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Economie

Les principes économiques du nouveau ministre des Finances

Par L'Economiste | Edition N°:179 Le 11/05/1995 | Partager

Orthodoxie du bon sens. C'est l'expression qu'il faudra retenir pour définir la politique économique se dessinant à travers les propos du nouveau ministre des Finances et des Investissements extérieurs, M. Mohamed Kabbaj. Vocabulaire simple, exemples de la vie de tous les jours, ce fort en thème n'aime pas que l'on se serve de mots savants pour impressionner les gens et les amener là où ils ne veulent pas aller. Il bouleverse les termes d'analyse sur le déficit budgétaire, qui reste la clef de la politique économique.


- L'Economiste: Allez-vous faire un programme de relance pour sortir du marasme ambiant?
- M. Mohamed Kabbaj: Nous sommes en train de préciser les termes de la politique économique qui a été présentée par le Premier Ministre lors du discours d'investiture. Fin juin, le gouvernement sera en mesure de présenter ce programme. Il respectera les objectifs de la déclaration gouvernementale, c'est-à-dire sauvegarder les grands équilibres budgétaires, et cherchera à pallier les effets de la sécheresse.

- A quel niveau, les grands équilibres?
- A celui de l'année dernière, avec un déficit budgétaire de 3,5% du PIB. Nous espérons ne pas nous éloigner de ce ratio, bien que les risques de déraper existent. En effet, les hypothèses de base de la Loi de Finances 1995 ne se vérifient pas. Le Budget était bâti sur deux hypothèses de croissance, 2,5 ou 5% . Nous sommes loin du compte, puisque nous allons vers des résultats catastrophiques en agriculture. Avec une récolte qui sera peut-être inférieure à 20 millions de quintaux, et tout en cherchant à dynamiser l'économie, on ne peut pourtant pas s'appuyer uniquement sur des mesures budgétaires.

Déficit aujourd'hui, difficultés demain

- C'est pourtant un moyen simple, réclamé par beaucoup d'hommes politiques.
- Vouloir traiter nos problèmes par le déficit budgétaire, c'est nous préparer un avenir de grandes difficultés. C'est une question de bon sens. Le maximum qui peut être admis est de l'ordre de 3,5%. C'est vraiment un maximum, car nous avons un passé, voire un passif, dans ce domaine. Il serait imprudent de se lancer dans un emprunt sur les marchés financiers étrangers, car nous estimons que notre dette extérieure est déjà suffisamment lourde et qu'il ne faut donc pas l'accroître. Nous allons certainement être obligés de recourir au marché intérieur dans des proportions un peu plus larges que nous l'espérions au début de l'année.

- Y aura-t-il des conséquences sur le marché financier, sur les taux d'intérêt?
- Je ne crois pas, car nous surveillons les taux. La détente qui existe ne sera pas remise en cause, car nous modulerons nos appels sur le comportement du marché. Pour nous, il est primordial de laisser au privé les moyens financiers de sa croissance. On ne peut pas lui demander d'un côté d'être la locomotive de la croissance et de l'autre lui retirer les moyens de son rôle.

- La situation économique du Maroc vous fait-elle redouter le départ d'investisseurs étrangers en bourse?
- D'après les informations que nous avons, les prises de bénéfices sur la Bourse ont essentiellement donné lieu à d'autres placements au Maroc, et de toute manière chacun est libre de faire ce qu'il veut avec son argent. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que les fonds étrangers d'investissements ne se comportent pas comme vous et moi qui gardons le plus longtemps possible le peu d'actions que nous achetons. Ces fonds ne font que leur travail en se déplaçant constamment. Ce qui compte pour nous, c'est de maintenir une politique budgétaire raisonnable, pour le bien de tous.

Evaluation budgétaire pour l'année en cours

- Loi rectificative ou dotations réservées, pour adapter le Budget à la situation?
- Ni l'un ni l'autre, du moins pas de dotation réservée pour l'instant, puisque nous devons d'abord voir l'état d'exécution du budget, le rythme de recouvrement des recettes, avant de décider si nous avons vraiment besoin d'un ajustement et quelle forme il devra prendre. En fait, nos investigations portent aussi sur les projections de 1996 et 1997. En effet, si vous avez cette année un déficit, il faut au moins savoir comment vous allez le rattraper l'année ou les années suivantes. Vers la fin juin, nous pourrons dire si nous sommes obligés de prendre des mesures contraignantes.

