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    Economie

    Les producteurs de granulats s'organisent

    Par L'Economiste | Edition N°:71 Le 18/03/1993 | Partager

    l'Association Marocaine des Producteurs de Granulats souhaite revaloriser sa profession. Deuxième industrie extractive du pays, après les phosphates, ce secteur appelle les pouvoirs publics à réexaminer son cadre réglementaire, porte ouverte à la concurrence sauvage, aux ventes informelles comme aux nuisances à l'environnement.

    Perdus dans le maquis d'un code de procédures minières, dont les textes les plus "frais" remonteraient à 1954, les producteurs de granulats se cherchent un ministère de tutelle, comme une réglementation ad-hoc. Méconnu, ce secteur affiche pourtant un rôle économique certain:

    "Deuxième industrie extractive du pays, la production de granulats emploie en permanence 30.000 personnes pour un chiffre d'affaires annuel d'environ 4 milliards de Dirhams", estime M. Mohamed Menni, ingénieur, dirigeant de sociétés et président de l'AMPG (Association Marocaine des Producteurs de Granulats).

    Atteintes à l'environnement

    Avec une trentaine d'industriels dans ses rangs, cette jeune association, fondée en mai dernier et affiliée à la Fédération du Bâtiment et des Travaux Publics, représente le quart de la production marocaine de granulats, soit environ 20 millions de tonnes d'agrégats extraits par an.

    "Au total, poursuit M. Menni, la profession recenserait environ 500 opérateurs".

    Mais, l'atomisation aidant, les ventes informelles comme les atteintes répétées à l'environnement auraient tendances à se développer, selon l'AMPG.

    D'où ses récentes recommandations en 8 points à l'attention des pouvoirs publics.

    En fait, le "programme" de l'AMPG, pour faire de la production de granulats une "industrie à part entière" est aussi vaste qu'ambitieux, puisqu'il s'agit de "toiletter" la plupart des aspects réglementaires en vigueur, à commencer par l'encadrement administratif de la profession.

    En effet, travail du sous-sol et maniement de l'explosif obligent, les multiples facettes de l'activité d'extracteur de granulats ressortent des compétences de différents ministères, de l'Intérieur aux Mines. "Un système de guichet unique pourrait déjà permettre la mise en place d'une réglementation plus précise pour l'exercice de la profession, notamment en matière d'autorisations d'exploitation et d'homogénéité de conditions de locations des terrains", estime M. Menni. Selon l'AMPG, les tarifs de locations des sites appartenant à l'Etat, souvent laissés à l'appréciation des collectivités locales, font apparaître des situations très disparates. "Il en résulte des prix et taxes variant du simple au triple suivant où l'on se positionne sur territoire", poursuit le dirigeant.

    Les ventes au noir

    De même, dans un souci de cohérence de l'offre, I'AMPG émet le voeu que soit rapidement adoptée une série de normes visant tant l'extraction, la production que le transport, la commercialisation ou l'utilisation des produits de carrières. Outre un frein aux ventes "au noir", il s'agit aussi au travers de cette revendication de l'AMPG de faire cesser des pratiques nuisibles à l'environnement. "Aujourd'hui, certains professionnels, pour des raisons de coûts, continuent à prélever du sable sur les plages ou les dunes avec les conséquences que l'on imagine sur l'environnement. Or, depuis 1976, le Ministère des Travaux Publics tente d'enrayer ce phénomène. Ses équipes ont d'ailleurs démontré la faisabilité technico-économique de sables de concassage. Les opérateurs les plus sérieux ont suivi, mais les prélèvements massifs sur le littoral se poursuivent", constate M. Menni.

    Plan d'occupation des sols

    En parallèle, l'AMPG met en avant l'urgence de la mise en place d'un cortège de mesures d'encouragements efficaces pour le développement des investissements industriels. A ce titre, elle insiste notamment sur la définition d'un plan d'occupation des sols pour les gisements reconnus et l'obligation pour les sociétés étrangères adjudicataires de marchés publics de se fournir en granulats auprès des sociétés marocaines spécialisées. "En effet, de tels marchés constituent une opportunité de développement pour une industrie nationale extractive de haute qualité répondant aux normes internationales en la matière", assure M. Menni.

    Enfin, l'AMPG insiste notamment sur la nécessité d'adapter aux spécificités de la profession certaines dispositions du code des investissements. Actuellement, toujours selon cette association, les industriels auraient, par exemple, à supporter seuls les frais liés à l'accès aux sites et souffriraient de difficultés de raccordement au réseau électrique de l'ONE.

    "Par nature, l'exploitation des carrières affiche un caractère capitalistique, or, elle ne bénéficie d'aucun avantage lié à cette particularité", conclut M. Menni.

    C.M.

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