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Economie

Libéralisation des télécoms
Le fixe s’ouvre à la concurrence

Par L'Economiste | Edition N°:1965 Le 24/02/2005 | Partager

. L’appel d’offres pour six licences lancé aujourd’hui. Trois segments sont concernés: local, interurbain et internationalLe processus de libéralisation de la téléphonie fixe est enclenché. C’est aujourd’hui, jeudi 24 février, que les appels d’offres pour les différentes licences sont lancés. Les opérateurs de télécommunications et autres parties intéressées peuvent retirer, contre le paiement de 20.000 DH, le dossier de l’appel à concurrence au siège de l’Agence de réglementation, ANRT à Rabat, à partir d’aujourd’hui. Deux grands opérateurs n’ont pas attendu cette date pour annoncer leurs candidatures. Il s’agit de Méditelecom et de Maroc Connect. Les sociétés intéressées disposent de trois mois pour préparer et déposer leur soumission. Les adjudicataires seront connus en juin prochain et devraient pouvoir offrir leurs services dans le cadre de leurs licences avant la fin d’année. «L’objectif de cette libéralisation est d’introduire à l’horizon 2008, une concurrence effective dans ce secteur en disposant d’un maximum de trois opérateurs terrestres par segment de marché, y compris l’opérateur historique», est-il indiqué auprès de l’Agence de régulation. Autrement dit, la libéralisation induira une diversité de l’offre, qui sera certainement accompagnée par des baisses tarifaires, l’amélioration de la qualité de service et une personnalisation de l’offre. Concrètement, ce processus concerne l’attribution de licences nouvelle génération pour l’établissement et l’exploitation de réseaux publics de télécommunications du fixe au Maroc. Les segments de marché concernés sont d’abord le local pour l’établissement et l’exploitation de réseaux de boucle locale. Ensuite, l’interurbain pour les réseaux de transmission nationale. Et enfin, le segment international.. Opérateurs globauxL’appel à concurrence porte sur l’attribution de deux licences au maximum pour chacun de ces trois segments précités. «Les parties intéressées peuvent soumissionner pour autant de licences qu’elles souhaitent», soulignent les responsables de l’Agence. Toutefois, le système d’évaluation arrêté par l’ANRT encourage les candidats qui soumissionneraient pour plus d’un segment. L’objectif étant de disposer d’opérateurs globaux à même de répondre efficacement aux besoins du marché. A signaler que les parties intéressées par l’international doivent soumissionner pour au moins un des lots nationaux.De l’avis de plusieurs experts, la libéralisation constitue une aubaine pour le développement du fixe. Surtout que ce dernier a beaucoup souffert de l’envolée du mobile depuis 2000. Rappelons que Maroc Telecom avait perdu en l’espace de deux ans (début 2000-fin 2001) près de 400.000 clients qui ont migré vers le mobile. Pour stopper la résiliation des contrats et attirer de nouveaux clients, l’opérateur historique a multiplié les formules. Il est parvenu à contenir cette massive désaffection pour le fixe, mais le taux de pénétration stagne depuis des années à moins de 5%. A fin décembre 2004, il s’établissait à 4,38%. Ce marché serait promis à des jours meilleurs grâce au développement de l’Internet et de la société d’information qui passe donc par le développement d’une infrastructure du fixe et des services haut débit. L’ANRT avait lancé en 2002 un appel d’offres pour octroyer la deuxième licence de services fixes de communication. Et contrairement au succès rencontré pour la deuxième licence du mobile, la réponse du secteur privé n’a pas été aussi enthousiaste. Après avoir rabaissé les exigences imposées au futur arrivant, notamment en matière de couverture du réseau, et avoir repoussé le délai de participation de plusieurs mois, il a été décidé, en l’absence de tout soumissionnaire, de retirer l’offre. D’après une étude réalisée par l’Union internationale des télécommunications (UIT) fin 2003, les raisons de l’échec de la première tentative sont multiples. Elles ont d’ailleurs fait l’objet d’une enquête et d’une analyse minutieuse de la part de l’Agence de régulation. Et il semble que la cause fondamentale ait été l’incertitude qui caractérisait à l’époque l’environnement réglementaire. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Le processus de libéralisation est accompagné par des textes destinés à dessiner les contours d’une concurrence saine et loyale mais aussi et surtout à rassurer les investisseurs. Naoufal BELGHAZI

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