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    L'Istiqlal modernise ses visions mais trébuche sur le statut de la femme

    Par L'Economiste | Edition N°:619 Le 19/10/1999 | Partager


    · L'ouverture économique, la compétitivité, l'initiative privée font consensus, mais comment recoudre le tissu social?
    · Critiques externes sur les discours politiques trop pessimistes
    · Tensions internes sur le statut de la femme


    C'est une question inattendue qui a fait monter la tension dans les débats organisés par l'Istiqlal, le jeudi 14 octobre à Casablanca: le statut de la femme. M. Saïd Saâdi, ministre de la Protection Sociale, de la Famille et de l'Enfance, en présentant le projet gouvernemental de réforme du statut de la femme, s'est heurté à quelques opposants irréductibles parmi les invités du parti. Au nom de la fidélité aux traditions musulmanes, ces opposants ont contesté, avec virulence et chaleur, le droit du gouvernement de réformer le statut des femmes. Même le Pr Aouad, membre du Bureau exécutif istiqlalien et ministre du Plan et de la Prévision Economique et M. El Ouafa ont eu des difficultés à faire tomber la tension née de cette question.
    Le fait que le statut de la femme déchaîne des passions et des oppositions est surprenant. D'une part, l'image qu'a le parti sur cette question est plutôt le progressisme de son fondateur, Allal El Fassi. D'autre part, l'idéologie du parti sur des thèmes plus difficiles comme l'ouverture, les langues ou l'éducation a évolué sans trop de problèmes. Peut-être manquait-il dans les 300 présents, plutôt jeunes et socialement mélangés, les femmes jeunes qui prennent souvent la parole pour dire que les problèmes qu'elles vivent tous les jours n'ont pas tous des solutions dans la tradition? Toujours est-il que le parti de l'Istiqlal faisait dans ce colloque la démarche originale d'aller vers un public qui n'est pas exactement le sien, celui du monde des affaires, des banques, des ONG... non pas pour porter sa bonne parole, mais au contraire pour écouter ce que ces milieux ont à dire sur le «développement du Maroc au 21ème siècle». Histoire de planter le décor, le vieux parti avait pris soin de sélectionner dans la pensée de son leader historique, Allal El Fassi, des citations sur la liberté de penser, sur la nécessité de «combattre l'immobilisme».
    D'un coup de cuillère à pot, le secrétaire général, M. Abbas El Fassi, a expédié aux oubliettes les idéologies protectionnistes. Elles ont servi, dit-il, les intérêts des intermédiaires, pas ceux des producteurs, ni ceux des consommateurs. M. Abdelhaq Bennani, PDG de Wafabank, a apporté de l'eau a ce moulin en soulignant que l'économie fermée a nui à la compétitivité des entreprises marocaines, que les «restrictions actuelles de la concurrence, notamment dans le domaine du transport et de l'énergie handicapent la compétitivité» et que le premier facteur de changement est l'accord avec l'UE. Mais M. Bennani s'est montré sévère avec le discours politique du leader istiqlalien, axé sur la crise pour critiquer les gouvernements passés et actuel. Pour le patron de la banque, cette vision constitue un handicap dans la mesure où il reflète un certain masochisme, alors que le Maroc a des atouts sérieux pour progresser.
    Même mécanisme pour l'UGTM, dont le secrétaire général, M. Afilal, a longuement développé une vision modernisée du syndicalisme (Cf L'Economiste du vendredi 15 octobre): Me Berrada, avocat et homme d'affaires proche du parti, ne s'est pas fait faute de souligner qu'il y a «loin entre le discours du sommet et le comportement des syndicalistes de base». En revanche, M. Afilal trouve un soutien chez M. Bennani comme chez le Pr Jaïdi (président de la Fondation Bouabid, USFP) et chez M. Nourreddine Ayouche (fondateur de Zakoura) qu'une manière efficace de recoudre le tissu social, c'est d'avoir de l'imagination dans l'organisation des couvertures sociales et de les rendre elles-mêmes productives, par exemple avec les fonds de pensions ou les micro-crédits.
    Pour l'instant, nul ne sait ce que l'Istiqlal retiendra de ces débats pour l'inscrire dans son futur programme. Une chose est sûre, c'est que ce parti mène tambour battant sa restructuration idéologique pour redevenir le grand parti libéral du Maroc.

    Nadia SALAH

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