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Affaires

Les villes satellites, suite logique au développement
Entretien avec Mounir Chraïbi, wali de Marrakech

Par L'Economiste | Edition N°:2418 Le 08/12/2006 | Partager

Investissements, foncier, eau, culture... le wali de Marrakech-Tensift-Haouz, Mounir Chraïbi, trace sa feuille de route pour les 5 prochaines années. Pour lui, la région doit profiter d’évènements aussi prestigieux que le festival du film. Il s’agit d’instaurer son option culturelle. Les paillettes contribuent à l’industrie touristique et cinématographique de la ville.  . L’Economiste: Que rapporte un tel événement pour une ville comme Marrakech? - Mounir Chraïbi: Beaucoup. Si l’art et la culture peuvent développer le secteur touristique, tant mieux! Tant que la ville de Marrakech garde son cachet spécifique et historique et son patrimoine, toutes les animations qui s’y greffent sont les bienvenues.  Maintenant, pour le festival du film de Marrakech, l’impact ne peut être calculé à court terme. Après six éditions, nous commençons à récolter les fruits. Comme le Mégarama qui a pu voir le jour en moins de 7 mois, l’école de cinéma qui a ouvert ses portes et, enfin, ce méga-projet de studios cinématographiques qui devraient être opérationnels dans moins de 5 ans. Et nul ne peut contester l’apport en animation. Et cela, c’est du concret et non des paillettes.  . D’autres projets ont été annoncés dans le passé et ils ont fini aux oubliettes. Ne peut-on pas craindre le même sort pour ces studios de cinéma? Avez-vous la garantie qu’ils seront concrétisés?- Il faut relativiser. Je  voudrais, d’ailleurs, souligner que le temps entre l’annonce d’un investissement et sa concrétisation peut durer deux à trois ans. La recherche de terrain, le business plan… tout cela ne peut pas se faire du jour au lendemain. Pour le 1er projet de studios (ndlr: projet de Jamel Debbouze et Serge Berdugo), l’assiette foncière est toujours réservée. Quant au second, il s’agit de Tritel, qui a en projet des studios cinématographiques, accompagnés d’un énorme projet touristique. Ce sont des promoteurs solvables de par leurs références et leurs partenaires. La seule difficulté actuellement réside au niveau de l’assiette foncière, le terrain choisi par l’investisseur étant à proximité d’un champ de tir militaire. Une contrainte qui devrait être normalement résolue.  En tout cas, il s’agit de ne pas rater des investissements dans le secteur de l’animation. De fait, la ville qui a atteint une taille touristique critique doit se tourner vers ce type de projets. . Alors, justement, quelles seront les priorités de la ville pour les prochaines années?- Il n’y a pas de secret: pousser davantage les atouts touristiques de la ville. . Et comment comptez-vous accompagner cette dynamique? - A travers l’animation, seul moyen pour améliorer l’attractivité de la ville. Et jusqu’à maintenant, ce sont des investisseurs privés qui en ont été les grands acteurs. Aujourd’hui, il faudra que toute cette dynamique soit soutenue et institutionnalisée. Il en est de même pour l’artisanat qui emploie plus de 50% de la population à Marrakech. A noter que ce secteur a pris du galon grâce aux privés. Nous avons donc le devoir de les accompagner via l’édification de cités artisanales, la réhabilitation des foundouks et sites de tannerie traditionnelle, la création de centres de poterie, etc.Parmi les priorités aussi, la revalorisation du patrimoine par la création de musées. D’ailleurs, cette dynamique est déjà enclenchée. Le projet de transformation de Dar Bacha en musée galerie de Patty Birch -en retard certes- a pris sa vitesse de croisière. En projet aussi, le musée de l’histoire millénaire de Marrakech dans l’actuel siège de Bank Al-Maghreb; un autre à la médina, sur la place Jamae Al Fna, dans l’ancienne demeure du général Maclen. La ville devra également transformer d’autres sites comme la place de la Koutoubia -consulat de France- en un projet culturel de taille. . Pourtant, on dit que les investissements touristiques ont tendance à ralentir…- Pas du tout! Jamais l’investissement n’a été aussi important. Et d’ores et déjà, on peut annoncer que 2006 a été une année record dans ce domaine. Il y a peut-être un changement au niveau de la communication, car nous avons constaté que les gros montants d’investissement annoncés commencent à faire peur et renforcent davantage la spéculation. Du coup, nous avons décidé de communiquer sur le factuel. En 2005, nous avons enregistré 30 milliards de DH en projets d’investissement annoncés et conclus en commission ad hoc. Pour 2006, 232 projets touristiques ont reçu un avis favorable de la part de la commission ad hoc, dont 13 ont fait l’objet de conventions signées avec le gouvernement marocain ou sont en cours d’approbation. C’est un peu plus que les montants d’investissement enregistrés l’an dernier, sans y inclure le tout dernier projet de studios. Certains investisseurs comme Alain Crenn, Four Seasons ou encore Banyan Tree, ont déjà démarré leurs travaux. Ce qui est exceptionnel!Ces grands investissements changent toute une vision d’une zone ou d’une région et nous poussent, de notre côté, à revoir l’aménagement du territoire. Et c’est là où la dynamique fonctionne extraordinairement: le projet est pensé par le privé, mais les autorités de tutelle préparent l’aménagement, le dédoublement des voies, les  infrastructures de base… Et grâce à cette trilogie, nous continuons d’améliorer l’attractivité de la région pour ces investissements privés.. Justement, certains qualifient de ségrégative la démarche de création des villes satellites comme Tamansourt. On dit les riches à Marrakech, les autres dans la périphérie. Qu’en pensez-vous?- Fausse idée. Les villes satellites sont une suite logique pour tout développement économique. Par ailleurs, il existe également une offre importante en logement économique intra-muros comme dans Azzouzia ou encore El M’hamid. Dès le départ, Tamansourt a été conçue comme une véritable cité susceptible de remplir toutes les fonctions urbaines, administratives et économiques et attirer aussi bien des populations que des sociétés. D’autant plus qu’une zone offshore de 200 ha est en cours de réalisation. Elle devrait être opérationnelle en 2007. Avec le projet de doublement de la voie, Tamansourt sera à 5 mn de Marrakech. Qui dit mieux! Alors qu’à l’intérieur de la cité ocre le moindre déplacement prend plus de 20 mn à cause des problèmes de circulation.


