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L'huile d'olive dominée par le travail artisanal

Par L'Economiste | Edition N°:99 Le 14/10/1993 | Partager

Le secteur de l'huile d'olive demeure essentiellement consacré au marché local. Le niveau artisanal reste dominant avec une production annuelle de 25.000 tonnes contre 18.000 tonnes pour le secteur industriel C'est ce qui ressort de l'étude de l'Agribusiness Marketing Investissement (AMI)(1),

Près de 40.000 tonnes d'huile d'olive sont consommées chaque année au Maroc. Tandis que le secteur de l'olive de table se concentre sur l'export et vend les écarts de triage (produit de seconde et troisième qualité) sur le marché local, celui de l'huile d'olive s'oriente d'abord sur le marché local et n'exporte que les excédents, s'il y en a. Il existe deux principaux marchés sur lesquels opèrent des entreprises de différentes structures. Il s'agit du marché de l'huile conditionnée et celui de l'huile en vrac. Selon les estimations de l'étude menée par la FAO en 1988, la quantité d'huile conditionnée (secteur industriel) est d'environ 15.000 tonnes par an, et celle de l'huile en vrac, produite par le canal artisanal des mâasra, est de 25.000 tonnes. Compte tenu d'une production annuelle d'environ 40.000 tonnes, le marché local absorbe la quasi-totalité de la production disponible. Les prix qui se forment reflètent, en l'absence d'interventions de l'Etat, l'équilibre entre la demande et une offre variable.

Au niveau du marché de l'huile conditionnée, les quantités produites, presque entièrement destinées au marché local, sont estimées à 15.000 tonnes(2). Les entreprises présentes sur ce segment sont en général de grandes sociétés bien structurées. Il s'agit des Huileries de Meknès, les Huileries du Souss, la SIMOO, la SIOF, les Huileries du Gharb, Lesieur et Cristal. Elles exercent toutes (à l'exception de SIMOO) une activité dans le secteur du raffinage des huiles brutes de graine. Ces entreprises produisent sous des marques propres des produits de différentes caractéristiques, telles que l'extra-vierge, la semi-fine, la fine, la lampante et les mélanges huile de grignons/lampante...

Toujours d'après l'étude de 1988, les huiles lampantes et semi-fines représentent 62 et 19% des quantités conditionnées. Les huiles de qualité extra et fine ne représentent que 18% du marché. La répartition par types d'emballage était en 1988 de 54% pour un litre plastique, 18% pour un demi-litre plastique et 15% pour 5 litres plastique. Les parts de marché de ces sociétés, indiquent les experts de l'AMI, varient d'une année à l'autre. Les Huileries du Souss, les Huileries de Meknès et la SIMOO réalisaient en 1988 81% des tonnages produits. A ces trois sociétés se sont joints depuis Lesieur et Cristal qui font partie du même groupe. Ces quatre opérateurs se partagent le marché intérieur de l'huile conditionnée selon, précisent les experts de l'AMI, des considérations régionales évidentes : SIMOO au Nord, Huileries du Souss au Sud, Huileries de Meknès et Lesieur-Cristal dans le centre et la côte atlantique. Par ailleurs, s'agissant des prix(3), ceux de l'huile lampante varient de 18,2 à 19,2DH le litre (bouteille d'un litre), ceux de l'huile fine de 19,3 à 19,6DH le litre et l'extra-vierges entre 19,8 à 23,2DH le litre. Ainsi, il existe très peu d'écart de prix entre les huiles lampantes, huiles de basse qualité qui coûtent moins cher à la production mais qui sont les plus prisées sur le marché local, et les huiles extra-vierge. Celles-ci coûtent 5 à 10% plus cher à la production et sont peu demandées sur le marché local. De son côté, le marché de l'huile en vrac englobe les huiles destinées à l'auto-consommation, triturées dans les petits moulins ruraux et urbains, et les huiles vendues en vrac dans le petit commerce et qui proviennent des oleifacteurs. Les quantités produites s'élèvent à près de 25.000 tonnes par an. Sur ce dernier segment, souligne l'étude de l'AMI, les variations de prix et de qualités sont très importantes et répondent à des critères différents de ceux établis par l'industrie du conditionnement : origine, goût... Les unités de trituration enquêtées ont déclaré vendre une part réduite de leur production directement aux consommateurs, entre 0 et 10%. Sur le plan mondial, les exportations d'huile d'olive marocaine ont toujours été très faibles. Les exportations ont été irrégulières depuis le milieu des années 70 à cause d'une faible production et d'une forte consommation locale. La seule année d'exportation importante était 1990, quand le Maroc a eu son meilleur rendement en olives des derniers vingt ans. De plus, lorsqu'il y a exportation, celle-ci s'opère pour l'essentiel en vrac pour de l'huile dite lampante (à acidité élevée), qui représente normalement les trois quarts des exportations. Sur le marché international, le Maroc occupe la position d'un petit exportateur occasionnel d'huile lampante. La raison fondamentale de cette position, avancent les experts de l'AMI, s'explique par la détérioration de la compétitivité du prix de l'huile marocaine au cours des années 80.

