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    Economie

    L'Espagne veut un nouvel accord en 1999

    Par L'Economiste | Edition N°:309 Le 18/12/1997 | Partager

    De notre correspondante à Madrid, Pascale BOURGAUX

    Les Espagnols évoquent les efforts de l'UE et le problème social du renvoi à quai de leurs 400 bateaux qui pêchent dans les eaux marocaines pour justifier la prolongation de l'accord signé en 1995 pour une durée de quatre ans. M. Samuel Jesús Juarez Casado, secrétaire général de la Pêche à Madrid explique.


    -L'Economiste: L'accord Maroc-UE prévoit une réduction des bateaux et du tonnelage. Deux ans après la signature, où en sont ces réductions?
    -M. Samuel Jesús Casado: Pour l'Espagne, l'accord prévoit que d'ici 1999 la flotte de 500 bateaux qui pêchent dans les eaux marocaines se réduit à 400. Une cinquantaine d'embarcations ont déjà cessé leurs activités. Les grands navires-usines spécialisés dans les céphalopodes vont pêcher sur d'autres côtes, en Mauritanie notamment. Pour les chalutiers crevettiers, certains ont abandonné, d'autres ont créé des sociétés mixtes avec des Marocains. Quant aux petits pêcheurs, la plupart ont profité du plan IFOP pour cesser leurs activités.

    -Pourquoi l'UE et en particulier l'Espagne veulent-elles renégocier un accord en 1999 et prolonger leur présence dans les eaux marocaines?
    -Il est légitime que le Maroc exige que l'UE se retire de ses eaux. Ce retrait doit être progressif. Il est impossible que, du jour au lendemain, les 400 bateaux qui resteront après les réductions prévues par l'accord disparaissent!

    -Quelles raisons pourraient pousser les autorités marocaines à accepter de renégocier un nouvel accord en 1999?
    -Les relations entre l'UE et le Maroc sont excellentes. L'accord d'association le prouve. L'Europe a ouvert ses portes aux conserves marocaines et au poisson marocain qui entrent sans droits de douane. Le marché européen est important, il absorbe la moitié de la pêche marocaine. Tous ces avantages sont en partie dus au bon accord de pêche. S'il y avait soudain une rupture brusque dans ce secteur, ces relations pourraient être affectées!

    -Quelles pourraient être les dispositions de ce nouvel accord?
    -Pour la flotte artisanale, l'accord pourrait accepter que les 200 bateaux actuellement actifs dans le Détroit se maintiennent. Pour le Maroc, la présence de cette petite flotte est insignifiante.
    Quand aux céphalopodiers du Sud, il faudrait encourager progressivement qu'ils s'associent à leurs homologues marocains pour créer des sociétés mixtes, de droit marocain.

    -Qu'est ce qui empêche que ces sociétés mixtes se créent dès maintenant?
    -Il y en a déjà quelques-unes. Mais le principal obstacle reste la législation marocaine qui favorise les opérateurs marocains. Tant que les investisseurs étrangers ne pourront posséder plus de 50% et contrôler les sociétés mixtes, ils ne se risqueront pas massivement. Il y a eu des expériences négatives et décourageantes.

    -Quel est l'avantage pour le Maroc de favoriser la présence et le contrôle des investisseurs étrangers?
    -La pêche marocaine n'est pas aussi rentable qu'elle pourrait l'être, notamment parce que le secteur souffre de problèmes de gestion. Les armateurs marocains ont tout à gagner de s'associer aux Espagnols qui ont le savoir-faire et la connaissance. La création de sociétés mixtes va par ailleurs favoriser l'emploi pour les ouvriers marocains.

    -Que se passera-t-il si le Maroc refuse de s'asseoir à la table des négociations en 1999?
    -Cela peut être traumatique davantage sur le plan politique que social. Pour nous, ce ne sera pas facile de recaser les 3.000 pêcheurs qui seront sans emploi, mais ce n'est pas impossible. L'Espagne a affronté d'autres restructurations sectorielles beaucoup plus graves, telles que le secteur naval ou sidérurgique. Sur le plan politique, la rupture peut être traumatique... Ce n'est pas une menace, c'est un constat: l'Espagne est le premier investisseur au Maroc, toutes les marchandises marocaines passent par l'Espagne. Et ce désaccord dans le domaine de la pêche peut se répercuter sur d'autres secteurs.

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