Tourisme sexuel, tolérance zéro

Inévitable sujet. Capitale des jet-setters et des paillettes, Marrakech a aussi la réputation d’être une ville de sex-tourisme. Pour Chraïbi, aucune ville touristique n’échappe à ce phénomène, mais pour Marrakech, ce sont des cas isolés. «On ne tolérera jamais que la prostitution devienne un phénomène de société. Un important travail de sensibilisation est mené dans ce sens auprès des hôteliers, maisons d’hôtes... La vigilance est renforcée».


Pénurie d’eau

Difficile également de parler d’investissement sans évoquer les problèmes d’eau auxquels fera face Marrakech dans quelques années. «Pour l’eau potable, il n’y aura aucun souci, même en se projetant sur les 20 prochaines années. Le plus gros consommateur demeure l’agriculture. D’où l’idée de développer massivement la micro-irrigation, et faire muter le produit agricole, quitte à financer cette transformation par des projets inscrits dans le cadre de l’INDH», souligne Chraïbi.Pour le volet arrosage des golfs, les besoins sont un peu plus particuliers. La station de traitement des eaux usées qui sera opérationnelle avant 2008 ne pourra pas répondre à l’ensemble des besoins. «Avec cette station, la ville a, à peine, financé la dépollution. Par ailleurs, celle-ci est sise au nord alors que les prochains golfs seront au sud de la ville», indique le wali. Faut-il créer une station au sud ? En attendant, la Radeema va proposer une solution pour acheminer les eaux recyclées du nord au sud et ce, dès 2008. Et les investisseurs en terrains de golf vont mettre la main à la poche: ils devront payer 30 millions de DH/million de mm3.Propos recueillis par Badra BERRISSOULE 

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