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    Politique Internationale

    Livres: Un appel au renouveau de Fès

    Par L'Economiste | Edition N°:641 Le 18/11/1999 | Partager



    · Un récit ponctué d'anecdotes sur la vie d'une famille fassie traditionnelle
    · L'auteur porte un regard nostalgique et critique sur les coutumes de sa ville natale


    Graphiste-imprimeur de métier et photographe et peintre par passion, M. Hammad Berrada s'est aussi lancé dans l'écriture. Il vient de publier "Fès à vau-l'eau", un ouvrage de 270 pages, aux éditions Publi Day. A travers ce roman, l'auteur se remémore ses années d'enfance et d'adolescence à Fès. C'est avec beaucoup de nostalgie et d'amour qu'il fait référence à cette ville. "Ma ville, je te veux resplendissante dans ta robe blanche d'antan. Ne te fane pas Rose-Blanche, musc de l'Islam éternel, parfum de tolérance. Tu te dois de panser tes blessures. Tu te dois de triompher de l'oubli", écrit l'auteur. Il accuse les Fassis de l'avoir quittée, abandonnée, trahie pour s'en aller à Casablanca et Rabat faire des affaires. "De tout temps, d'autres hommes sont venus grossir les effectifs et réveiller les consciences et les esprits. Elle a souvent perdu sa magnificence, mais elle a toujours su récupérer. A quand le renouveau?", s'interroge-t-il. Dans ce récit de la vie d'une famille marocaine traditionnelle originaire de Fès, il rappelle les traditions et les coutumes locales. C'est avec un regard objectif, critique, mais en même temps avec un ton attendri et amusé qu'il décrit des scènes ou des lieux (mariage, enterrement, hammam traditionnel).
    Le roman est entrecoupé de pensées sur plusieurs dossiers chauds d'actualité politique (immigration clandestine, présides du Nord...). M. Berrada se désole face aux nombreux maux qui torturent la société marocaine (pauvreté, éducation, contrebande, chômage, exode rural...). Plusieurs paragraphes sont dédiés à l'histoire du Maroc et à la période glorieuse de la fière épopée des conquistadores arabes.
    Entrant à chaque chapitre dans la peau d'un personnage (femme, enfant, homme, paysan,...), il exprime ses sentiments et ses opinions sur de nombreux sujets. Les phrases sont savamment tournées, les images et métaphores nombreuses. Malgré les grands problèmes qui rongent le Maroc, l'auteur reste fier. "Notre pays est si vaste que toute une vie, de voyages et d'études, ne suffirait pas pour visiter ses étendues et apprécier le brassage de tant de cultures".
    La seconde partie de l'ouvrage est beaucoup plus romancée que la première. Là, il se laisse aller à raconter des souvenirs d'enfance et d'adolescence sur les bancs de l'école, dans les rues de son quartier ainsi que ses vacances à Imouzzer. Il se souvient de ses premières amours et de ses escapades d'adolescent. Les derniers chapitres de l'ouvrage sont de nouveau consacrés à Fès, dont l'eau, qui est "sa raison d'être" "se tarit, s'enfuit". "C'est notre patrimoine qui est en péril. Notre ville est à vau-l'eau!" se désole-t-il.

    Nadia BELKHAYAT

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