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    Economie

    Les pauvres se marient plus tôt et font plus d'enfants

    Par L'Economiste | Edition N°:452 Le 26/02/1999 | Partager

    C'est pour faire face aux incertitudes de l'avenir que les Marocaines les plus pauvres font beaucoup d'enfants. Des démographes et des spécialistes se sont réunis pour tenter de comprendre les liens entre la pauvreté et les comportements de la population.

    Plus les Marocains sont pauvres, plus ils font d'enfants. C'est connu et c'est ce qui est ressorti entre autres de la journée d'étude(1), organisée le mercredi 24 février par l'Association des Démographes Marocains (ADEMA) en collaboration avec l'INSEA. Les différents participants ont tenté de clarifier la relation existant entre la pauvreté et les comportements de la population. Cette relation se traduit principalement par un taux de fécondité et de mortalité infantile élevé, conjugué à un fort mouvement migratoire.
    Le pourcentage des Marocains pauvres est estimé à 13% de la population de 1991, chiffre officiel pris pour référence, réparti entre 7% pour les citadins et 18% pour les ruraux. Si ce taux n'a pas bougé, il est certain que le Maroc compte, en valeur absolue, plus de démunis.
    M. Abdesselam Fazouane de l'INSEA a rappelé que cette évolution déséquilibrée s'est accompagnée d'une aggravation de la pauvreté de certaines catégories sociales (mesurée globalement par leur accès aux produits alimentaires, aux soins, à l'éducation et aux biens durables).
    Pour sa part, M. Aziz Ajbilou de l'INSEA estime que dans les ménages souffrant de l'insatisfaction du minimum vital, les femmes semblent disposées à faire plus d'enfants et à se marier plus tôt que le reste de la population. Se pose alors la question suivante: "Que veut dire avoir des enfants chez une femme pauvre?". Selon une étude menée dans la région d'Oujda, le nombre élevé des enfants est perçu comme une protection contre les incertitudes du futur ("Zmane"). Ce taux de fécondité entraîne automatiquement un niveau de mortalité infantile élevé. En cause, le manque de soins de santé, d'éducation, de biens durables, particulièrement.
    La fécondité n'est cependant pas l'unique phénomène démographique en relation avec la pauvreté. Un autre cas a été traité par les participants à cette journée. Il s'agit de la migration. Contrairement à ce qui est établi, ce mouvement n'est pas à sens unique (voir tableau). De plus, si la plupart des migrants déclarent, selon le CERED, que les causes sont plus familiales qu'économiques, il ne faut pas omettre que "la majorité de ces déplacements sont liés, d'une manière explicite ou implicite, à des facteurs économiques ou sociaux". En bref, chercher du travail pour se nourrir.

    Aniss MAGHRI

    (1) Le thème de la journée était: "La pauvreté au Maroc: Concept, mesures et relation avec les variables démographiques".

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