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Affaires

L'OCDE repense la mission de l'Etat-actionnaire

Par L'Economiste | Edition N°:1595 Le 05/09/2003 | Partager

. Clarification de la structure des Conseils et des responsabilités des administrateurs. La notion de parties prenantes sera intégrée dans le prochain corpus de la gouvernanceLes scandales de manipulation comptable dans les grands groupes américains ont fait réfléchir à l'OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économiques), ce haut lieu du capitalisme qui a vu d'un seul coup vaciller son code de gouvernement d'entreprise. «Il fallait tirer les leçons de ces scandales«, affirme Mathilde Mesnard, administratrice à la division des Affaires d'entreprises à l'OCDE. Face à l'incurie de certains dirigeants, même des garde-fous réputés pour leur étanchéité -comité d'audit, de rémunération, administrateurs indépendants... se fissurent. La leçon d'Enron? L'obligation coûte que coûte d'une rentabilité de 15% au minimum a poussé au crime beaucoup de chefs d'entreprise. C'est cela le côté pervers de cette pression sur le management, admet l'administratrice de l'OCDE. L'Organisation travaille d'ailleurs actuellement sur la révision de son paquet de principes de gouvernement d'entreprise. Il y a forcément des axes à renforcer et des éléments à modifier dans le dispositif actuel, reconnaît Mathilde Mesnard. Le marché gagnerait à une meilleure régulation et gouvernance des fonds de pension, analyse l'expert de l'OCDE. Les investisseurs institutionnels doivent par ailleurs assumer pleinement leur rôle d'actionnaire au lieu de focaliser sur la rentabilité. L'OCDE parle de «devoir de surveillance«, un aspect qu'il déclinera dans le prochain corpus sur la gouvernance d'entreprise.L'un des changements attendu aussi concerne le Conseil d'administration. A l'OCDE, la priorité absolue est d'accroître l'indépendance de cet organe critique dans la gouvernance d'entreprise. Mais l'indépendance ne décrète pas, tempère Mathilde Mesnard. C'est une disposition d'esprit, poursuit-elle. L'idée générale est de professionnaliser les administrateurs, c'est-à-dire de faire en sorte qu'ils exercent à plein temps leur mission en toute indépendance. L'OCDE veut donc aller en guerre contre la cosanguinité des conseils d'administration et endiguer le «copinage« qui règne au sein des boards. Même si l'Organisation ne peut que proposer, chaque pays restant libre de transcrire ou pas ses recommandations dans sa législation, il reste que l'adoption de ses principes vaut presque un certificat de respectabilité auprès des investisseurs.Par ailleurs, dans la réforme qu'elle prépare de ses principes de gouvernance, l'OCDE va, pour la première fois, se pencher sur le rôle de l'Etat-actionnaire. «Celui-ci doit aussi s'appliquer les règles de gouvernement d'entreprise«, tranche l'experte de l'OCDE. Le poids économique des entreprises publiques reste important malgré la vague de privatisation des années 80. L'impact du secteur public à travers lequel l'Etat-actionnaire détient un pouvoir d'influence considérable sur le monde des affaires ne peut être ignoré, justifie Mathilde Mesnard. Les enjeux sont très importants dans beaucoup de pays, dont le Maroc qui a aussi son lot de scandales de mauvaise gestion des entreprises publiques. La problématique est de «responsabiliser les administrateurs et les dirigeants et d'apporter des prescriptions sur la composition des conseils d'administration«. L'enjeu est de donner à l'Etat les moyens d'organisation efficace pour être un actionnaire actif et faire en sorte que l'entreprise soit bien gérée?L'une des évolutions radicales attendues est l'extension de la notion de propriétaires de l'entreprise. Paradoxalement, c'est peut-être l'activisme des altermondialistes (qui détestent l'OCDE) qui va aider l'Organisation à faire passer la nouvelle notion de «parties prenantes« dans le corpus de principes de gouvernement d'entreprise. Mais la bataille va être dure, parce que l'OCDE travaille sur la base de consensus entre ses différents membres. L'acception de l'entreprise en Allemagne n'est pas la même qu'aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, reconnaît Mathilde Mesnard. Il va falloir donc trouver une synthèse entre l'approche ultralibérale pour laquelle l'entreprise appartient d'abord à ses actionnaires et celle, plus large, qui intègre comme parties prenantes à l'entreprise, les syndicats, les salariés, les collectivités locales, les ONG, etc.


Spécialiste des économies émergentes

Mathilde Mesnard est administratrice à la division des Affaires d'entreprises à l'OCDE où elle a démarré en tant que consultante. Elle est spécialiste des questions de gouvernance après une longue expérience acquise durant ses nombreuses missions en Russie et dans les économies d'Europe centrale et de Balkans. Diplômée d'HEC et titulaire d'un MBA en Finance, Mathilde Mesnard a aussi exercé dans le conseil chez Deloitte & Touche et dans l'analyse financière. Dans sa thèse de doctorat, l'administratrice de l'OCDE s'est penchée sur les pratiques du gouvernement d'entreprise dans les économies émergentes, dont elle est l'une des meilleures spécialistes. A. S.

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