×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Politique Internationale

Les points brûlants de la politique mais aussi les films-références si rarement projetés : Les soirées italiennes sur 2MI

Par L'Economiste | Edition N°:83 Le 10/06/1993 | Partager

Durant deux semaines, du 7 au 19 juin, 2MI réglera ses programmes à l'heure italienne. Pendant quinze jours, la Péninsule sera présente à travers son sport, sa culture, son cinéma, sa cuisine... Cela, sans oublier Madonna, la star la plus narcissique de la planète. 2MI consacrera une émission spéciale à la Betty Boop décolorée, une vamp au nom religieux, qui dit des gros mots.

Le voyage italien commence par le portrait du juge Falcone, l'incorruptible magistrat, abattu à Palerme par la Mafia le 23 mai 1992. Cet homme symbolisait la résistance au crime organisé en Sicile et en Italie. Sa mort a secoué les esprits et mis en branle la classe politique italienne, et surtout les citoyens. Entre vaincre ou mourir, le juge Falcone a bâti son existence sur le péril.

La musique italienne dévoilera les "meilleurs", dont Luciano Pavarotti. Chanteur d'opéra, il est devenu un monument de la musique, le "cantateur de tous les temps".

Le cinéma italien sera présent à travers des chefs-d'oeuvres de Francis Ford Coppola ("le Parrain I"), Luchino Visconti ("Le guépard"), Sergio Leone ("Il était une fois dans l'ouest"), ou encore de Vittorio de Sica et son célèbre "voleur de bicyclettes".

Aujourd'hui, le cinéma italien connaît une importante crise. Avec 114 films en 1992 (117 en 1989), la production s'est certes redressée par rapport au gouffre de 1982 (89 films produits), mais on est loin des 230 films réalisés à l'aube des années 70. Les investissements cinématographiques ont baissé de 82 milliards de Lires, et seuls 24 films sur les 114 produits ont eu des recettes supérieures à leur coût.

L'écoulement de la production entraînera la fermeture de la moitié des entreprises techniques

Selon la Fédération du Cinéma Italien (ANICA), le chiffre d'affaires de l'audiovisuel, cinéma, télévision et vidéo confondus, s'élève à plus de 6.000 milliards de Lires. L'Italie qui possède l'industrie audiovisuelle la plus développée d'Europe ne consacre que 10% de son chiffre d'affaires à la création.

De plus, le nombre des salles continue à diminuer pour atteindre 3.500 en 1989, 2.500 en 1992 contre 5.628, cinq ans auparavant. Le nombre des spectateurs suit évidemment la même courbe fatale: 525 millions en 1970, 241 millions en 1980 et seulement 95 millions en 1989.

23% des recettes

Dans les années 60, 700 à 800 millions de billets étaient vendus, dont la moitié pour des films italiens. Aujourd'hui, sur 100 millions au total, seuls 20 millions de billets sont vendus pour les films italiens. Cela représente prés de 80% de baisse en trente ans.

Les Romains, les Milanais et les habitants des autres villes continuent toutefois à prendre le chemin des salles obscures, mais ils ne se bousculent que pour les "Batman" ou autres productions américaines.

Les films américains dominent ainsi majoritairement le box office et les oeuvres italiennes ne représentent que 23% des recettes en salle. Près de 350 films ont été importés en 1992 de l'étranger, dont 228 des USA et 38 de France.

Boudés par le public, les films italiens, lorsqu'ils sortent, ne parviennent à tenir l'affiche que quelques jours. A Cinecitta, qui a connu ses heures de gloire, il ne reste plus que des studios sinistrement déserts.

L'absence d'une véritable loi d'aide au cinéma et la suppression, depuis le référendum du 18 avril 1993, du Ministère du Spectacle et du Tourisme ne vont pas améliorer les perspectives pour 1993.

Même sur le petit écran, qui diffuse plus de 5.000 films par an, "Rambo" arrive largement en tête de succès en audience. tandis que les plus grands succès italiens n'apparaissent qu'à la centième place.

Histoire d'un cinéma à part

La première maison de production cinématographique italienne fut créée à Turin en 1904. Un an plus tard, fut fondée à Rome la "Cines", qui allait devenir la plus importante firme italienne. En 1932, le régime fasciste soutint officiellement l'industrie cinématographique italienne quasi moribonde. Trois ans plus tard furent créés les gigantesques studios de Cinecitta.

La production commerciale, qui s'intensifia jusqu'en 1942, exploita plusieurs thèmes: les films dramatiques ou comiques, les films historiques et les comédies légères.

La même année, Luchino Visconti réalise son premier film qui annoncera le néo-réalisme. Après la seconde Guerre Mondiale, les cinéastes, réduits à une technique d'amateurs et à des acteurs non professionnels, témoignèrent de la misère de leur pays.

Le néo-réalisme apportait une sensibilité toute nouvelle qui allait influencer durablement le cinéma européen.

Vers les années 50, les producteurs et les réalisateurs se dirigèrent vers un cinéma plus commercial où la rigueur néo-réaliste fut oubliée. Des actrices comme Sophia Loren ou Gina Lolobrigida régnèrent longtemps sur ce genre.

A partir des années 60, de jeunes réalisateurs créèrent un nouveau courant que certains critiques définirent comme le "second néo-réalisme". A la différence de leurs aînés, ils se situèrent en marge de la production commerciale courante. Ils cherchèrent non seulement à raconter un drame ou à décrire un lieu, mais à exposer les réactions de leur sensibilité ou leur opinion. Le cinéma des années 60 fut dominé par des comédies qui surent concilier la volonté de plaire avec la finesse psychologique. Il en est ainsi de "Divorce à l'italienne", "Le Pigeon", "Pain, Amour et Fantaisie"...

A Cinecitta, les films historiques continuèrent à faire recette. Mais de plus en plus, vers les années 70, le public préféra le film fantastique et les célèbres "westerns spaghettis" (opposés aux westerns américains moralisateurs) dont Sergio Leone réalisa les meilleurs.

M.O.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc