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L'industrie "informelle" : Quelque 44000 "entreprises" produisent pour 12,5 milliards de DH

Par L'Economiste | Edition N°:46 Le 24/09/1992 | Partager

Elles ont produit pour quelque 12,5 milliards de DR ces entreprises qui travaillent dans une branche industrielle, mais qui ne tiennent pas de comptabilité caractéristique qui les classe dans le secteur dit "informel", "non structure", "inorganisé".

Avec une lourde enquête couvrant l'exercice de 1988, La Direction de la Statistique a observé et reconstitué les grandeurs économiques qui caractérisent ces entreprises(1).

Le rapport d'enquête invite à la prudence dans l'interprétation des données recueillies.

Cependant, elles donnent, telles qu'elles sont, une image plus précise d'activités très présentes.

Les entreprises informelles se livrant à des activités industrielles employaient 122.350 personnes en 1988 et l'enquête de la Direction de la Statistique a compté près de 44.000 entreprises.

Les trois-quarts, d'entre elles emploient au plus trois personnes et 22% sont des unités n'employant qu'une personne. 39% des travailleurs sont employeurs ou associés de l'unité a ne perçoivent pas de salaire. Un peu moins de 9% des travailleurs de l'industrie informelle sont des aides familials et les deux-tiers d'entre eux ne sont pas payés.

Un travailleur sur dix a le statut d'apprentis et ces apprends sont en général payés.

Les salaires versés sont très faibles pour ces apprends mais la faiblesse des revenus ou salaires est la marque générale de tout ce secteur.

L'enquête calcule que les apprentis rémunérés ont gagné, en 1988 et en moyenne, 2.500DH par an.

Les ouvriers sans qualification particulière sont à la même enseigne, puisque le salaire annuel moyen relevé est de 5.600DH. Les "vendeurs" se situent un peu au dessus avec 8.000DH/an. Les ou qualifiés et les gérants sont à 9.000DH/an.

Quel que soit le statut professionnel, tous les travailleurs de l'informel sont donc très loin des salaires et rémunérations des activités structurées.

On le savait mais l'enquête donne, et ce pour la première fois, des proportions: les meilleurs salaires de l'informel industriel étaient, en 1988, à 10% au-dessous des plus bas salaires légaux de l'industrie moderne.

On peut cependant regretter que les délais de dépouillement et de recoupement des données brutes recueillies sont trop longs pour pouvoir disposer d'indications "fraîches".

Selon l'enquête, la faiblesse des rémunérations couplée à l'abondance de la main-d'oeuvre explique la quasi-absence de l'accumulation capitalistique.

"Le surplus, note le rapport, n'est généralement pas ré-injecté dans le processus de production et n'est donc pas transformé en capital".

Frais financiers: 0,01% des charges d'exploitation

En reconstituant les comptes d'exploitation des unités informelles, l'enquête montre l'extrême sensibilité aux variations intervenant sur les matières.

Un peu plus de 56% des charges d'exploitations vont aux achats de matières premières et ce poste absorbe plus de 96% des consommations intermédiaires.

Les éléments qualitatifs relevés par l'enquête soulignent par ailleurs cette sensibilité: c'est le premier des soucis de gestion qu'expriment les personnes interrogées.

Par contre, et l'on s'y attendait, les frais financiers sont réduits à leur plus simple expression: 0,01% de l'ensemble des charges d'exploitation.

Ces unités industrielles travaillent en autofinancement et ce, pour 72% du montant de leurs investissements(2). On rencontre cependant quelques emprunts bancaires, pour un peu plus de 38 millions de DH sur un total de 201 millions de DH investis, toujours au cours de l'année 1988.

Les investissements sont à raison de 46% consacrés au terrain et à la construction et à raison de 33% destinés au matériel.

Le taux d'investissement (Investissement sur valeur ajoutée) arrive à 4%, précise le rapport d'enquête. A titre de comparaison, ajoute-t-il, une enquête réalisée en France sur une population d'entreprises de moins de 10 emplois avait fait apparaître un taux d'investissement considérablement plus fort: 10%.

L'informel s'accroît-il?

L'âge des unités observées réserve une surprise que le rapport se garde d'interpréter: contrairement au commerce informel de détail, les unités industrielles sont en général plus récentes.

Un tiers d'entre elles a été créé depuis 1983 et ces unités emploient 35,7% des effectifs relevés dans l'industrie informelle. La part de la masse salariale pour cette catégorie est de 37% et un taux quasi identique pour les investissements.

Devra-t-on en déduire que l'informel va se renforçant au fil des ans, avec des salaires un peu plus élevés et davantage d'emplois créés par unités? Le rapport ne tranche pas, hormis une observation d'introduction sur le fait que le niveau de chômage reste inférieur à celui qui devrait découler du rapprochement entre les emplois créés dans les secteurs modernes et le taux de croissance de la population en âge de travailler.

Près de 14.000 unités informelles se sont créées entre 1983 et 1988, date de référence de l'enquête. Ces unités ont investi pour 76 millions de DH et ont crée 43.660 emplois.

M.C.

(1) Les données de l'enquête qui couvre aussi le commerce de détail et les services (à l'exclusion du BTP) ont été publiées par la Direction de la Statistique. Cf L'Economiste du 3 Septembre 1992.

(2) L'enquête considère que l'emprunt auprès de parents proches doit être assimilé à un autofinancement.

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