Les stratégies d'exportation

Les enquêtes réalisées dans le cadre du projet mené par l'AMI ont mis en évidence diverses stratégies d'exportation conduites par les industriels du secteur. Trois stratégies ont été dégagées.

- L'exportation orientée vers l'émigration marocaine : elle est principalement le fait d'une entreprise intégrée de la trituration au conditionnement vendant une marque reconnue sur le marché local. Cette stratégie d'exportation est caractérisée par la vente d'un produit conditionné auprès d'une clientèle habituée à la marque. Elle est également caractérisée par l'utilisation d'un réseau de distribution particulier. Il s'agit de l'épicerie marocaine installée en Europe et surtout en Belgique et en Hollande, lieu d'émigration privilégié des populations du Nord du Maroc habituées à cette marque.

- L'exportation orientée vers les conditionneurs européens : elle est le fait soit de certains oléifacteurs "modernes" de la région de Fès soit des grandes sociétés de fabrication et de conditionnement des huiles au Maroc. Les exportations sont réalisées en vrac à travers un réseau commercial établi de longue date où les relations de confiance entre les partenaires jouent un rôle essentiel. Ces exportations, soulignent les experts de l'AMI, reflètent surtout un élément de sauvegarde, intervenant en périodes de surplus local. Quand le marché local est preneur, ces exportations disparaissent. Sur ce marché, les grandes sociétés marocaines jouent pour l'essentiel un rôle intermédiaire en achetant l'huile auprès des oléifacteurs ne disposant ni de la logistique ni de moyens financiers nécessaires à l'exportation.

- L'exportation directe sur le marché américain : ici, opèrent les grandes sociétés dont les exportations n'ont démarré qu'après les missions commerciales américaines récemment effectuées au Maroc en 1990. Les arrangements commerciaux envisagés et testés par les opérateurs marocains à ce stade sont la représentation exclusive auprès d'un importateur conditionneur. Des tests sont envisagés par une entreprise pour vendre de l'huile d'olive extra-vierge conditionnée sous sa propre marque.

Enfin, soulignent les experts de l'AMI, les nouvelles lois marocaines sur la libéralisation du commerce peuvent avoir un important impact sur l'intérêt à produire une huile vierge extra de qualité supérieure pour l'export au même prix qu'une production de qualité inférieure destinée au marché local. et ce, même s'il n'existe pas de production plus importante.

Puisque les principaux producteurs d'huile mettent actuellement l'accent sur une production destinée au marché local ajoutent les experts, la disponibilité d'huile lampante pouvant être importée à des prix compétitifs les obligera à produire une huile de qualité supérieure pour les marchés extérieurs.

(1) l'Agribusiness Marketing Investissement est une structure créée dans le cadre de la coopération bilatérale signée entre le Maroc et les Etats-Unis en 1991. Son objectif est d'assister les entreprises marocaines à développer des produits de valeur importante à l'exportation.

(2) Ce tonnage correspond à une bonne récolte d'olives et à une production totale d'huile d'olive de 18.000 tonnes dans le secteur industriel et de 25.000 tonnes dans le secteur artisanal.

(3) Ces prix ont été relevés à Rabat en janvier 1993.

Meriem OUDGHIRI

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