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Marchés Financiers

Les socialistes veulent construire une gauche moderne

Par L'Economiste | Edition N°:636 Le 11/11/1999 | Partager



· L'alternance est une phase de transition nécessaire, selon M. Abderrahman Youssoufi
· MM. Lionel Jospin, Tony Blair, Gerhard Schroëder et Massimo D'Alema projettent une autre réunion pour approfondir la réflexion, mais cette fois avec le démocrate Bill Clinton


Les socialistes réunis à Paris pour le XXIème congrès de l'Internationale Socialiste (IS) ont choisi de minimiser leurs divergences pour mieux montrer leur objectif commun(1) . Ils militent pour la construction d'une "gauche moderne" capable de relever les défis de la mondialisation.
Ainsi, le texte de la "Déclaration de Paris" adoptée lundi dans la soirée, fait état de "relations critiques avec le capitalisme". Il réaffirme la nécessaire "régulation par l'Etat" du marché. Il fixe aussi quelques priorités concrètes telles que l'annulation de la dette des pays les plus pauvres, l'avancée vers un "droit d'ingérence pour raisons humanitaires" ou encore la réforme du Conseil de Sécurité de l'ONU.
Pas moins de onze premiers ministres assistaient à ce congrès, fort de quelque 180 délégations de partis ou organisations socialistes. Dans un discours lors de la réunion plénière, M. Abderrahman Youssoufi, vice-président de l'IS, a fait part de sa fierté d'avoir "répondu à l'appel de feu SM Hassan II pour être nommé à la tête du gouvernement", qualifiant le choix du processus d'alternance comme une "phase de transition nécessaire" pour le Maroc. "Nous sommes fiers d'avoir participé à une succession constitutionnelle et sereine, dans un cadre de stabilité, de consensus interne et de soutien extérieur", a-t-il ajouté. Le Maroc, à l'instar d'autres pays en développement, "est confronté a un double défi": la résolution des problèmes classiques du développement et l'insertion du Royaume dans la nouvelle société du XXIème siècle, a expliqué M. Youssoufi. Pour lui, le développement et la démocratie sont des objectifs indissociables.
Par ailleurs, le Premier ministre français Lionel Jospin a exprimé qu'un tel forum fait de l'IS "un pôle d'attraction remarquable". "C'est le seul courant de pensée et d'action qui puisse rassembler dans un esprit de libre discussion des personnalités, des partis, des mouvements aussi nombreux", a-t-il affirmé.
Le Britannique Tony Blair a défendu sa "troisième voie" entre libéralisme et socialisme, mais en prenant soin de ne pas froisser son homologue français Lionel Jospin qui réfute ce concept. Pour M. Blair, "la troisième voie est en réalité, la social-démocratie moderne" et "consiste à devenir les champions du changement", mais en gérant ce changement dans "un sens qui surmonte l'insécurité et libère les hommes". Il a évité d'évoquer le thème de la flexibilité qui déplaît aux socialistes français.
De son côté, le chancelier allemand Gerhard Schroëder, qui avait signé en juin dernier un manifeste d'inspiration social-libérale avec M. Blair, a mis en exergue l'accord, entre partis membres de l'IS, "sur les valeurs fondamentales qui nous sont communes par tradition".
Pour sa part, l'Italien Massimo D'Alema a affirmé que "la gauche ne saurait s'opposer au changement ou en avoir peur: elle doit le maîtriser, le diriger". Une gauche moderne ne peut se contenter de "défendre les droits conquis", a-t-il souligné, elle doit aussi "définir ce que seront les droits dont pourront bénéficier les prochaines générations".
Ces quatre dirigeants européens devraient, à l'invitation justement de M. D'Alema, à Florence le 21 novembre, prolonger la discussion sur la définition d'une gauche moderne, mais cette fois avec le démocrate Bill Clinton.

Hicham RAIQ (AFP & MAP)

(1) Cf notre édition d'hier (page 22)

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