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    Economie Internationale

    Les surprises de l'investissement étranger dans l'industrie

    Par L'Economiste | Edition N°:309 Le 18/12/1997 | Partager

    Un tiers de la production, un tiers des exportations et un tiers des emplois, tel est le poids de l'investissement industriel étranger au Maroc. Les données officielles viennent tordre le coup à maints apriori.


    Dans le domaine industriel, l'investissement étranger est plus développé qu'on ne veut bien le dire généralement. C'est ce que révèle une investigation du Ministère des Finances, du Commerce et de l'Industrie, réalisée sur l'exercice 1996. Il s'agit d'une consolidation qui prend en compte les investissements étrangers au prorata de leur part, de 1 à 100%, précise Mme Latifa Khadri, chef de la Division Statistiques et Documentation du MCI(1). En 1996, il y avait 1.036 entreprises industrielles avec une participation étrangère dans leur capital. «Elles ont drainé, indique le MCI, «17% des investissements industriels totaux».
    Ces entreprises sont plus grandes que la moyenne des entreprises installées au Maroc. Elles sont aussi plus internationalisées que la moyenne puisque à elles seules elles exportent pour 11 milliards de DH, soit le tiers des exportations industrielles totales. Prises globalement, les entreprises à participation étrangère n'ont donc plus le profil classique d'avant la libéralisation. Ce profil voulait que l'investissement industriel étranger s'oriente vers la satisfaction du marché local, lui-même protégé. L'enquête du MCI ne permet pas d'aller plus loin pour analyser l'évolution des objectifs des investissements étrangers au Maroc.

    Les entreprises à participation étrangère sont généralement plus grosses que les entreprises strictement marocaines. En revanche, et toujours prises globalement, elles ne sont pas beaucoup plus pourvoyeuses d'emplois que la moyenne. En effet, les entreprises à participations étrangères créent 33% des emplois dans l'industrie pour 32% de la production industrielle marocaine et 33% des exportations industrielles. L'investissement industriel étranger est plus capitalistique, toujours en moyenne, que l'investissement marocain: ce sont seulement 17% des capitaux investis qui créent 32% de la production industrielle.
    Pour l'exercice 1996, le rythme des investissements étrangers s'est nettement redressé par rapport aux années précédentes, mais la progression n'a pas encore retrouvé son rythme d'avant-1993. La progression de 1996 par rapport à 1995 a été de 14%, inférieure donc aux 18% du début des années 1990. Mais c'était mieux que les 10% de progression de 1993 par rapport à 1992 et le petit 5%, aux allures de condamnation, réalisée en 1994 par rapport à 1995. Les observateurs pensent que les déboires asiatiques rendront son attrait à la destination-Maroc.
    Si l'internationalisation des investissements industriels est bien réelle, en revanche les montants nominaux restent faibles par rapport aux performances d'autres pays comparables: 7 milliards de DH, environ 800 millions de Dollars.
    La faible profondeur du montant explique la variabilité d'une année sur l'autre des secteurs concernés. Un gros investissement sur une usine donnée transforme à lui seul le paysage statistique.
    Il y a néanmoins des tendances lourdes sur quinze ans. Le textile-bonneterie reste un domaine privilégié même s'il n'a plus tout à fait le haut du pavé. Leur taux de progression est plus lent que la moyenne. Même remarque pour l'agro-alimentaire. Les IMME (Industries Métallurgiques, Métalliques et Electriques) s'installent durablement avec 16% des investissements et un rythme de progression identique à la moyenne. La chimie-parachimie, n°1 en 1996, a en fait bénéficié d'investissements importants en volume mais réduits en nombre qui plus est sans doute exceptionnels.
    Les origines des investissements ne surprendront personne: Union Européenne et, au sein de l'UE, la France.
    Les investissements industriels viennent deux fois sur trois des pays de l'Union Européenne et quasi une fois sur deux de France.

    Nadia SALAH

    (1) Le MCI a rendu compte de ces travaux dans son bulletin MCI Conjoncture n° 12. La base est l'enquête annuelle sur les industries de transformation pour l'année 1996.

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