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    Politique Internationale

    L'espionnite aiguë sévit en Bolivie

    Par L'Economiste | Edition N°:601 Le 23/09/1999 | Partager

    · Cette "maladie", qui ne cesse de se propager, a touché même le chef de l'Etat


    UNE véritable psychose des écoutes téléphoniques s'est emparée de la Bolivie, et surtout des milieux dirigeants, notamment après la découverte récente de plusieurs affaires dont une concernant... le chef de l'Etat Hugo Banzer en personne. «Le pays tout entier est confronté à une sorte d'espionnite aiguë qui ne peut que conduire la société à la folie», a écrit la semaine dernière le quotidien catholique Presencia qui demande que les autorités mettent un terme à cette pratique en passe de se muer en «sport national».
    Quotidiennement, les journaux locaux publient en effet des encarts publicitaires pour du matériel permettant d'espionner notamment les conversations du conjoint infidèle, de l'associé indélicat ou de l'employé malhonnête.
    Cette pratique assez généralisée n'avait ému personne jusqu'à il y a trois semaines. Un quotidien a révélé à l'époque que le Président Banzer avait été écouté par un membre de sa famille par alliance, un ressortissant italien, Marino Diodato, époux d'une de ses nièces.
    Ancien policier en Italie, Marino Diodato est incarcéré depuis près d'un mois, faisant l'objet de plusieurs chefs d'inculpation, dont l'organisation de jeux clandestins et piratage de téléphones portables.

    Selon le journal, ce personnage trouble aurait capté une conversation du Président à l'aide d'un micro ultrasensible de la dernière génération. Mais le contenu des propos présidentiels n'a pas été publié.
    Le comble c'est que la révélation de cette écoute, qui montrait avec quelle facilité en Bolivie n'importe qui pouvait s'immiscer dans l'intimité d'autrui, n'avait provoqué aucun scandale.
    Le gouvernement avait même avoué qu'il n'était pas en mesure techniquement d'empêcher ce genre de pratique, arguant qu'il s'agissait de matériel de pointe en provenance des Etats-Unis. Et tout en resta là.
    Ce qui a réellement provoqué brutalement la psychose a été la découverte il y a une dizaine de jours de l'installation de systèmes d'écoute dans deux télévisions et deux quotidiens, tous proches de l'opposition, mais pas d'une manière ostentatoire.
    Aussitôt, parlementaires, syndicalistes et journalistes ont été convaincus que leurs conversations risquaient fort de n'avoir rien de confidentiel. Unanimement, ils ont réclamé une enquête générale sur «la pratique des écoutes», véritable phénomène de société dans le pays.
    Le président du Sénat a même ordonné que l'on passe le siège de la deuxième Chambre au peigne fin.


    Qu'en pense le gouvernement?


    Le gouvernement, sans qu'il ne soit considéré comme le seul et unique suspect, a tout de suite démenti avoir ordonné la mise sous écoute des journaux et télévisions en question, sans réellement convaincre.
    Par ailleurs, et face à une polémique naissante concernant à la fois son éventuelle implication et son laxisme -car il laisse ce matériel en vente libre-, le ministre de l'Intérieur a affirmé que les micros étaient en réalité inopérants, laissant entendre qu'il ne pouvait en dernier ressort s'agir que d'un montage à des fins de propagande.
    D'autant plus que le fait d'installer un micro-émetteur dans un circuit téléphonique d'une entreprise ou d'un particulier ne prend pas plus de cinq minutes et est à la portée de tout le monde, ont expliqué des vendeurs de ce type de matériel à la presse locale.
    Il suffit de s'introduire au domicile de la future victime sous un prétexte quelconque et de déposer en catimini l'appareil d'écoute. Rien que cela!

    Wissal SEGRAOUI (AFP)

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