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Politique

Livre: Qui sont nos ministres?

Par L'Economiste | Edition N°:1164 Le 13/12/2001 | Partager

. Dans son dernier ouvrage, Amina Messaoudi retrace l'évolution du profil du ministre marocain entre 1955 et 1992En dépit de leur présence sur la scène publique, les ministres demeurent des personnes méconnues pour les citoyens. Pris dans l'engrenage de leurs responsabilités, ils soulèvent bon nombre d'interrogations quant à leur personnalité. Quel est leur niveau d'instruction? Sont-ils tous issus de partis politiques? Ont-ils une réelle marge de manoeuvre? Autant de questions auxquelles Amina Messaoudi a tenté d'apporter une réponse dans son dernier ouvrage “Le ministre au sein du système politique marocain”. Le livre de 348 pages dresse une étude complète sur l'évolution du profil des ministres marocains, entre 1955 et 1992. Ainsi, l'itinéraire de près de 200 personnalités est passé à la loupe.Longue et empreinte de difficultés, la démarche a néanmoins permis de dresser un portrait type fidèle de hauts commis de l'Etat. L'on apprend notamment que les liens partisans n'ont pas d'influence sur les critères de nomination. Dans 80% des cas, le ministre est un technocrate. Un constat qu'explique en partie le fonctionnement discontinu de l'institution parlementaire. Ayant accédé à l'indépendance en 1955, le pays mettra 7 années pour opter pour la représentation parlementaire. Mise en place en 1962, l'activité de l'hémicycle est suspendue entre 1965 et 1970, état d'exception oblige. Les ministres marocains sont pour 50% d'entre eux diplômés de l'enseignement supérieur. Pour 58%, le diplôme a été obtenu en France, contre 28% au Maroc. Depuis l'Indépendance, les deux tiers des membres de l'exécutif sont issus de l'administration. La filière de la fonction publique a été un filon prospère de ministres tout au long de l'histoire du Maroc. Le secteur privé n'a eu réellement droit de cité qu'à partir des années 90. Le ministre marocain est, dans la majeure partie des cas, un homme issu du milieu urbain. Une tendance qui n'a guère changé au fil des ans. Principale pourvoyeuse de ces serviteurs de l'Etat, la ville de Fès. Parmi les ministres qu'a connus le Maroc depuis l'Indépendance, 34% en sont des natifs. Une prééminence qui apparaît clairement dans certains départements. Une tendance particulièrement accentuée dans certains départements tels que le ministère de la Justice où le portefeuille est revenu dans 75% des cas à des Fassis. Une règle qui sera néanmoins infirmée au ministère de l'Intérieur. De par sa longévité au poste, Driss Basri ramènera à lui seul la présence de Fassis à des proportions moindres. Autre fait marquant de cette analyse, l'instabilité ministérielle. En l'espace de 50 ans, le Maroc a connu 291 ministres. Une moyenne de six ministres par an. Synthétisant ces données, le constat d'Amina Messaoudi apparaît sans équivoque. “La personnalité de nos ministres a peu évolué durant ces dernières années et ce, malgré les changements enregistrés sur la scène politique nationale”.Une conclusion derrière laquelle se cachent plusieurs années de travail. Amina Messaoudi a débuté ses recherches en 1991. Elle ne les achève que huit ans plus tard. Absence de bibliographie relative au sujet, multiplicité des acteurs à rencontrer, pluralité des outils de travail… ce qui rendra sa tâche ardue. A cela s'ajoute le fait que les témoignages ont été difficiles à recueillir. La sphère du pouvoir n'est pas facile à pénétrer. Les efforts déployés ont cependant été récompensés. Depuis la parution du livre, elle a été assaillie par une avalanche de lettres de félicitations. Le succès ne s'est pas encore estompé que Amina Messaoudi se prépare déjà à compléter son travail. Un second ouvrage en phase d'achèvement. Objectif: déterminer la marge d'action du ministre marocain.


Itinéraire

Amina Messaoudi est une native de la ville de Tétouan. Après l'obtention de son baccalauréat, elle entreprend des études en droit. Un choix qui la conduira quelques années plus tard à occuper la chaire de droit public à la Faculté de Rabat. Travailleuse acharnée, elle compte à son actif plusieurs travaux de recherche. Bien que son travail universitaire et ses obligations familiales accaparent l'essentiel de son temps, Amina Messaoudi n'en oublie pas moins son intérêt pour la politique. Sans dévoiler son penchant, elle se déclare prête à descendre dans l'arène.Abdelfattah BERHIL

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