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    Economie

    L'étau se resserre sur Fouad Filali

    Par L'Economiste | Edition N°:664 Le 21/12/1999 | Partager

    · L'ex-patron de l'ONA aurait été entendu par la justice française dans une affaire de blanchiment d'argent

    · Le porte-parole du Palais précise que M. Fouad Filali ne peut se prévaloir d'aucune immunité


    Si elle se confirmait, l'implication de M. Fouad Filali dans cette rocambolesque affaire de blanchiment d'argent, révélée par le quotidien espagnol El Païs et rapportée par "Le Monde" du 17 décembre, pourrait sonner définitivement la déchéance de celui qui passait il y a peu encore comme l'un des plus brillants managers dans le milieu des affaires au Maroc. Selon le quotidien parisien, l'ancien patron du groupe ONA avait été entendu par la police française dans le cadre d'une enquête sur une opération de blanchiment d'argent, elle-même liée à une autre affaire d'enlèvement et de demande de rançon. Tout est parti selon "Le Monde" de la confiscation d'un avion privé à Paris dans lequel la police avait découvert "d'importantes sommes d'argent d'origine douteuse". Aux commandes de l'appareil se trouvait Steve Ohana auquel on attribue des liens d'amitié avec M. Filali. Depuis, M. Ohana a été incarcéré par la justice française. Pour le moment, le dossier est entre les mains d'un juge d'instruction et l'affaire ne fait que commencer.

    A Casablanca, l'information a eu l'effet d'une bombe. Et en ce temps de rumeurs, elle s'est propagée comme une traînée de poudre. Dans tous les cafés, après la rupture du jeûne, elle constituait le principal sujet de conversation. Avant-hier samedi 18 décembre, le porte-parole officiel du Palais Royal, M. Hassan Aourid, montait au créneau pour lever toute ambiguïté: "M. Fouad Filali ne peut être assimilable à la Famille Royale et ses démêlés relèvent de la justice et de la justice seulement". A ce titre, il ne peut se prévaloir d'une quelconque immunité et devait être traité comme n'importe quel commun des mortels. Des propos qui recoupent ceux du journal El Païs qui avait écrit que la représentation diplomatique du Maroc en France avait reçu des instructions pour que M. Filali soit traité "comme n'importe quel citoyen marocain". M. Aourid a confirmé que l'intéressé avait été prié il y a quelques semaines de restituer son passeport diplomatique.
    Quant aux liens supposés avec le Palais de M. Steve Ohana qui apparaît comme le personnage central dans l'affaire, le porte-parole les dément catégoriquement: "Même s'il a pu rencontrer via ses relations avec M. Filali, alors marié à une princesse, certains membres de la Famille Royale, il ne peut se prévaloir d'aucune relation ni amitié avec celle-ci".
    Contactée par L'Economiste, l'Ambassade du Maroc en France dit avoir appris la nouvelle par la presse "comme tout le monde" et qu'elle n'a pas été saisie par les autorités françaises. Au Quai d'Orsay (Ministère français des Affaires Etrangères) à Paris, l'adjoint au porte-parole en charge des relations avec le Maroc affirme "ne pas être au courant de l'affaire".


    Patron de l'ONA et "Pipo" pour les intimes


    Fouad Filali est découvert par le public à l'annonce de son mariage avec Son Altesse Royale la princesse Lalla Meriem au milieu des années 80. Son père, M. Abdellatif Filali, avait été ambassadeur, ministre de l'Information à l'époque, puis des Affaires Etrangères et chef de gouvernement à plusieurs reprises. Fouad Filali avait toujours vécu à l'étranger et poursuivi des études d'économie et de Finance en France et aux Etats-Unis. Sa mère, d'origine italienne, a ajouté à sa culture cosmopolite. Ce qui faisait dire à ses détracteurs qu'il était "décalé" par rapport à l'environnement marocain.
    Il travaillait à New York dans une banque d'affaires, dans la haute période d'effervescence de Wall Street au plus fort de l'ère des golden-boys.

    Il est nommé président de l'ONA où la Famille Royale disposait d'une participation à l'époque conséquente de près de 18%. De là, il va mener le développement de la holding avec un appui politique évident: diversification à l'international (Optorg), avec tout ce que cela comporte comme transferts de capitaux, implication dans la pêche hauturière avec Marona, dans la communication avec 2M dont il a fait un projet quasi-personnel, la grande distribution. Ce qui ne l'empêchera pas de mener une vie mondaine: ses amis du monde des affaires dont Steve Ohana, un des plus intimes, l'appelaient "Pipo". Il était devenu à la fois une figure des affaires modernes et des milieux "branchés". Ses années à l'ONA sont une succession de restructurations et de nominations contestées d'étrangers ou de jeunes de son profil. Lorsqu'il décide d'élever l'assurance au rang de métier stratégique, l'ex-président de l'ONA réussit son pari avant la maladresse sur ce qui fut appelé alors "l'affaire Agma". Aux yeux des observateurs, c'est cette opération qui va pratiquement sonner le glas de sa carrière à la tête de la holding. Malgré son divorce, prononcé quelques mois auparavant, il n'avait pas été de ce fait remercié de l'ONA, contrairement à ce qu'attendaient les milieux d'affaires. L'homme jouissait globalement d'une bonne image auprès de ses pairs et dans l'opinion avant que l'affaire Agma n'entache sa réputation.

    Abashi SHAMAMBA

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