×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Politique Internationale

    L'infante Cristina épouse un handballeur basque

    Par L'Economiste | Edition N°:299 Le 09/10/1997 | Partager

    Le mariage de l'infante Cristina et Iñaki incarne à merveille la pluralité et la modernité d'une Espagne fédérale mais unie et très attachée à la famille royale.


    C'est un véritable conte de fées qu'est l'histoire d'amour de l'infante d'Espagne Cristina et le handballeur Iñaki Urdangarin. Ni la condition sociale du jeune homme -qui n'a aucun titre de noblesse-, ni son âge -29 ans, soit trois ans de moins que Cristina- n'auront été des obstacles au mariage des deux jeunes gens, qui se sont connus lors des Jeux Olympiques d'Atlanta.
    Depuis samedi 4 octobre, Cristina et Iñaki se sont juré fidélité éternelle devant 1.500 témoins, dont les représentants de 40 maisons royales du monde entier. SM le Roi Hassan II avait envoyé sa fille, son Altesse Royale la Princesse Lalla Meryem. Etaient également présentes toutes les personnalités politiques, économiques et culturelles du pays.

    Dans les rues de Barcelone, la ferveur était elle aussi au rendez-vous, mais moins massive que prévu. Moins royalistes que dans le Sud du pays et surtout moins exubérants que les Andalous, nombre de Catalans ont préféré suivre l'événement à la télévision. A peine 200.000 personnes sont descendues dans la rue pour vivre l'événement en «vrai». Contrairement à Séville, il y a deux ans, prise d'assaut dès la veille du mariage de la fille aînée du Roi, Elena, Barcelone est restée sereine. A 10h30, début de la cérémonie religieuse, certains tronçons du boulevard principal étaient absolument déserts.
    Prudents, certains experts attribuent cette «apathie» à la longueur du parcours nuptial qui permettait d'éviter la cohue. D'autres, plus polémiques, évoquent le passé républicain de la Catalogne et les courants indépendantistes -qui n'ont pas raté l'occasion pour manifester, vendredi soir: «Ici, les gens se sentent moins espagnols et sont donc moins attachés à la Royauté...», explique un journaliste catalan.

    Cristina, une vraie Princesse du «Peuple»


    Reste que le mariage d'amour entre l'infante Cristina et Iñaki Urdingarin est le plus «politiquement correct» qu'ait jamais célébré la maison royale.
    En épousant, à Barcelone -rivale éternelle de Madrid-, un jeune sportif, roturier, trois ans plus jeune qu'elle, d'origine basque, Cristina, véritable Princesse du XXIème siècle, incarne à merveille la pluralité de cette Espagne -fédérale mais unie- et la modernité de la monarchie de Juan Carlos, «humaine» et populaire. Catalans d'adoption, les jeunes amoureux vivent depuis plusieurs années à Barcelone, parlent catalan et travaillent dans deux institutions-symboles de la région autonome -la Fondation de la Caixa et l'équipe de handball du Barça-.
    Ce rapprochement pluri-culturel était également présent durant toute la cérémonie. «La Catalogne vous a accueilli avec joie et orgueil» a dit en catalan, Monseigneur Ricardo Maria Carles, durant son homélie. Danses et prouesses folkloriques catalanes et basques ont ensuite accompagné les jeunes mariés à la sortie de l'Eglise de la Mercé et au Palais de Pedralbes.

    Cristina est sans doute l'une des rares princesses d'Europe et du monde à se lever tous les jours à heure fixe pour se rendre à son travail, la Fondation culturelle de la Caixa, l'une des premières institutions financières du pays. Employée au Département Photo, Cristina se charge d'organiser des expositions artistiques de leur promotion et leurs déplacements à l'étranger. Ses responsabilités professionnelles -qu'elle n'abandonnera pas une fois mariée, a-t-elle d'ores et déjà annoncé- ne l'ont cependant empêchée de remplir aussi ses obligations.
    L'infante Cristina est aussi le premier membre de la famille royale qui possède une licence universitaire -son frère cadet Felipe, l'héritier du trône, la suivra quelques années plus tard. Licenciée en sciences politiques de l'Université Complutense de Madrid, en 1989, Cristina n'a pas hésité ensuite à poursuivre sa formation, réalisant un Master à New York et, en 1991, un stage à l'UNESCO à Paris.

    Iñaki, le handballeur basco-belge


    En 1992, encouragée par son père, le Roi Juan Carlos, Cristina s'installe à Barcelone, où elle organise le championnat de voile pour handicapés. Séduite par les charmes méditerranéens de la capitale catalane, elle décide de s'y installer définitivement. Sa passion pour le sport -elle fut notamment membre de l'équipe nationale de voile lors des Jeux Olympiques de Séoul- lui vaudra aussi de rencontrer l'homme de sa vie. Le coup de foudre remonte aux Jeux Olympiques d'Atlanta, lors desquels la famille royale était venue soutenir les sportifs espagnols. Leur idylle est restée secrète jusqu'il y a quelques mois.
    Depuis l'annonce officielle de ses fiançailles avec Cristina, en mai dernier, l'Espagne s'est soudain découverte une passion pour le handball. Désormais inclus dans les commentaires sportifs du week-end, le handball est devenu un sport plus que national.
    Joueur professionnel depuis l'âge de 18 ans, au sein du club-étoile de Barcelone, le Barça, Iñaki est classé parmi les meilleurs de sa catégorie. Son équipe gagna la médaille de bronze aux Jeux Olympiques d'Atlanta... C'est précisément lors de la fête organisée en leur honneur que le jeune sportif fit connaissance de sa future épouse. Iñaki est le sixième des sept enfants qu'eurent Juan Marfia Urdangarin, un industriel basque et Claire Liebaert Courtain, d'origine belge. Protégé de l'omniprésence des paparazzi par ses campagnons d'équipe, Iñaki reconnaît avoir du mal à s'habituer à sa nouvelle vie publique... Mais il n'en perd pas sa spontanéité pour autant.

    Pascale BOURGAUX

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc