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    Economie

    L'heure de vérité pour la Comanav

    Par L'Economiste | Edition N°:1158 Le 05/12/2001 | Partager

    . L'Etat doit recapitaliser en mettant la main à la poche. Près de 150 millions de DH vont être débloqués, mais est-ce suffisant?. La recapitalisation va être accompagnée d'un contrat-programme en cours de finalisationC'est aujourd'hui, 5 décembre 2001, que se tient l'assemblée générale de la Comanav. Les espoirs se tournent irrémédiablement vers l'Etat. Un Etat qui s'est par le passé distingué par son absence de réactivité. Aujourd'hui, la situation est très délicate. Toufiq Ibrahimi, président-directeur général nommé depuis un peu plus de 3 mois à la tête de la compagnie, est conscient qu'il hérite d'un dossier épineux et lourd. Le maintien de l'entreprise à flot est un véritable défi. La Comanav va très mal. L'ensemble des intervenants, Etat comme management, s'accorde sur ce point. L'heure de vérité a sonné et cette fois-ci, l'Etat devra mettre la main à la poche. La recapitalisation tellement attendue est désormais incontournable. C'est une question de survie.La compagnie maritime accuse en effet des pertes colossales. Bien que les comptes ne soient pas encore définitivement arrêtés, les montants sont très importants et personne n'ose avancer de chiffres. Il pourrait s'agir d'un demi-milliard de DH à quelques millions près. Les difficultés financières de la compagnie sont de notoriété publique et ce, depuis quelques années déjà. La Comanav ne doit d'ailleurs en grande partie la continuité de son exploitation qu'aux perfusions que lui administrent les banques sous forme de découverts, dont le montant dépasserait actuellement le capital social. Sa flotte vieillissante, la Comanav a dû il y a quelques années acheter des bateaux sans fonds propres. Son capital social est de 250 millions de DH alors que le coût d'un navire oscille entre 10 et 25 millions de dollars. Les maux de l'entreprise sont connus et bien cernés. Le bureau d'études KPMG avait déjà mis le doigt sur les points sensibles de l'entreprise. En interne, des efforts avaient été entrepris en vue de restructurer et de réorganiser. Des retouches ont été amorcées. Elles étaient insuffisantes car il fallait s'attaquer au mal à la racine. L'entreprise est en cessation de paiement. L'Etat devait s'impliquer et très sérieusement. Outre les difficultés financières, l'entreprise est en sureffectif notoire et la presque totalité de sa flotte a plus de 20 ans. Pour ce dernier cas, les conséquences sont lourdes tant en coût d'entretien qu'en immobilisation. “Un bateau est fait avant tout pour naviguer”, soulignait à juste titre un marin. La situation actuelle n'est que la résultante de plusieurs décennies de gestion étatique. Sans pour autant parler de mauvaise gestion, c'est de non-performance dont il est question. L'Etat est montré du doigt dans son rôle d'actionnaire qui n'a pas joué le jeu. Il a même eu un impact négatif en retardant la restructuration et en ne respectant pas ses engagements. Actuellement, l'intervention de l'Etat est vitale. C'est la condition sine qua non à la poursuite de l'activité de cette entreprise de 1.400 personnes. Côté pouvoirs publics, le problème de la Comanav par rapport à celui de la RAM notamment est plus dramatique et même plus inquiétant. L'Etat versera 150 millions de DH au début de l'année 2002. Un déblocage qui pourrait s'avérer même tardif s'il n'a pas lieu dans les semaines qui suivent. A cela s'ajoute l'insuffisance du montant au regard du pourrissement de la situation. Mais le directeur des Etablissements publics souhaite d'abord que l'ensemble des leviers d'économie tant en interne qu'en externe soit actionné. L'action de l'Etat doit être jumelée avec un plan d'action viable qui ait des chances de succès. Celui-ci n'est autre que le contrat-programme qui comprend trois volets: financier, humain et stratégique. Il est clair que le redimensionnement de la flotte et de l'effectif est à l'ordre du jour et que la compagnie doit se recentrer sur ses métiers de base. De nombreuses questions demeurent néanmoins en suspens après le Conseil d'administration du 14 novembre et des décisions devront être prises dans les semaines à venir. L'objectif est de pérenniser l'entreprise pour la privatiser à terme. Le nouveau PDG a donc du pain sur la planche. Il doit naviguer en se reposant sur deux moteurs: la communication et la stratégie. Le premier sera un remède nécessaire pour rendre confiance à 1.400 employés, touchés par l'image du navire à la dérive qui colle à la Comanav. L'autre propulseur est la stratégie que la compagnie devrait adopter. La tâche ne sera pas facile, sachant que pour redresser la barre, le PDG devrait serrer la ceinture. Mais parallèlement, des coupes dans le budget d'investissement pourraient freiner la croissance de la société. Une équation donc complexe se présente au nouveau venu.Fatima MOSSADEQ

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