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Politique Internationale

Les puissants de Casablanca

Par L'Economiste | Edition N°:593 Le 13/09/1999 | Partager

Roman de Rida LAMRINI

61ème épisode

Rapport de forces entre pouvoirs occultes


Résumé des épisode précédents
Pour se sortir du piège que lui ont tendu ses concurrents, via la campagne d'assainissement, le jeune négociant en thé Amine vient d'obtenir l'intervention d'un vieil ami. Ce dernier, Abdellatif, a des entrées dans tous les cercles de pouvoir, sans en avoir jamais tiré un profit personnel. Il a conseillé à Amine de reprendre ses démarches, de préparer sa défense, comme le lui avait déjà recommandé l'avocat. Dans la bonne tradition féodale, Abdellatif a promis de «s'occuper du reste». Amine retourne donc voir le patron de la Brigade de Répression des Fraudes, qui visiblement a déjà eu vent des démarches d'Amine, démarches qu'il n'apprécie pas du tout.


Entre le chef de Brigade et Amine, pas un mot vrai ne s'échange. La brutale réalité passe par l'affrontement des regards, car chacun sait parfaitement ce qui est en train de se passer: un rapport de forces qui vient des profondeurs archaïques du Maroc et où l'un comme l'autre des acteurs, le fonctionnaire et le négociant, jouent son avenir.
"Ne comprends-tu pas, jeune inconscient, disent silencieusement les yeux du fonctionnaire, que je suis l'autorité et que tu n'es rien? Je peux t'écraser par un ordre ou une simple signature? Epargne-toi des tracas. Il y a d'autres manières de régler les problèmes. Fais comme les autres. Etale-toi, sinon tu finiras comme ceux qui ont osé se dresser sur mon chemin.
- Je sais, répondent les yeux d'Amine, que tu détiens le pouvoir. J'ai peu de voies de recours face à tes caprices de potentat. Au lieu de nous servir, nous les citoyens, nous sommes là, à ta merci. Je sais que c'est le combat du pot de terre contre le pot de fer. Mais je ne me courberai pas. J'ai des principes. Je ne soudoierai personne. Je me défendrai et je triompherai. J'ai le droit avec moi. Je crois en Dieu et j'ai foi en Son Infinie Sagesse. Et Dieu est avec moi. Parce qu'il est du côté des victimes et qu'il n'aime pas l'injustice!".

De ce face-à-face surréaliste, le fonctionnaire se désengage le premier. Il ne supporte plus le regard d'Amine. Il poursuit son chemin et laisse tomber:
"Voulez-vous déposer votre écrit à mon secrétariat. Nous aviserons sur la suite à lui donner".
Habité par l'énergie du désespoir, Amine frémit intérieurement. Il a décelé que le maître des lieux a perdu de sa superbe. Un espoir naissant le réanime. Le pas soudainement léger, il pénètre chez la secrétaire et lui remet le document. Elle le regarde de façon appuyée et lui fait avec un sourire énigmatique:
"Monsieur Amine, vous voulez régler votre problème? Allez voir Belahmar, le grand grossiste de thé à Derb Omar.
- Je ne comprends pas. Vous voulez dire que Belahmar est pour quelque chose dans ce qui m'arrive?». Amine n'est pas aussi surpris qu'il le montre. Ses employés lui ont déjà dit hier que Belahamar aurait payé pour que l'enquête soit orientée et qu'elle découvre le problème de poids manquant dans les cartons.
«Il est l'ami du patron, rétorque la secrétaire. Vous m'êtes sympathique et je ne peux vous en dire plus".

Elle baisse aussitôt les yeux et se replonge dans son courrier. Amine est interloqué par cette invitation inattendue. Voilà que cette dame, plutôt sympathique dans ce milieu hostile, lui suggère de régler le problème en dehors du circuit administratif! Belahmar est-il puissant à ce point? S'agit-il d'une manuvre dont il ne saisit pas la subtilité?
De retour à son bureau, son premier réflexe est de demander après les appels. Un seul l'intéresse. Celui de Abdellatif, ce vieil ami fonctionnaire à Rabat qui est intervenu pour aider Amine à sortir du piège. En effet, il a appelé. Amine compose fébrilement le numéro d'Abdellatif.
"Ecoute, Amine. Calme-toi. J'ai eu le chef de la Brigade cet après-midi vers quinze heures. Je lui ai longuement parlé de toi. Je lui ai décrit ton parcours professionnel. Je lui ai clairement indiqué que tu n'es pas n'importe qui. Que tu ne te laisseras pas faire. Et surtout que s'il veut entreprendre une quelconque procédure à ton encontre, il a intérêt à ce que son dossier soit bien ficelé, autrement l'affaire prendrait d'autres proportions. Je lui ai bien fait comprendre que je suis prêt à en toucher un mot à qui de droit. Je pense qu'il a compris le message. Alors rassure-toi. Les choses vont maintenant rentrer dans l'ordre. De toute façon, je continue à suivre cette affaire".

Prochain épisode, lundi 13 septembre:

Amine est obligé de revenir vers sa corporation




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