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Economie

Lkhalifa veut réformer la retraite des fonctionnaires

Par L'Economiste | Edition N°:1136 Le 02/11/2001 | Partager

. Un projet de loi portant sur le relèvement du taux de calcul de la retraite anticipée est à l'étude. La Caisse Marocaine de Retraite risque de perdre son équilibreLa révision de la base de calcul de la retraite des fonctionnaires est à l'étude. Le Ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative a préparé un projet de loi visant à aligner le taux de calcul des retraites anticipées sur celui des retraites normales. Depuis 1997, les deux types de retraite ne sont pas calculés de la même façon. La retraite normale, c'est-à-dire celle qui concerne les fonctionnaires ayant atteint la limite d'âge (60 ans), est calculée sur la base d'un taux de 2,5%. Quant aux retraites anticipées, elles sont établies sur la base de 2% seulement. D'après le projet du ministère, les deux types de retraite seront donc calculés avec 2,5%.Pourquoi cet alignement? D'après Mohamed Aliat, directeur de la Fonction publique, l'enjeu principal réside dans l'encouragement au départ anticipé des fonctionnaires pour alléger la charge de la masse salariale. C'est une mesure qui verse dans le sens du plan d'encouragement aux départs volontaires inscrits dans le projet de loi de Finances 2002. Il y a une précision cependant. L'enveloppe réservée au projet inscrit dans le budget (2,3 milliards de DH) concerne les indemnités de départ. Elle ne financera donc pas la majoration résultante du rétablissement des 2,5% pour les retraites anticipées.En effet, c'est la Caisse Marocaine de Retraite (CMR), qui est concernée. Or, la situation financière de cette caisse n'est pas reluisante. La plus grosse épine à son pied constitue les arriérés de l'Etat, estimés à 10 milliards de DH. Malgré le rétablissement des paiements en 1996, les équilibres financiers de la Caisse sont restés fragiles. Annuellement, cet organisme paie environ 4 milliards de DH au titre des retraites et perçoit près de 5 milliards de cotisations. Les retraites anticipées représentent près de 10% du total des retraités. La Caisse supportera-t-elle l'augmentation de leurs pensions? “Ça sera difficile”, répond Mohamed Bendriss, DG de la Caisse, pour qui déjà la pension normale est coûteuse. Le rétablissement des 2,5% pour les retraites anticipées va plomber les comptes de la Caisse. Et la situation deviendra ingérable dans quelques années vu le vieillissement de la population. La moyenne d'âge des fonctionnaires affiliés est de 40 ans. Une menace accentuée par la diminution des recrutements dans la Fonction publique. En plus, contrairement aux autres régimes de retraite, le versement de la pension des départs anticipés est immédiat à la CMR. Les fonctionnaires n'attendent pas d'atteindre 60 ans pour recevoir leur argent. Ce qui est “une aberration”, selon Bendriss, qui précise que cette pension est beaucoup plus perçue comme une indemnité de chômage qu'une pension de vieillesse. Ces craintes ont fait que le Ministère de l'Economie et des Finances, tuteur de la CMR, n'est pas vraiment emballé pour cette réforme. Il n'a pas répondu si oui ou non il l'accepterait et attend les résultats d'une enquête actuarielle diligentée par la Caisse. D'autres inconvénients risquent de surgir. Les fonctionnaires sortants amplifieront la demande dans le marché du travail et concurrenceront les nouveaux diplômés. Mais le risque le plus en vue, et que craint sans le dire ouvertement le Département de Lkhalifa, est la fuite des cadres supérieurs. Pour ce ministère, la finalité de la réforme repose justement sur le renforcement de l'encadrement dans l'Administration. Chose qui ne pourrait se réaliser si celle-ci est désertée par son personnel de “haute gamme”, au demeurant très sollicité dans le privé. Mais Aliat reste confiant en précisant que les demandes de départ ne seront pas systématiquement validées. Tant que ces craintes demeurent, il est difficile que le projet de Lkhalifa aboutisse. Autrement, la CMR perdra son équilibre. Dans le fond, la question qui se pose est: Qui va financer cette réforme? Trois pistes sont envisagées. Un: le relèvement de la part de l'Etat. A la CMR, celui-ci paie le même taux de cotisation que ses salariés, à savoir 7% alors que dans les autres régimes de retraite, la part patronale est de 12% (contre 6% pour les salariés). Deux: retarder la limite d'âge de la retraite normale à 65 ans. C'est une idée qui circule dans plusieurs pays face à l'approche fatidique des départs collectifs. Une mesure qui se justifie par l'amélioration de l'espérance de vie. Trois: la révision à la baisse des pensions. Cette piste est la moins envisageable à cause de son impopularité. Nadia LAMLILI

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