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    Les paradoxes du système Basri

    Par L'Economiste | Edition N°:636 Le 11/11/1999 | Partager



    · 20 ans et 8 mois à la tête du Ministère de l'Intérieur
    · Un appareil constitué d'éléments disparates
    · Une efficacité impressionnante mais sans contrôle


    Dans la lignée des grands vizirs tels que le ministre Ba Hmad de Moulay Hassan, peu d'hommes ont marqué le Maroc à travers le service de l'Etat, comme l'a fait M. Driss Basri.
    Il y a d'abord eu la durée, 20 ans et huit mois, laquelle a sans doute un peu trop duré pour que l'homme puisse s'en aller avec tous les honneurs qui auraient été dus à son oeuvre.
    Il y a eu ensuite l'époque. La profonde transformation intellectuelle du Maroc a sans doute été servie par la personnalité de M. Basri, dans la première partie de son mandat. Le Royaume a navigué vers une modernisation et une démocratisation reconnues, sans pour autant tomber dans des pièges tels que l'insécurité des gens, inversement à ce qui s'est passé en Algérie.
    Cela est évidemment dû à l'appareil sécuritaire que M. Basri a modelé à partir d'éléments aussi disparates qu'une police à l'occidentale et le corps des mokaddems, caïds issus de l'organisation médiévale. L'ironie de l'histoire veut maintenant que ce système d'ilotiers inspire l'organisation préventive du maintien de l'ordre, dans les grands ensembles urbains en Occident!
    La sécurité est une question sur laquelle M. Basri a donc réussi mais elle a été dépassée par son propre succès: la sécurité acquise, c'est la liberté qui passe au premier plan. Le tandem Midaoui-El Himma aura pour tâche de faire passer le pays à la deuxième étape sans renoncer aux acquis de la première.
    Homme de confiance du regretté Souverain, M. Basri a vu ses zones d'intervention s'élargir considérablement au cours des 20 années et huit mois de son mandat, un record sans doute à l'échelle de la planète. Mais cet élargissement s'est fait sans que les contrepoids fonctionnent correctement. M. Basri, avec un département ministériel dévoué, s'est taillé une réputation de grande efficacité, soutenue au passage par sa capacité à prendre le rôle du "méchant". Sur ce chapitre, si faute doit lui être reprochée, c'est celle d'avoir fait passer l'efficacité dans la réalisation des objectifs devant le contrôle des méthodes. C'est cette faute qu'il paye d'ailleurs aux yeux de l'opinion publique, à moins que dans ce domaine, il soit aussi dans le rôle du méchant.
    L'élargissement de ses compétences est allé jusqu'aux Affaires Etrangères, en passant par le Sahara et jusqu'aux questions Economiques. Mais là encore, c'est un portrait en nuances qu'il présente, avec d'un côté des problèmes insolubles qu'entrepreneurs ou associations professionnelles allaient lui demander de résoudre et, d'un autre côté la terrible campagne d'assainissement. Cette dernière a révélé l'incompétence du Ministère face à l'économique moderne (à l'exception du service qui porte effectivement le nom de Direction des Affaires Economiques, mais qui n'avait pas été réellement impliquée dans l'assainissement). La campagne a aussi stérilisé pour longtemps l'initiative économique et ramené le Maroc à des pratiques de communication qu'il n'avait plus vues depuis la fin de la colonisation. Par consensus avec les milieux d'affaires, M. Basri avait néanmoins eu une porte de sortie honorable, grâce aux "Gentleman agreement".
    C'est ce qui lui a permis de poursuivre le travail souterrain de contact permanent avec les partis politiques, notamment de l'opposition, pour les amener vers le gouvernement d'alternance et d'assurer ainsi une transition à la démocratie.
    Père entre ses pères jusque vers la fin des années 80, M. Basri, homme et fonction, a progressivement glissé vers la tradition des vizirs. L'histoire retiendra-t-elle qu'il a été l'un de ceux par qui la démocratie a grandi ou l'homme par lequel elle a piétiné? Réponse dans dix ans.


    Midaoui et El Himma succèdent à Basri


    Ce sont deux hommes connus qui succèdent à M. Driss Basri, déchargé hier par le Souverain de ses fonctions de ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, le lendemain de son anniversaire. M. Basri a eu 61 ans lundi et faisait de ce fait partie des jeunes du gouvernement Youssoufi.
    M. Ahmed Midaoui, du corps des inspecteurs des Finances et aussi du corps des gouverneurs, lui succède, assisté de M. Fouad Ali El Himma, nommé secrétaire d'Etat à l'Intérieur. M. El Himma est un proche du Souverain, dont il a été directeur de cabinet jusqu'à ce jour.
    M. Midaoui est en revanche un homme de la maison de l'Intérieur après avoir fait un détour par les Finances, où il est entré en 1971. Il a d'ailleurs soutenu une thèse remarquée à l'époque (début des années 80) sur "les entreprises publiques et le développement". Ancien gouverneur de Mohammédia puis de Tanger, M. Midaoui a aussi été directeur de la DGSN (Direction Générale de la Sûreté Nationale) de 1993 à 1997. Il est originaire de la Province de Taounate, où M. Basri avait d'ailleurs trouvé plusieurs collaborateurs de haut rang.


    Parcours


    Il a occupé les fonctions de commissaire principal à la Sûreté Régionale de Rabat, de membre du cabinet du directeur général de la Sûreté Nationale et d'administrateur-directeur des Affaires Générales et du personnel d'autorité au Ministère de l'Intérieur.
    Le 12 janvier 1973, il est nommé à la tête de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire dépendant du Ministère de l'Intérieur.
    Il est ensuite désigné, le 26 avril 1974, secrétaire d'Etat à l'Intérieur poste qu'il occupa jusqu'à sa nomination comme ministre de l'Intérieur le 27 mars 1979 dans le gouvernement de M. Maâti Bouabid et régulièrement reconduit depuis.

    Nadia SALAH

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