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    Politique Internationale

    Les puissants de Casablanca

    Par L'Economiste | Edition N°:599 Le 21/09/1999 | Partager

    Roman de Rida LAMRINI

    67ème épisode

    Le meurtrier est libre comme l'air!


    Résumé des épisodes précédents

    Le commissaire Nasser et l'inspecteur Bachir avaient rencontré de multiples résistances dans leur enquête. Mais ils avaient maintenant le meurtrier, Jamal Yamani, et son complice, Karim Talibi, quand brusquement les instructions sont tombées: abandonnez l'affaire! Les deux hommes ne peuvent plus être recherchés par la police, car la famille dit qu'ils sont à l'étranger! Nasser est dégoûté, Bachir révolté: ils savent parfaitement que les relations familiales des deux suspects ont joué pour bloquer les poursuites.


    L'inspecteur Bachir a compris le désarroi de Nasser, son patron. La tête baissée, les épaules courbées, la rage plein la poitrine, Bachir quitte la pièce en silence et se retire dans son bureau. Il claque violemment la porte après lui.
    Quelques minutes plus tard, trois hommes en colère, désespérément impuissants, quittent l'hôtel de police. En silence. Les épaules courbées. Les yeux perdus dans des horizons embués. Instinctivement, Bachir, Amine et Ba Lahcen, venus apporter la lettre de Aïcha qui désigne les coupables, se sentent unis dans une sourde révolte. Ils éprouvent le besoin de rester ensemble quelques moments. Sans but précis, ils font quelques pas dans le voisinage.
    Soudain, Bachir aperçoit une Lancia rouge décapotable. Comme piqué par une guêpe, il s'exclame :
    "Mais je connais le conducteur de cette voiture! C'est Jamal! Le fils de Yamani! On m'a dit qu'il est à l'étranger!".
    Ba Lahcen se fige. Il est happé vers le jour où, au moment de traverser la rue, son regard avait été attiré par celui d'un jeune homme au volant d'une voiture de sport rouge. Celle-là même! Ce jour-là, Ba Lahcen avait été embarqué dans une rafle de police pour un séjour forcé de trois nuits en prison. Sans raison. Aujourd'hui, ce même garçon est là devant lui. Libre. Au lieu d'être en prison pour le meurtre d'une amie de sa fille!
    Sous le poids des regards posés sur lui, Jamal se retourne. Ses yeux croisent ceux de Ba Lahcen et de Bachir. Il les fixe longuement. Brusquement, il se détourne, appuie sur l'accélérateur et fonce en trombe. Il s'enfuyait.

    L'aéroport de Casablanca est bondé. Combien parmi ces voyageurs envisagent-ils de partir, comme lui, sans billet de retour, se demande Amine, le jeune négociant, au fond de lui-même? Une main se pose sur son épaule. Il se retourne. C'est Youssef, son ami journaliste. Il est tout haletant.
    "Alors, c'est décidé? Tu t'en vas? demande-t-il".
    Amine hoche lentement la tête.
    "J'ai appelé chez toi. J'ai couru à l'aéroport dès que ta femme m'a appris que tu prenais le vol aujourd'hui pour le Canada. Je voulais te voir avant ton départ. Elle m'a dit qu'en principe elle et les enfants te rejoindront à la fin de l'année scolaire".
    Amine est visiblement désabusé: les ennuis que lui a fait la campagne d'assainissement lui ont montré que le commerce loyal n'est pas pour demain, que les recours et les interventions occultes sont encore puissants. Et maintenant, ce sont les poursuites contre un meurtrier qui sont abandonnées!. Une grande tristesse embue ses yeux. Youssef est désarmé.
    "Ma femme n'est pas d'accord avec ma décision. Pour le moment, je vais en voyage d'affaires, puis j'aviserai sur place.
    - Elle m'a raconté tes problèmes avec la Brigade de Répression des Fraudes. Elle m'a aussi parlé de ce que tu as fait pour ce pauvre Ba Lahcen, du classement de l'affaire Yamani et de ta profonde déception. Comment pouvais-je deviner? Tu n'as plus donné signe de vie depuis un moment. Moi-même j'étais occupé avec mes enquêtes sur la campagne d'assainissement. Pourquoi ne m'en as-tu pas parlé? Ce genre d'affaires intéresse mon journal.


    Avertissement


    Malgré la grande familiarité avec la vie casablancaise et le monde du petit commerce ou de la grande finance, les événements et a fortiori les personnages de ce roman sont parfaitement fictifs. Le lecteur qui croirait reconnaître un ami, un ennemi ou une relation d'affaires ferait fausse route.
    Pour ceux qui voudraient contacter M. Lamrini: [email protected]

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