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    Economie

    Libéralisation des huiles: Le statu quo

    Par L'Economiste | Edition N°:636 Le 11/11/1999 | Partager



    · La journée de réflexion organisée par le Comité de Suivi du Projet de Développement du Secteur Privé à Rabat n'a fait que constater les travers du système
    · La grogne des opérateurs se poursuit


    Le processus de libéralisation de la filière oléagineuse est au point mort. Cette atonie risque de prendre encore du temps.
    Tous les opérateurs du secteur, réunis au Ministère du Commerce et de l'Industrie à Rabat le 9 novembre, en sont convaincus.
    Certes, ce processus irréversible a franchi jusqu'à aujourd'hui bien des étapes, mais son parachèvement reste lié à la signature du fameux décret libéralisant les prix en aval.
    "Evidemment, ce sera avant tout une décision politique, étant donné la forte connotation sociale du produit", remarque M. Najib Benamor, directeur de la Caisse de Compensation.
    Cette mesure permettrait de faire éclater plusieurs goulots d'étranglement qui "asphyxient" le développement de la filière.
    Les investissements sont inexistants et les unités de production tournent au ralenti.
    En fait, la principale distorsion du système actuel aux yeux des opérateurs est qu'il n'offre aucune visibilité à l'avenir.
    La situation actuelle se résume pour les industriels de la filière à deux ni: "Ni libéralisation, ni protection".
    Même les techniciens de l'Administration, présents en force lors de la journée de réflexion, sont conscients des graves déséquilibres qui perturbent le système.
    D'une part, les marges des producteurs sont laminées puisque les prix en aval sont bloqués. D'autre part, les industriels restent dépendants du règlement "toujours tardif" des subventions de la Caisse de Compensation, ce qui étrangle leur trésorerie.
    Pour noircir encore plus le tableau, les intervenants ajoutent les tares du système dégressif de dédouanement, appliqué depuis la Loi de Finances 1998/1999.
    Censé protéger la production nationale, ce système permet de maintenir les prix de l'huile importée dans une fourchette prédéterminée. Les industriels sont assujettis à d'autant plus de taxes que le prix d'achat sur le marché international est bas.
    Comme pour les céréales, ce mécanisme suscite la colère des acheteurs puisqu'il annihile tous les efforts de négociation et coupe les signaux des marchés internationaux. Il faut noter aussi que les équivalents tarifaires payés par les opérateurs réduisent en fait la subvention réelle supportée par l'Etat à 1 DH net par litre.
    Dans cette affaire, estiment les professionnels, le consommateur est le grand perdant. Il ne peut même pas se rattraper sur l'huile d'olive qui reste à un niveau assez cher. Bien que produite localement, celle-ci reste absente du débat sur la subvention.
    "Il est quand même paradoxal que le produit local ne profite guère de la subvention contrairement à l'importé", s'interroge M. Abdellatif Guedirra, directeur de la Production végétale au Ministère de l'Agriculture.


    Une réforme de la compensation en gestati


    C'est donc une constante dans le discours de tous les intervenants, "le cadre réglementaire régissant la filière des oléagineux est biaisé. Une refonte en profondeur s'impose, mais suppose un plus grand engagement de l'équipe gouvernementale actuelle. Une réflexion est déjà entamée actuellement au niveau de la Caisse de Compensation pour proposer des amendements au système. Reste à appuyer cet effort par la sphère politique. Ce sera le plus dur.

    Ghassan KHABER

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