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    Tribune

    Les packagings high tech ou l'essor des matériaux plastiques en l'an 2000

    Par L'Economiste | Edition N°:178 Le 04/05/1995 | Partager

    par Abdellah JAWAD

    Souvent mal connues, parfois mal perçues, les matières plastiques, qui sont par essence la matière du XXème siècle, vont tenter de se donner une image plus séduisante. Effectivement, les acteurs de la filière (producteurs de résine, transformateurs et constructeurs de matériels) ont décidé à l'échelon mondial de regrouper leurs instances professionnelles sous une nouvelle dénomination.

    Profession Plastique: Une grande campagne de communication sera lancée sous cet égide fédérateur. Elle a l'ambition de s'étaler sur quatre années, de 1995 à 1998, en s'articulant sur des actions d'information des publics relais de chaque secteur d'application des matières plastiques et sous la forme d'un magazine d'information.
    Quelques chiffres clés caractérisant le bilan du secteur:
    - Matières premières: 25 sociétés productrices et 27 sociétés importatrices dont le chiffre d'affaires est de 30 milliards de FF, 4.700.000 tonnes en 1993.
    - Transformation: plus de 4.200 sociétés, 135.000 salariés, 100 milliards de chiffres d'affaires, production: 3.760.000 tonnes.
    - Machines de transformation: 20 entreprises réalisant 2,4 milliards de FF.
    - Moulistes: 180 sociétés, 15.000 salariés, 6,5 milliards de FF de C.A.
    Selon une étude de Frost et Sullivan, sur une production européenne d'emballage qui pèse 550 milliards de FF (100 milliards de Dollars), les plastiques comptent pour un tiers, soit 180 milliards de FF et pèseront 230 milliards en 1998. Le polyéthylène basse densité représente 42% de la production de ces plastiques, mais c'est le polyéthylène téréphtalate (PET) qui est appelé à connaître la plus grande croissance de la décennie de l'ordre de 20% par an.

    Par secteur utilisateur, l'alimentaire, qui représentait 40% des ventes de l'emballage, devient moins porteur que les cosmétiques et la pharmacie.
    Révolution de velours dans les matériaux. Malgré la crise, les industries agro-alimentaires ont opéré des choix fondamentaux en matière de conditionnement et de logistique. La crise a cependant servi de tremplin à une redistribution des cartes dans les matériaux.
    La conjoncture de crise, une surproduction de matières premières avec un marché inondé d'aciers, de PVC à bas prix provenant de l'ex-URSS, une guerre des prix qui a défavorisé (en raison du taux de change), les producteurs d'acier français, de PVC belges et allemands, etc ont entraîné une chute générale des prix des matériaux dans un marché légèrement croissant en volume. Les producteurs de matières premières ont réagi par des restructurations dans le domaine de la boîte boisson (Pechiney aux USA, CMB) ou pour les producteurs de PVC par des réductions d'horaires de travail.

    La montée du PET

    Ces mesures ont accéléré la montée en puissance du PET dans ce même secteur et dans l'emballage souple. La séduction du PET est de plus universelle. Avec une progression en volume de 6% par an et en dépit d'un prix élevé, le PET se révèle une petite bombe dans des secteurs aussi "intouchables" que la boîte boisson. Le PET explose avec le passage aux bouteilles en petites capacités. Il commence à mordre ce segment de marché jusque-là réservé aux boîtes boissons et petites bouteilles en verre.
    Le PET glycol est aux USA le matériau d'emballage qui connaît actuellement la plus forte croissance. Pour la SPI comme pour le cabinet Freedonier Group, la demande de résine PET augmentera de 5,2% par an entre 1991 et 1996, passant de 524.000 à 725.000 tonnes, soit une croissance annuelle due à l'expansion des marchés pharmaceutiques, de l'alimentation et des boissons non alcoolisées. Offrant une bonne barrière aux gaz et à la vapeur d'eau, résistant à la chaleur, le PET ne cesse de trouver de nouveaux débouchés outre-atlantique. Eastman Chimical est le premier producteur mondial de PET pour emballage. Il a décidé d'accroître ses capacités de production de 45% d'ici 1998.
    ICI, le Britannique, a décidé d'investir 540 MF dans la production d'une des plus grandes usines de PET du monde, en Caroline du Nord.
    La SABIC (Saudi Basic Industries Corp) va entreprendre la construction d'une usine d'acide téréphtalate purifié (PTA) de capacité mondiale qui fera partie de sa filiale IBN Rushd (Arabian Industrial Fiber Company). Cette usine, qui produira, en 1997, 350.000t du produit, sera l'une des plus importantes au monde. SABIC s'est adressé à Technimont, filiale du groupe Enichem, pour utiliser le procédé PTA.

