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Entreprise Internationale

L'industrie automobile américaine au plus bas

Par L'Economiste | Edition N°:11 Le 09/01/1992 | Partager

A la veille du sommet Bush-Miyazawa (premier ministre japonais), les économistes américains font savoir que l'industrie automobile est au plus bas. En effet, cette industrie aura perdu 6,7 milliards de Dollars en 1991.


EBRANLEES par la guerre du Golfe, secouées par la concurrence japonaise, les ventes des belles américaines ont baissé de 11% sur les onze premiers mois de l'année, alors que celles des voitures japonaises augmentaient dans le même temps de 7,5%.
Les constructeurs japonais détiennent aujourd'hui 30% du marché américain de l'automobile. En 1991, 1,75 million d'automobiles japonaises ont été exportées aux Etats Unis, mais le Japon n'aura acheté que 12.000 unités à Ford, Chrysler et Général Motors, soit moins de 7% de ses importations.
Avec 8,8 millions de voitures et camions produits cette année, l'industrie américaine de l'automobile a atteint son niveau le plus bas depuis 1982.
Général Motors et Ford ont perdu respectivement 2,2 et 1,8 milliards de Dollars sur les trois premiers trimestres, Chrysler accusant de son côté un déficit de 892 millions de Dollars pour la même période. Ainsi, Général Motors a annoncé la fermeture de vingt et une de ses usines sur le continent Nord-américain, ce qui provoquerait, au cours des quatre années à venir, le licenciement de 74.000 personnes.
Ford a engagé un programme visant à économiser 3 milliards de Dollars qui se traduira néce-ssairement par des licenciements.
Chrysler, enfin, a revendu la totalité de son usine pilote de Diamond Star à Mitsubishi qui, pour l'aider, a accepté de prendre à sa charge un passif de 300 millions de Dollars.

Sanction contre les Japonais


La part de Chrysler sur le marché américain est tombée à moins de 8%. Selon le PDG de la firme, Lee Lacocca, Chrysler devra passer impérativement des accords avec des constructeurs étrangers, à défaut le constructeur s'exclura de la compétition internationale. Cette année restera sans aucun doute l'année financière la plus désastreuse de l'histoire de l'industrie automobile américaine.
Par ailleurs, à la suite d'une plainte déposée par les trois grands constructeurs automobiles américains (Général Motors, Ford et Chrysler), le département américain du commerce a décidé de prendre des sanctions commerciales à l'encontre des constructeurs japonais d'automobiles.
Selon les premières conclusions de l'enquête menée par le département américain du commerce, les constructeurs japonais d'automobiles pratiquent des prix de dumping sur les ventes de leurs minibus aux Etats Unis. Ainsi, les autorités américaines ont décidé d'appliquer contre les constructeurs nippons des droits de douane supplémentaires en fonction du niveau des prix pratiqués par chacun d'eux.

Le premier constructeur d'automobile japonais, Toyota, a aussitôt réagi en faisant appel auprès des autorités américaines.
En attendant la décision finale, prévue en Mai 1992, les constructeurs japonais devront payer des droits supplémentaires aux services de douane américaine. C'est donc la crise qui sévit à Détroit qui sera le centre des discussions entre le centre des discussions entre le président Bush, accompagné par les dirigeants de Ford, Chrysler et Général Motors, et le premier ministre japonais Kiichi Miyazawa. Pour éviter que le sommet Bush-Miyazawa ne tourne à la confrontation, le premier ministre japonais a lancé un appel à l'industrie automobile nippone pour qu'elle tienne compte des difficultés des constructeurs américains.
"Je demande aux responsables de l'industrie de prendre plus au sérieux et avec plus de commisération la situation aux Etats Unis, illustrée par la décision de Général Motors de fermer certaines de ses usines, a-t-il déclaré dans son discours télévisé du nouvel an. C'est un choc considérable pour les Américains d'apprendre que GM a été battu par la concurrence des voitures japonaises".
L'ampleur des mesures prise par le président de Général Motors, M. Robert Stempel, laisse les analystes américains sans voix: en plus des 20.400 employés et cadres qui devront partir dans les trois années à venir (dont 9.400 dès 1992) 54.000 ouvriers quitteront l'entreprise, dont 15.000 dès 1992.

Au total, 21 usines seront fermées, dont six chaînes d'assemblage, quatre unités productions de moteurs et onze sites de production de pièces. Le président de G.M a également décidé de revoir à la baisse le programme d'investissement du groupe. Il sera réduit de 1,1 milliard de Dollars pour passer à 6,6 milliards de Dollars en 1992 et 6,5 milliards de Dollars en 1995.
Le géant américain entend parallèlement «Changer fondamen-talement sa manière de conduire les affaires». Ainsi, tout un programme va être lancé dans l'espoir de parvenir à arrêter l'hémorragie financière du groupe. Son déficit pour les neuf premiers mois de l'année atteignait 2,2 milliards de Dollars. A l'heure actuelle, il perd 15 millions par jour.
Les syndicats ont violemment réagi, critiquant la politique américaine dans le domaine automobile qui «abandonne aux japonais le marché intérieur et favorise le transfert de la production au Mexique ou dans d'autres pays où la main-d'oeuvre est meilleur marché».
Ainsi, les répercussions du désastre de Général Motors sont immenses. Pour certains, il s'agit d'un mauvais présage. En effet, les crises américaines de l'automobile ne précèdent-elles pas d'un an en général celles de l'Europe?

Meriem OUDGHIRI

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