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    Culture

    L'Etat, Imarat al-Mouminine et la protection spirituelle des citoyens
    Par Hakim EL GHISSASSI

    Par L'Economiste | Edition N°:2698 Le 23/01/2008 | Partager

    Entrepreneur en France, Hakim El Ghissassi est ancien directeur de la revue La Medina. Il a déjà lancé le site Web Sézame, ainsi que deux magazines, en français et en arabe, Sézame et Madarik. Il est auteur de «Regard sur le Maroc de Mohammed VI» publié chez Michel Lafon (Paris)La protection spirituelle des citoyens est transversale, elle est religieuse, intellectuelle et sécuritaire. Différents acteurs y contribuent, chacun selon ses dispositions et prérogatives, et toutes les composantes de la nation sont appelées à y contribuer. La protection spirituelle est une action préventive, elle se fait essentiellement par la diffusion d’une culture réaliste de modération, du juste-milieu, du respect des opinions et des croyances. L’Etat en est un acteur essentiel par sa responsabilité de maintien de l’ordre public.Le Maroc se définit constitutionnellement comme étant un État musulman et non islamique. Une nuance qui le différencie des tenants de l’islamisme ou de l’islam politique, lesquels appellent à l’établissement d’un État théocratique, autoritaire, réduisant à néant l’individu et ses aspirations. La Constitution marocaine confère au système de valeurs musulmanes une place plus importante que le simple aspect normatif dénué d’éléments spirituels et humains, à la différence des mouvements islamistes qui se placent davantage sur le terrain de la protestation et du populisme que sur celui de la prise en considération des nouveaux modes de vie de la société et des nouvelles formes de gouvernance. Imarat al-Mouminine, telle qu’elle s’est constituée à travers l’histoire marocaine, ne cherche pas une hégémonie politique régionale ou internationale ou encore un khalifat utopique. Elle se nourrit d’une culture pragmatique. Au-delà de ses frontières territoriales, elle opère sur le plan spirituel afin de sauvegarder et consolider les liens avec ceux qui lui font allégeance ou se sentent proches d’elle. C’est ainsi que nous pouvons comprendre les liens spirituels qui lient les populations de l’Afrique, principalement de l’Ouest, avec Amir al-Mouminine au Maroc.«L’islam est la religion de l’État qui garantit à tous le libre exercice des cultes». La Constitution marocaine ne spécifie pas de quels cultes il s’agit. Ce qui laisse une grande liberté d’interprétation. Le roi, Amir al-Mouminine, veille au respect de l’islam et à la protection des droits et libertés des citoyens. Il est ainsi le garant de la diversité des opinions et des croyances. Ce positionnement offre aujourd’hui au Maroc une stabilité et une alternance politique sans heurts, dans une société en transition. Dans le contexte actuel, où l’islamisme se développe, le rôle d’arbitre dévolu à l’institution d’Imarat al-Mouminine est de plus en plus mis au-devant de la fonction royale. Le peuple, comme les acteurs de la vie politique, a besoin de référents, capables de protéger l’identité marocaine et de veiller au respect de la croyance intime de chacun. C’est un élément essentiel de l’action politique.Dans la pensée musulmane, l’imam se positionne par rapport au dogme dans la jurisprudence des pratiques (al-fiqh al-amali). La consultation en matière des affaires de la nation est l’un des critères de l’imamat suprême (Imarat al-Mouminine). C’est un des facteurs encourageant les citoyens à s’engager dans le projet politique.Le rôle de l’institution d’Imarat al-Mouminine, incarnée dans le chef de l’État, est primordial dans la gestion du champ religieux et le maintien de l’unité politique et cultuelle du pays. C’est le rôle de l’État d’être l’intégrateur des expressions sociales et le protecteur des choix référentiels.L’institution d’Imarat al-Mouminine est aujourd’hui la seule habilitée à conjuguer politique et religieux. Sa fonction unificatrice ne se veut pas exclusive des points de vue, mais plutôt rassembleuse et arbitre dans le cadre des références historiques et cultuelles du pays. Elle n’a pas pour mission d’interdire les expressions divergentes, mais plutôt de veiller à l’application et au respect de la loi dans un État de droit. Les institutions rattachées à Imarat al-Mouminine, comme le Conseil supérieur des oulémas, le ministère des Habous et des Affaires islamiques ou encore la Ligue mohammadienne des oulémas du Maroc, répondent à la demande de la société, en dehors de tout esprit partisan. Ainsi, quand le ministère des Habous et des Affaires islamiques organise un concours pour la formation des imams et des mourchidates ou recrute des cadres religieux, il ne fait intervenir dans ses conditions que les facteurs relatifs aux connaissances scientifiques et professionnelles et au respect des choix fondamentaux de la société marocaine, récemment détaillés dans le guide de l’imam et du prédicateur qui a obtenu, avant sa publication, l’aval du Conseil supérieur des oulémas, présidé par Amir al-Mouminine. Ainsi, le ministère n’est guère responsable des convictions intimes et des intentions du cadre religieux, mais de la pratique de sa fonction et sa manière de servir. Dans un pays démocratique, où la liberté d’expression et d’opinion est garantie constitutionnellement, l’effort d’interprétation et de l’ijtihad est encouragé. Il exprime la vivacité d’une société et nul ne peut être contraint par un avis figé. Pour le bon fonctionnement de l’ensemble, l’Etat régulateur veille à l’harmonisation et à la mise en pratique.


