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Culture

Les stock-options rémunèrent-elles l’esprit d’entreprise?
Par le Pr. Mohammed GERMOUNI

Par L'Economiste | Edition N°:2693 Le 16/01/2008 | Partager

L’instauration du système de rémunération en forme d’option sur titres d’une société cotée en Bourse connaît un développement assez controversé dans différentes régions du monde. Il est apparu aux USA d’abord sous l’appellation de «stock-option» au cours des trois dernières décennies. Il se voulait, et il se veut encore, une réponse adaptée aux évolutions du monde des affaires, en vue d’encourager l’esprit d’entreprise. Les divers dysfonctionnements constatés ici et là, et les dérapages parfois graves qui l’ont accompagné, n’ont pas manqué de heurter diverses sensibilités. Sans aller jusqu’à condamner pour autant une pratique destinée d’abord à récompenser les talents uniques, la brèche ainsi ouverte autorise au moins à s’interroger sur les justifications d’un tel mécanisme d’intéressement.. Le prix de talents raresCe mode de rémunération devait représenter le prix à payer pour la rareté des talents de gestionnaires. Les dirigeants ordinaires se contentent de «simples hauts salaires». Aussi, la relation avec leur rendement effectif n’est pas toujours bien établie dans la pratique des entreprises, si ce n’est par simple mimétisme.Mais l’esprit d’entreprise où la capacité d’entreprendre est une notion relativement complexe à définir, car faisant appel à plusieurs disciplines des sciences sociales.Donc, récompenser un tel esprit ou l’encourager n’est pas chose aisée. Dans la pratique économique, l’acte de naissance de l’entrepreneur de type moderne se confond avec l’avènement de l’ère du «manager», le gestionnaire.Dans l’Europe du 17e siècle, la personnalité de l’entrepreneur était perçue par Locke, à titre d’exemple, comme un commerçant («merchant»), dans la mesure où le commerce faisait l’entreprise d’alors. Plus tard, les premiers économistes anglais des 18e et 19e siècles ont brossé le portait d’un donneur d’ordres, le «master», équivalent du «maâlem» marocain, mêlant qualification et rapports de respect, car ce type d’entrepreneur travaillait encore et le plus souvent avec ses propres ressources. Même un Karl Marx, d’habitude perspicace dans ses écrits, n’a pas jugé opportun de faire une distinction entre entrepreneur et «homme aux écus», comme il l’appelait, la détention du capital donnant aptitude aux affaires. Avec l’entreprise sociétaire, et surtout sa forme par actions, une scission se fait jour entre les actionnaires qui assument l’essentiel des risques sur leurs patrimoines d’une part, et la direction (managers) de l’entreprise d’autre part. On assiste ainsi à une diffusion quelque peu ambiguë de la fonction et de la qualité d’entrepreneur entre les différents membres de l’entreprise, la gestion pour les uns et le risque pour les autres. L’«activisme» a représenté, à son tour, un autre aspect pertinent pour caractériser quelques genres d’entrepreneurs, en différenciant le modèle «dynamique» auquel la plupart des entrepreneurs souhaiteraient être identifiés du cas ordinaire. Si celui-ci demeure fidèle aux indications du marché et des prix, calcule ses risques et défend une situation acquise, l’entrepreneur dynamique (schumpetérien), lui, domine le marché en courant les risques les plus étendus. D’aucuns n’ont pas manqué d’y voir un début de démantèlement de la fonction de l’entrepreneur, en en faisant un entrepreneur partiel qui perdrait son esprit de compétition, de concurrence et de dynamisme. D’autres, comme feu le professeur Raymond Barre, s’en sont quelque peu inquiétés en relevant ainsi une sorte d’«obsolescence», dès lors que l’«innovation» par exemple devenait l’apanage des seuls spécialistes. Le débat demeure toutefois ouvert quant au degré d’initiative et du niveau d’impact de la volonté pour qualifier l’entrepreneur nouveau et la forme pertinente de rémunération de ses qualités. Cependant, il n’en demeure pas moins certain que l’avenir de l’économie de marché sera lié au refus de la tentation du «fonctionnarisme».


Profits et stockoptions

La théorie économique a considéré les profits de deux manières, soit comme revenu de la propriété ou du capital, soit comme rémunération de l’entrepreneur. Quand la propriété et la qualité d’entrepreneur coïncident, comme c’est le cas dans une entreprise individuelle, il s’agit d’une situation où la relation est directe. Mais dans la pratique courante, il est pour le moins difficile d’identifier des rémunérations séparées pour la propriété, la gestion et la direction d’entreprise. D’un point de vue théorique, comme l’esprit d’entreprise n’a pas de coût spécifique, les talents d’entrepreneur incorporés dans une firme seront une source de profit jusqu’à ce que l’augmentation de l’offre de produits qu’il aura facilitée, diminue les prix et les profits.


Aux origines des stock-options

 

Le concept d’entrepreneur est facilement associé à la firme individuelle gérée par son propriétaire, comme dans le cas d’une entreprise qui n’a qu’un seul propriétaire. Dans le cas des sociétés par actions, le dirigeant ou le président, dont on engage les services, peut exercer certaines fonctions de l’entrepreneur, puisque le facteur qu’il représente incorpore un mélange de main d’œuvre qualifiée et d’esprit d’entreprise. Sa rémunération doit être considérée plus comme un profit que comme un salaire. Dans les faits, les plans de rémunération des dirigeants qui comprennent l’octroi d’actions ou une participation aux profits reflète cette caractéristique, en même temps qu’une tentative de l’entreprise concernée pour que ce facteur adopte davantage le comportement d’un entrepreneur qui sait prendre des risques pour plus de profits. Un plan de stock-options consiste donc en l’octroi par une entreprise à un de ses dirigeants de la faculté de bénéficier d’une option à souscrire gratuitement à l’acquisition de ses titres à un prix convenu, de façon à lui permettre de bénéficier des plus-values qui interviendront sur ce même titre, grâce notamment à sa contribution.


Esprit d’entreprise et innovation

 

C'est dans ce type de contexte par exemple qu’un éminent économiste américano-autrichien de la première moitié du siècle dernier, Joseph Schumpeter, a avancé l’idée pertinente que certains êtres humains ont des qualités inhabituelles d’entrepreneur. Ces qualités les conduisent à occuper des situations dominantes en introduisant des innovations économiques, en ouvrant de nouveaux marchés, en développant de nouveaux produits,en utilisant les facteurs de production de façon plus efficace et en trouvant de nouvelles sources de facteurs de production.


La capacité d’entreprendre, un autre facteur de production

 

L'anglais Alfred Marshall, prestigieux professeur de Cambridge au début du siècle dernier, a été un des premiers auteurs à considérer spécifiquement l’esprit d’entreprise comme un facteur de production, et l’entrepreneur comme pouvant prétendre au profit. Il a montré que ce type de compétence, comme les facteurs dont les services sont loués, tels le capital, la main d’œuvre et la terre, représente un coût pour l’entreprise. Sans entrepreneur, rassemblant et organisant ces facteurs de production, celle-ci serait pratiquement impossible. C’est ainsi qu’il a proposé l’hypothèse de l’existence d’un «esprit d’entreprise» pour expliquer les différences de capacités entre les êtres humains en charge de la conduite d’activités professionnelles.

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