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    Economie

    L'étrange augmentation du prix des cartes vertes

    Par L'Economiste | Edition N°:431 Le 28/01/1999 | Partager

    En catimini, le prix de cartes vertes, certificats d'assurance pour les voyages à l'étranger, est passé de 15 à 150 DH. Derrière cette augmentation, le désordre du secteur des assurances.

    Pas facile d'obtenir des informations sur la multiplication par dix du prix des cartes vertes: les intervenants se renvoient la responsabilité et apparemment n'ont pas tenu au courant leur administration de tutelle. La grande discrétion a entouré le passage de 50 à 150 DH de la carte verte, en vigueur depuis décembre dernier.
    La carte verte est une attestation (et non pas une assurance par elle-même) délivrée par la compagnie d'assurances. Elle indique que l'assuré est couvert même à l'étranger. Ce n'est qu'une simple extension géographique de la responsabilité civile obligatoire pour tous les automobilistes. Cas pratique pour un constat à l'amiable: un automobiliste marocain voyage en Espagne, percute un automobiliste espagnol. Dégâts matériels uniquement. Pour le remboursement, l'assuré marocain peut se retourner soit directement vers la compagnie d'assurances étrangère, soit recourir à ce qu'on appelle le Bureau Central d'Assurances du pays où a eu lieu l'accident. L'un ou l'autre reviendront vers le BCMA (Bureau Central Marocain d'Assurances) pour se faire rembourser à leur tour. Ces bureaux, dont le fonctionnement est régi par la convention internationale de Genève, sont de simples coordinateurs entre les compagnies d'assurance des différents pays.
    Depuis décembre, le BCMA facture les cartes à 100 DH aux compagnies qui à leur tour les vendent à 150 DH aux courtiers. Le BCMA empoche 85 DH par carte, les compagnies d'assurances 50 DH. Se sentant pénalisée comme les assurés, la Fnacam (Fédération Nationale des Agents et Courtiers d'Assurances du Maroc) a demandé par courrier des explications à la FMSAR sans avoir obtenu de réponse.
    Pour sa part, M. Hamza Kettani, président de la FMSAR (Fédération des compagnies) a expliqué qu'il s'agit "d'une mise à niveau des prix" , mais renvoie vers le BCMA en l'occurrence Mme Zhor Berrada, pour plus d'explications. Dans un premier temps, elle justifie la hausse par la "nécessité de répercuter l'augmentation du coût de l'impression"(1). Pressée par nos questions, elle nous invite à son tour à contacter M. Omar Bennani, responsable en titre du BCMA. Ce dernier n'a pas jugé utile de donner suite à nos différents appels.
    Selon les éléments de notre enquête, l'augmentation n'a pas fait l'unanimité auprès des assureurs. Auprès des compagnies, le BCMA a justifié différemment sa décision. Ce n'est pas l'imprimerie, mais "le déficit dû aux créances non recouvrées auprès des cinq sociétés en liquidation". Il est question d'un déficit de 30 millions de DH, mais rien n'est prouvé. L'explication du BCMA a surpris les assureurs, y compris les compagnies en liquidation. Ces dernières considèrent qu'elles sont excédentaires auprès de lui, environ 10 millions de DH à fin 1996. Donc elles ne payent pas davantage. L'argument du BCMA étonne d'autant plus que l'impact de l'augmentation du prix de la carte est insignifiant. Faites le calcul: 20.000 (c'est le nombre de cartes vertes éditées en moyenne par le BCMA) x 85=1,7 million de DH. "Même pas de quoi régler 10 sinistres corporels", conclut ironiquement un courtier.
    Dans cette étrange affaire, le BCAM ou les compagnies auraient dû au préalable obtenir le feu vert de la Direction des Assurances (auprès du Ministère des Finances). Apparemment, elle n'est même pas informée. Le problème de la fiabilité du contrôle administratif est encore une fois posé, alors que, sur le marché, la guerre à la sous-tarification a recommencé.

    Mohamed BENABID

    (1) Si tel était le cas, chaque exemplaire de L'Economiste devrait coûter 4.500 DH. Sans commentaire.

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