    Les innovations en matière de packaging

    Bientôt les sacs en papier, emballant les fruits, ou le filet contenant les légumes feront figure de reliques. Les fabricants d'emballage misent désormais sur les conditionnements hautement technologiques, les seuls capables de préserver la qualité des aliments, en dépit de l'allongement croissant des chaînes d'approvisionnement.
    L'innovation la plus spectaculaire a été obtenue au Japon qui a mis au point un produit diffusant des rayonnements infrarouges. Le principe de cette nouvelle technologie consiste à noyer un émetteur actif dans le matériau même de l'emballage, qu'il soit plastique, papier ou carton. "L'entreprise utilise des céramiques émettant des radiations dans des longueurs d'ondes variant de 0,75 à 1.000 microns, c'est-à-dire dans la portion du spectre comprise entre les ondes visibles et les micro-ondes", explique-t-on à l'IPC. Le rayonnement diffusé par la céramique évite le développement des micro-organismes. Mieux, il stimulerait, parallèlement, l'activité métabolique des aliments en accentuant la couleur des fruits. Les résultats obtenus pour des fruits et légumes placés dans des caisses en carton, fabriquées selon ce procédé, sont probants.
    Question de culture: les consommateurs occidentaux semblent plus prudents face aux innovations touchant à leur alimentation. Ainsi, les producteurs de films d'emballage souple prennent garde à ne pas bousculer les habitudes. Aussi astucieuse soit-elle, l'innovation doit rester discrète.

    Si le verre ou les métaux constituent un parfait obstacle aux agressions extérieures, les matières plastiques, de plus en plus utilisées dans le conditionnement, transpirent. Conservée dans des conditions optimales de température et d'hygrométrie, une bouteille d'eau en PVC se viderait ainsi entièrement en quinze ans.
    La parade des scientifiques consiste en la mise au point de films multicouches de différents matériaux d'origine polymère de quelques microns d'épaisseur chacun. En faisant varier le nombre de couches, leur épaisseur et leur composition, les chercheurs définissent ainsi de façon précise le degré de perméabilité à l'égard de tel agresseur (l'humidité) ou de tel ou tel fuyard (les arômes en particulier).
    Chez une filiale du groupe italien FIAP, les chercheurs ont trouvé la résine acrylique Barex, conçue par BP, le moyen de faire obstacle aux essences fortes de type mentholé, qui dissolvent habituellement les composants de l'emballage. Depuis, cette découverte a été appliquée au conditionnement de produits agressifs, comme les assaisonnements vinaigrés, les soupes lyophilisées acides ou les desserts à base de chocolat.

    Plutôt que de faire barrage à l'air en l'empêchant de passer à travers l'emballage, certains fabricants proposent des conditionnements actifs, capables d'éliminer par eux-mêmes les risques de rancissement.
    L'efficacité des films barrières n'est pas totale. S'ils ralentissent effectivement l'infiltration de l'air dans l'emballage, ils n'agissent pas sur les échanges gazeux qui s'opèrent à partir de la denrée.
    Le produit mis au point par des firmes mondiales telles que Cryovac, Atco et Mitsubishi, avec l'aide financière de l'Agence Nationale de la Valorisation de la Recherche, agit comme une éponge: placé dans l'emballage, cet absorbeur chargé d'oxyde de fer fabrique de la rouille en s'oxydant en lieu et place de l'aliment. Aucun danger pour le consommateur: en quelques heures, la teneur en oxygène est réduite de 20 à 0,2%. Ce type de produit permet d'envisager des emballages longues durées pour de nouveaux aliments.
    Certes, les matériaux barrières ne sont pas une panacée. L'imperméabilité totale est même à éviter dans certains cas, notamment pour les fruits et légumes. Ces produits présentent un métabolisme particulier qui nécessite la persistance d'échange gazeux à travers l'emballage. Cependant, d'autres voies sont explorées et exploitées. Notamment par Air Liquide qui distribue déjà sous la marque Aligal des mélanges gazeux susceptibles de ménager le métabolisme des aliments frais.

    Un émetteur dans l'emballage

    L'innovation la plus spectaculaire a été obtenue au Japon qui a mis au point un produit diffusant des rayonnements infrarouges. Le principe de cette nouvelle technologie consiste à noyer un émetteur actif dans le matériau même de l'emballage, qu'il soit plastique, papier ou carton. "L'entreprise utilise des céramiques émettant des radiations dans des longueurs d'ondes variant de 0,75 à 1.000 microns, c'est-à-dire dans la portion du spectre comprise entre les ondes visibles et les micro-ondes", explique-t-on à l'IPC. Le rayonnement diffusé par la céramique évite le développement des micro-organismes. Mieux, il stimulerait, parallèlement, l'activité métabolique des aliments en accentuant la couleur des fruits. Les résultats obtenus pour des fruits et légumes placés dans des caisses en carton, fabriquées selon ce procédé, sont probants.

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