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    L'iodation du sel : L'UNICEF équipe les producteurs

    Par L'Economiste | Edition N°:204 Le 16/11/1995 | Partager

    Les producteurs de sel alimentaire sont tenus d'ajouter de l'iode dans leur produit. Un texte de loi, rendant obligatoire cette mesure, a été adopté par le gouvernement. Cette décision entre dans le cadre de la stratégie de lutte contre les troubles dus à la carence en iode.


    Dorénavant les producteurs de sel alimentaire sont tenus d'ajouter de l'iode dans leur produit. En effet, le Conseil du gouvernement a examiné et approuvé, jeudi 2 novembre, le projet de décret relatif au rajout de l'iode au sel destiné à l'alimentation. L'adoption de ce texte de loi est l'aboutissement de la stratégie de lutte contre les troubles dus à la carence en iode.
    Cette stratégie enclenchée par le Ministère de la Santé Publique, doit, dans un de ses volets, garantir l'iodation de 95% du sel alimentaire vendu au Maroc. Pour y aboutir, il est prévu de fournir à terme 17 unités d'iodation de sel aux différents producteurs. Trois de ces machines financées par l'Unicef avaient déjà été remises à des producteurs de sel de Marrakech, Azilal et Taza. Chaque machine, dont le coût est estimé à 90.000 DH, peut traiter en moyenne de 3.000 à 10.000 tonnes de sel.
    L'Unicef fournit également les kits de contrôle et les produits d'iodation. Il faut signaler à ce niveau que l'iodate de potassium coûte relativement cher: 120 Dollars le kilo. Les doses d'iode requises dans le sel pour prévenir les TDCI (Troubles dus à la Carence en Iode) sont heureusement faibles. Les besoins en iode chez l'adulte sont de 100 à 150 microgrammes par jour.
    L'organisation assure par ailleurs la formation du personnel médical qui sera en contact avec les industriels du sel et les populations locales.
    D'après les estimations du Ministère de la Santé, le prix du sel alimentaire ne sera que très faiblement affecté. En effet, il est prévu que le prix du kilogramme atteindra après iodation, entre 1,40 et 1,50 DH contre un prix moyen actuel de 1,30 à 1,40 DH.
    Cette information a modéré les inquiétudes de certains producteurs qui redoutaient que l'opération d'iodation n'affecte considérablement le prix de vente. Craintes d'autant plus justifiées si l'on sait que sur les 350.000 tonnes de sel produit annuellement, 47,50% le sont pour le seul sel alimentaire. Le reste de la production va vers les industries de conserve (17,5%) les industries chimiques (22%) et d'autres utilisations (13%).

    Les troubles de la carence


    La carence en iode peut entraîner des troubles de santé aussi bien chez l'être humain que chez les animaux. Chez l'être humain en particulier, les troubles peuvent apparaître à différents stades de la vie. Ainsi, chez la femme enceinte, la carence en iode peut compromettre le développement normal sinon la vie du ftus.
    Chez le nouveau-né, l'enfant et l'adolescent, la manifestation la plus apparente de la carence est le goitre. Des troubles psychomoteurs et des facultés intellectuelles ainsi que des retards de développement corporel sont également cités.
    L'adulte est également concerné. Outre le goitre, il peut être sujet à une altération des facultés intellectuelles.
    Enfin, les animaux ne sont pas épargnés. La carence en iode peut se matérialiser par une défaillance de la fonction reproductrice par exemple.
    Toutes ces manifestations sont regroupées sous l'appellation générique de Troubles Dus à la Carence en Iode (TDCI).
    Avant que la stratégie d'iodation du sel ne soit entamée, le Ministère de la Santé Publique avait décidé d'évaluer la situation en matière de TDCI. Une enquête nationale, menée en 1993 sur les enfants âgés de 6 à 12 ans, estimait à 22% la prévalence moyenne du goitre au Maroc. La situation n'était pas jugée alarmante par l'Unicef. En revanche, une autre donnée justifiait la prise de mesures de prévention contre les TDCI.

    En effet, si la carence en iode était légère chez les populations des zones côtières, elle était par contre élevée chez les population de montagne. Une enquête, qui a concerné en 1990 la ville d'Azilal, met en valeur cette disparité en matière de prévalence des TDCI à travers le territoire national. L'étude a révélé que 65,20% des enfants âgés de moins de 14 ans étaient des goitreux.
    En fait, l'iodation du sel alimentaire n'est pas le seul moyen qui existe pour prévenir les TDCI. La diversification de l'alimentation et l'apport d'iode sous forme médicamenteuse (supplémentation) représentent les deux autres moyens. La supplémentation n'est toutefois utilisée que dans des cas d'urgence ou ponctuels. Une autre solution avait été envisagée au Maroc. Elle consiste à ajouter de l'iode dans l'eau des sources. Solution d'autant plus intéressante que les populations des montagnes sont les plus affectées par les TDCI. Toutefois, l'absence de réservoir d'eau commun à toutes les populations a exclu cette possibilité. L'iodation du sel, par contre, représente l'un des moyens prophylactiques les plus efficaces. C'est la raison pour laquelle les pays d'Europe et d'Amérique ont opté pour cette solution dès le début du siècle.

    Mohamed BENABID.

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