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    Politique Internationale

    Les puissants de Casablanca

    Roman de Rida LAMRINI

    Par L'Economiste | Edition N°:585 Le 01/09/1999 | Partager

    53ème épisode
    Le fils de Yamani et son cousin sont convoqués

    Résumé des épisodes précédents
    L'inspecteur Bachir a bien mené son enquête. Il a acquis la certitude que Jamal Yamani et son cousin, s'ils ne sont pas les meurtriers, savent qui a tué la jeune fille dont le corps a été retrouvé dans le domaine du puissant homme d'affaires casablancais. Il vient d'exposer ses preuves à son chef, le commissaire Nasser, trop occupé par la campagne d'assainissement pour mener l'enquête lui-même. Bachir vient de demander la convocation de Jamal et de son cousin.

    Un long silence enveloppe les deux hommes, le commissaire Nasser et son subordonné. L'inspecteur Bachir sait qu'il est en train d'arracher une décision difficile à Nasser. Il veut convoquer Jamal, le fils de Yamani, et son cousin. Yamani et Talabi ne sont pas n'importe qui. Ce sont des hommes d'envergure politique et nationale. Des vocables derrière lesquels il est commode de se réfugier. Il suffit de qualifier une affaire de politique pour voir automatiquement des mains se tendre vers des parapluies qui n'en finissent pas de s'ouvrir. Et dans l'épais silence, Bachir devine les hésitations de son patron à s'embourber dans une affaire politique, à quelques années d'une retraite bien méritée.
    "Allez-y. Convoquez-les. Pour la perquisition, il faut que j'en parle d'abord au procureur."
    Bachir n'en demandait pas plus. Il ne cache pas sa jubilation. Ce commissaire n'a décidément pas froid aux yeux! Mais pourquoi des hommes de cette trempe sont-ils peu nombreux, songe-t-il ? Combien de fois a-t-il été freiné dans ses enquêtes par des patrons plus préoccupés d'éviter des remous à leurs carrières que d'accomplir leur devoir!
    "Merci de votre confiance, patron!", fait-il en s'apprêtant à prendre congé.
    Les deux hommes échangent un long regard qui en dit long sur la nature des rapports qui s'étaient instaurés entre eux. Ceux d'un vieux brisquard qui parraine les premiers pas d'un jeune loup dans la vie, d'un honnête homme à la longue expérience qui partage le bonheur du devoir bien accompli avec un jeune intrépide et ambitieux.
    Sans perdre de temps, aussi ému que s'il appuyait sur le détonateur d'une bombe nucléaire, Bachir envoie une convocation à comparaître au commissariat aux fils de deux hommes parmi les plus puissants du pays. Il a décidé que l'interrogatoire aura lieu cette fois-ci dans son territoire.
    Vers la fin de la matinée, à son grand étonnement, l'agent chargé de délivrer les convocations lui annonce que Jamal et Karim sont en voyage à l'étranger et que Yamani souhaite le voir à l'heure du déjeuner! Tout cela est étrange, songe Bachir.
    Le commissaire Nasser est conscient de l'importance de la démarche qu'il a autorisée. Et c'est sans surprise que, de retour à son bureau vers quinze heures, il aperçoit Bachir dans son secrétariat. Ce dernier ne lui laisse pas le temps de s'installer.
    "Jamal et son cousin sont en fuite à l'étranger et leurs parents veulent acheter notre silence! Je reviens de chez Yamani. Il m'a proposé, ni plus ni moins, de clore cette affaire. En échange, la banque prendrait en charge le remboursement du reliquat de mon emprunt immobilier et l'achat d'une voiture de mon choix ! Il m'a également précisé qu'il accéderait à toute demande qui émanerait de mes supérieurs!
    - Rien que ça? Et qu'avez-vous répondu inspecteur?
    - Que ni moi, ni mes supérieurs ne sommes à vendre!
    - Il a dû vous trouver bien naïf. Quelle pourriture! Ces gens s'imaginent qu'ils peuvent acheter le pays tout entier, que rien ne peut résister à leur volonté. Mais là, je crois qu'ils sont tombés sur un os. Vous êtes toujours avec moi, Bachir?
    - Sur toute la ligne commissaire!
    - Alors préparez immédiatement un rapport pour le procureur avec les chefs d'inculpation et une demande de mandat de perquisition. Nous allons arrêter ces deux jeunes gens. Et s'ils sont à l'étranger, nous saisirons Interpol."

    Prochain épisode, mercredi 1er septembre:
    Le procureur n'est pas convaincu


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