    Les clefs du modèle

    La réforme de la gestion du champ religieux s’inscrit dans le cadre global de réformes que connaît le Maroc: 1- Elle considère la satisfaction de la demande religieuse comme un droit constitutionnel et social. Il en est ainsi du grand intérêt porté au Coran, à sa diffusion et l’encouragement des études et des actions qui s’y réfèrent. C’est également le cas de la construction des mosquées, leur gestion et l’encadrement des cadres et préposés religieux.2- Elle œuvre pour l’institutionnalisation du champ religieux et la mise en place d’une politique publique, définissant les responsabilités et les prérogatives et réduisant les initiatives individuelles, souvent source de discorde en la matière. C’est dans cet esprit que le Conseil supérieur des oulémas a été restructuré, des conseils régionaux et locaux d’oulémas ont été créés, il y va de même de la Ligue mohammadienne des oulémas qui vient d’être réformée. Le nouvel organigramme du ministère des Habous et des Affaires islamiques, régi par le dahir n° 1-03-193 du Chaoual 1424 (4 décembre 2003), comprend deux nouvelles directions centrales: la direction des mosquées et la direction de l’enseignement traditionnel. La distinction entre la gestion financière des awqaf, dévolue au nidharat, et la gestion religieuse, confiée aux délégations régionales et départementales des affaires islamiques, permet une spécialisation des actions menées et une meilleure cohérence et articulation des différents niveaux d’intervention. 3- Elle permet l’intégration du champ religieux dans un espace démocratique en passant de l’informel au réglementé. C’est ainsi que de nombreuses lois ont été discutées et adoptées par les deux Chambres parlementaires et de nombreuses décisions juridiques ont été promulguées. La loi de 1984, qui octroyait au ministère des Habous et des Affaires islamiques la supervision de tous les lieux de culte, vient d’être modifiée afin d’être en phase avec le nouveau visage du champ religieux marocain. 4- Elle met en œuvre les processus de qualification et de formation des producteurs et transmetteurs du discours religieux.5- Elle veille au respect de la neutralité politique des cadres religieux dont la fonction transcende les expressions et actions partisanes6- Elle assure la sécurité spirituelle qui signifie également la protection des citoyens contre les déviations par le biais d’une politique de prévention.7- Elle agit avec un réalisme, axé sur la sagesse, l’assimilation du contexte et le relativisme.8- Elle impulse l’adhésion des différents départements et institutions publics et civils à ce processus.La réforme de la gestion du champ religieux vise à mettre en place un modèle de gestion religieuse praticable. C’est une responsabilité religieuse que le Maroc assume pleinement afin de contribuer à la paix et au dialogue.

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