de verser la moitié de la somme. Aujourd'hui, le centre fonctionne grâce à trois sources de financement annuel: des loyers en provenance de biens immobiliers appartenant à l'association et loués à des particuliers (1,5 million de DH), une subvention des communes (1 million de DH) et les intérêts d'une somme bloquée auprès des banques. Ces sommes ne sont pas suffisantes devant les dépenses annuelles. A elle seule, la masse salariale s'élève à 1 million de DH. Le manque de ressources se ressent à tous les niveaux. Si les menus distribués maintiennent un certain équilibre, l'entretien des pavillons laisse à désirer. Dans les couloirs menant vers les chambres, les odeurs fortes que dégagent les toilettes, les lampes non remplacées, l'absence de rideaux aux fenêtres rendent l'endroit lugubre. “Plus que d'argent, nous avons besoin d'un soutien humain d'abord. Ces enfants ont besoin d'affection et de présence pour ne pas se sentir exclus”, précise Haj Berrada. Un avis partagé par le directeur de l'établissement qui fait d'ailleurs de son mieux pour soutenir ses enfants comme il les appelle affectueusement. Mais le plus important aux yeux de tous ces responsables, c'est une implication des jeunes dans l'association et son bureau. “Il nous faut du sang neuf et des jeunes qui prennent la relève si on veut que ce genre de projet continue d'exister”, poursuit Haj Berrada.En se détourant de la fenêtre, Nabil pousse tout de même un soupir de soulagement: il a un toit sur la tête. Il touche avec fierté ses habits neufs de l'Aïd. Il aura au moins cela de commun avec les enfants de son âge. Badra BERRISSOULE

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