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Culture

Livre: Une petite fille dans la médina

Par L'Economiste | Edition N°:2860 Le 15/09/2008 | Partager

. Des portraits-nature à Marrakech dans les années 40 et 50. Rupture avec le misérabilismeEnfin un livre sur la société marocaine qui n’est pas misérabiliste, même s’il se déroule dans un milieu très pauvre, à la veille de l’Indépendance! «Une enfance sirocco» de Nicole de Pontcharra, aux éditions Non Lieu, collection à la margeL’auteur, qui est aussi une poétesse, est très connue des milieux artistiques marocains, peinture et littérature, dont elle assure la promotion depuis plus de quarante ans.Elle raconte son enfance à Marrakech, dans la médina, où vivent les familles marocaines très pauvres, doublement marginalisées par la colonisation française et par la structure sociale marocaine, qui ne mélange pas les «ould ness» avec... «ces gens de rien».

Un jour de sirocco
Petite fille russe, dont la mère a été tuée à Paris durant une arrestation par la Gestapo, Victoria (qui n’est autre que Nicole de Pontcharra elle-même) arrive chez sa tante, à Marrakech un jour de sirocco. Une tante qui pour des raisons matérielles, habillées de raisons artistiques, vit dans la médina.Pour l’auteur, le livre est le portrait de sa tante, Catherine, tour à tour enseignante, infirmière... «une femme en quête d’absolu» et qui avait «rompu avec le conformisme colonial». Il est vrai que Catherine tient une place importante dans le livre, mais ce serait dommage de ne voir qu’elle. En effet, les autres portraits offrent une gamme d’une rare étendue, décrivant au plus juste la vie des pauvres gens de la médina.La petite fille est donc plongée dans un monde bien éloigné du Gueliz, le quartier européen des années 40 et 50. Avec une plume respectueuse et tendre, l’auteur peint les enfants des derb, sauvages et attachants, les filles du quartier réservé en quête de respectabilité, le porteur d’eau... Et aussi ces familles rejetées parce qu’elles vivaient différemment. Un médecin français et ses enfants, déchus de leurs relations européennes parce qu’il avait épousé une Marocaine, des artistes plus inspirés par la vie marocaine que par le conformisme colonial...
Indépendance
Et puis voilà la montée des revendications indépendantistes.La bande de jeunes à laquelle Victoria-Nicole appartient ne reste pas en marge... Pas plus qu’elle ne reste en marge des amours de jeunesse se nouant au sein du groupe. Pas facile quand il faut franchir un tas de barrières sociales, culturelles, de nationalité... et ce au moment où les relations intercommunautaires se tendent...Victoria-Nicole recevra un coup de couteau, un attentat qui se voulait acte de résistance à la colonisation mais qui s’était vraiment trompé de cible.Ces jeunes, à mille lieues de la jeunesse dorée marocaine et française, gèrent ces tensions nouvelles. Ils les comprennent mieux que les autres, précisément parce qu’ils ont réellement vécu l’envers du décor colonial. Mais ils se sentent impuissants, parce qu’ils voient bien que l’Histoire, qui les dépasse, est en marche.Sous la plume de Nicole de Pontcharra, cette histoire prend des accents de vie quotidienne de gens ordinaires.C’est un des grands intérêts de ce petit livre qui se lit à toute vitesse. Ce n’est pas le seul. Un autre grand intérêt c’est qu’enfin, la description de la société marocaine abandonne les conventions misérabilistes qui ont dominé les trente dernières années littéraires. N. S.
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