- Allez-vous maintenir l'option de ne pas renouveler les postes budgétaires rendus vacants?
- La Loi de Finances en cours retient l'option de garder disponibles les postes de fonctionnaires devenus vacants et redéployés dans d'autres départements. Le Parlement avait amendé dans ce sens la proposition de supprimer ces postes. En réalité, nous devrions remettre chaque année le Budget à zéro, pour les postes mais aussi pour n'importe quelle dépense. Les techniques changent, les méthodes évoluent et même les objectifs se transforment. Tout le monde sait que la productivité s'améliore et qu'en plus il est impératif d'aller dans ce sens. Alors pourquoi imposer à un secteur du pays, aussi important que le sont les administrations, de rester figé sur des méthodes anciennes, sous prétexte de techniques budgétaires qui n'en sont pas. Beaucoup de fonctions de l'Etat ont déjà changé et cela va continuer. Il nous paraît qu'une bonne méthode pour suivre ces changements est de toujours remettre le Budget à zéro en le préparant. Cela nous permettrait de poser la question, pour le fonctionnement et pour l'équipement, de savoir si telle dépense est vraiment nécessaire. Il ne devrait plus y avoir de report automatique, même dans le cas où un programme est déjà engagé. Il faut chaque fois se reposer la question de savoir si cela vaut la peine de continuer. En réalité, il y a souvent des programmes engagés que l'on traîne d'année en année et qui se perdent dans les sables comme le Draâ, à cause des reports automatiques.

Débudgétisation ou viol du Budget?

- Est-ce que vous voulez auditer le stock de projets?
- Auditer? Peut-être pas, mais en tout cas, avec une remise à zéro, nous nous poserions la question de savoir si c'est toujours intéressant de faire le projet.

- Allez-vous maintenir l'option de "débudgétiser" certaines dépenses publiques?
- A condition que ce soit une vraie débudgétisation, oui. Mais pour que celle-ci soit vraie, il faut qu'il y ait des ressources en face des dépenses. Or, il s'est vu des cas où l'on n'a qu'une apparence d'autonomie, sans recettes sérieuses et pérennes en face. Cela s'est produit spécialement dans des entreprises publiques qui vous disaient qu'elles n'avaient pas besoin du Budget alors qu'elles empruntaient, comme l'ONCF, en sachant qu'elles ne pourraient pas rembourser. C'est le Trésor, donc le contribuable, qui doit payer. Ce n'est pas une débudgétisation, c'est un viol du Budget. Malheureusement, ce type de comportement engendre, maintenant et encore plus dans l'avenir, des dépenses énormes pour le Trésor. Je dois dire que c'est notre principale source de problèmes.

- Dois-je comprendre que vous ne rétablirez pas le système de garantie par l'Etat des emprunts d'entreprises publiques?
- En tout cas avec prudence, car il n'est pas question de s'engager en aveugle sur des projets dont la rentabilité n'est pas assurée. Nous ne sommes pas prêts à donner des garanties qui sont en réalité une inscription budgétaire déguisée, reportée dans le temps. Il faut que les choses soient claires et que le payeur final soit conscient qu'on va le faire payer, et non pas qu'on lui présente la facture, des années après, sans le prévenir.

- Il se dit souvent que les acteurs, les entreprises et les banques, ne sont pas mûrs pour le marché financier. Est-ce votre sentiment?
- C'est toujours ce qu'on dit. Mais la réforme du marché est bien lancée, et elle continue. Nous nous apprêtons à lancer les textes d'application sur les titres de créances négociables, pièce majeure du nouveau système. Le public pourra se servir de ces titres et s'en trouvera encouragé, puisqu'il aura en même temps la perspective de gain sur ces titres et la possibilité de les liquider facilement. C'est ce que les gens veulent.

Propos recueillis par Nadia SALAH

N.B.: M. Mohamed Kabbaj a fait, avec les cadres du Ministère des Finances et des Investissements extérieurs, un diagnostic du fonctionnement de ce département. Une réforme en profondeur se dessine quant aux méthodes de travail. L'Economiste publiera dans son édition du 18 mai 1995 les analyses du ministre concernant cette réforme.


M. Kabbaj et la repolitisation gouvernementale

L'adhésion de M. Mohamed Kabbaj au parti de l'Union Constitutionnelle avait surpris: sa réputation de technicien allait mal à l'image des partis politiques et de celui-là particulièrement. C'est pourtant sous cette étiquette qu'il a été élu à la Chambre des Représentants. Il ne la renie pas, au contraire. Mais peut-être son expérience restera comme le démarrage de la repolitisation des gouvernements marocains: apporter de la technique au politique.

- Vous êtes le premier des ministres des Finances de l'époque contemporaine à appartenir à un parti politique, l'Union Constitutionnelle, alors que les ministres des Finances ont pris l'habitude, sinon de faire, au moins d'influencer fortement la politique économique de tout le gouvernement. Qui fait la politique économique de ce gouvernement?

- Elle se fait au niveau du Premier Ministre, bien sûr. Tous les ministres y participent.

- Mais est-ce que l'UC, si tant est qu'elle ait un vrai programme, a une influence, à travers vous?

. Elle a un programme. Vous savez, nous ne sommes pas encore à l'époque où l'opinion publique, par ses questions pratiques, finit par pousser les partis politiques à clarifier leurs options économiques, à les préciser et à les chiffrer dans le détail. Cela viendra certainement, mais pour l'instant, les partis se contentent d'idées et de principes généraux, sans entrer dans le plan d'action. Ce sont ces principes qui ont orienté la politique actuelle. La déclaration du gouvernement s'est d'ailleurs inspirée des principes du parti, principes qui ont été exposés au Premier Ministre.

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