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    Economie

    Les premiers resultas 1995 : Les banques renouent avec les bons résultats

    Par L'Economiste | Edition N°:223 Le 28/03/1996 | Partager

    Année plutôt faste pour les banques. Les premiers résultats indiquent que la plupart ont engrangé de bons résultats. Une gestion rigoureuse et des provisions moins pesantes ont été à l'origine de cette situation. En revanche, les entreprises réclament plus de concurrence pour bénéficier des meilleures conditions de financement.


    En dépit de la sécheresse qui a fortement contribué au recul du PIB (-6,5% par rapport à 1994), l'année 1995 a été apparemment fertile pour le secteur bancaire. C'est du moins ce qui ressort des premiers résultats provisoires de quelques institutions cotées en bourse. La BMCE a enregistré un résultat net en hausse de 19%. Celui de Wafabank a grimpé d'un peu plus de 14% contre une quasi-stagnation au cours de l'année précédente. Quant aux bénéfices de la BCM, ils se sont accrus de 17,6% à 518,3 millions de Dirhams. Uniban a pour sa part ramené sa perte à 27,2 millions de Dirhams contre 43 millions une année plus tôt. Elle espère même atteindre l'équilibre à la fin de l'exercice en cours. Bex Maroc, un établissement non coté à la Bourse de Casablanca a dégagé un petit profit de 1,3 million de Dirhams pour son premier exercice. En revanche, la BNDE a accusé une nette régression de son bénéfice brut: 76,7 millions de Dirhams au lieu de 166 millions en 1994. Cependant, l'essentiel du secteur devrait connaître une évolution positive, estime-t-on dans les milieux financiers. La rentabilité des fonds propres avant distribution des bénéfices se maintient pour la plupart au-dessus de 10%. Elle est de 11,6% pour Wafabank, 10,6% pour la BMCE et 15% pour la BCM.

    Rétrécissement des marges

    Cette bonne moisson suit deux années durant lesquelles la croissance des résultats n'a pas été fulgurante. Outre la baisse des taux d'intérêt intervenue au début de l'année 1994, les provisions avaient sensiblement pesé sur les comptes d'exploitation. Le Fisc avait même montré une certaine nervosité face à la baisse des résultats, considérant que les banques avaient dissimulé une partie des bénéfices en allant plus loin que les textes définissant le provisionnement des créances en souffrance.
    Le raffermissement de cette année, durant laquelle les entreprises ont souffert de la morosité, est expliqué comme le résultat d'une gestion rigoureuse. Les banques ont en effet cherché à contenir leurs charges dans une "limite raisonnable" tout en essayant de combler le rétrécissement de leur marge par les commissions. Autre élément important, l'activité s'est nettement maintenue en hausse. Dans le sillage des crédits à l'économie qui ont progressé de 15% par rapport à 1994 à 91,4 milliards de Dirhams, les prêts accordés par les banques de dépôts ont progressé de 16,1% sur la même période, passant de 70,4 milliards de Dirhams à près de 81,8 milliards. La forte augmentation des crédits à l'économie et par delà celui des concours bancaires est imputée au resserrement de la trésorerie des entreprises, lequel est lié au retard dans le recouvrement des créances vis-à-vis du secteur public. Par ailleurs, les conditions de distribution du crédit avaient été assouplies dès 1994 et certains emplois obligatoires supprimés. Comme de coutume, l'intervention des banques est cependant cristallisée sur le court terme. Le gouverneur de Bank Al-Maghrib avait annoncé, lors de la dernière réunion du CNME (Conseil National de la Monnaie et de l'Epargne), que ces concours "ont continué de représenter 80% des engagements bancaires". La nature des ressources qui, globalement, ont continué de progresser, explique certainement cette situation. Pour autant, les banques sont souvent accusées de frilosité et "se gardent de prendre des risques inhérents au métier", se plaint le responsable financier d'une entreprise. Il estime par ailleurs que la situation sera telle tant qu'il n'y aura pas une réelle concurrence.

    Concurrence après les réformes

    En pratique, les règles du jeu sont déjà définies. Les taux d'intérêts débiteurs sont libéralisés suite à la suppression des taux plafond. Les emplois obligatoires sont ramenés de 20 à 15% de manière à accroître la rentabilité. Mais les banques désertent le terrain et sous la houlette du GPBM, font cause commune en s'alignant sur les mêmes taux de référence (9,75% pour le court terme, 10,50% pour le moyen terme, 11,25% pour le long terme et 8,75% pour le crédit export). Explication d'un banquier: il est prématuré de parler de concurrence. "La libéralisation des taux plafond ne peut à elle seule entraîner la loi du marché". Il reste encore des dispositions à mettre au clair, entre autres la libéralisation des commissions bancaires, l'instauration du marché des changes, l'organisation du marché secondaire des certificats de dépôt, poursuit-il. Et d'indiquer que le statu quo se maintiendra "jusqu'à ce que deux ou trois banques transgressent les accords tacites". Il table toutefois sur une période de deux à trois mois pour qu'un début de concurrence s'installe.
    En attendant, le printemps se maintient et le Fisc ne regrettera pas d'avoir misé sur sa "vache à lait" en fixant à 36% le taux de l'IS pour le secteur bancaire (Loi de Finances 1996) au lieu de 35% pour les autres entreprises.

    Alié Dior Ndour.


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