×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Loi de Finances: Youssoufi balise le terrain

Par L'Economiste | Edition N°:324 Le 02/04/1998 | Partager

Social, monde rural et mise en place des infrastructures nécessaires au développement économique. La circulaire du Premier ministre énonce les priorités pour la prochaine Loi de Finances.


M. Abderrahmane Youssoufi ne veut pas perdre de temps. A peine installé, il s'attaque au grand chantier qu'est la préparation de la Loi de Finances 1998-99. Par circulaire n°7/98 adressée aux membres de son gouvernement, relayée par une présentation en Conseil de Gouvernement, le Premier ministre a donné le ton. Dans ce document de trois pages, il a attiré l'attention de son gouvernement sur «l'urgence qui s'attache à la préparation du projet de Loi de Finances». La date buttoir pour la remise des propositions budgétaires à la Direction du Budget du Ministère de l'Economie et des Finances était fixée au 31 mars. Ce délai est jugé court par nombre de ministères qui veulent préparer un projet novateur, faisant appel à beaucoup d'imagination. Mais, pour la forme, la plupart ont décidé de communiquer leurs propositions, quitte à les amender ultérieurement. En effet, cette étape est considérée comme «un premier niveau, des arbitrages pourront avoir lieu pour des rectificatifs», souligne un haut fonctionnaire.

Pour l'heure, le document donne un avant-goût de ce que sera la Déclaration gouvernementale. Les contours de cette déclaration transparaissent à travers les axes de la circulaire. Le chef du gouvernement commence par brosser un tableau peu reluisant de la situation. Il rappelle à son équipe «la situation précaire des finances publiques». Les prévisions des recettes de l'exercice en cours n'ont pas atteint le niveau escompté. Le budget en cours devrait en effet «dégager une moins-value sensible des recettes ordinaires». Aucune éclaircie ne se profile à l'horizon en raison de la tendance structurelle à la baisse des recettes douanières consécutives au démantèlement tarifaire suite à l'Accord d'Association.

Coût de l'assainissement de la gestion


Il ajoute que la prochaine Loi de Finances est d'ores et déjà «lourdement handicapée par des contraintes liées au poids excessif des charges de fonctionnement». La masse salariale de la fonction publique absorbe à elle seule près de 11,5% du PIB, soit le double de la Turquie, l'Indonésie ou la Malaisie, pays jugés au même stade de développement que le Maroc.
L'autre handicap concerne la dette publique. Ses charges en intérêts et amortis-sements représentent 53% des recettes fiscales. «L'encours de la dette intérieure devrait représenter au terme de cet exercice pas moins de 41% du PIB», note M. Youssoufi qui assombrit le tableau lorsqu'il précise que «le ratio d'endettement du Trésor devrait atteindre 79% du PIB, compte tenu du niveau de la dette extérieure». Ce taux élevé place le Maroc au palmarès des pays à fort endettement public.
Dans cette circulaire, il est également question de l'assainissement de la gestion de quelques secteurs économiques. L'enveloppe prévue pour cet effet est estimée à 30 milliards de DH, étalée sur une longue période. Ce chiffre est qualifié d'«énorme», mais son niveau montre l'ampleur de l'effort financier que l'Etat doit fournir. Cet assainissement concerne les secteurs des mines (le coût de Jerrada est sûrement pris en compte), la recapitalisation de la CNCA, les dettes des opérateurs sous tutelle du Département de l'Habitat estimées à plus de 3 milliards de DH. Le Premier ministre cite également les secteurs des assurances, de la pêche et du tourisme.

L'état des lieux dressé, M. Youssoufi énumère les priorités de l'action gouvernementale. Les secteurs sociaux vont bénéficier de toute l'attention. Le monde rural est également inscrit comme une priorité. Dans cette optique, le Département de l'Equipement a souhaité renforcer le programme des pistes rurales en doublant les fonds alloués qui cadrent avec les orientations du gouvernement. Son mode de financement ne posera théoriquement pas de problème. Autre pilier de cette politique, «la mise en place d'infrastructures nécessaires au développement de l'activité économique». Autre priorité: l'amélioration de la gestion et la rationalisation des dépenses en vue de les redéployer au profit de l'investissement.

Mohamed CHAOUI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc