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    Economie

    Les orientations économiques du gouvernement

    Par L'Economiste | Edition N°:103 Le 11/11/1993 | Partager

    Il n'est pas exclu que ces objectifs à moyen terme figurent, soit dans la déclaration gouvernementale devant le Parlement, soit dans le texte de présentation du projet de Loi de Finances. Du point de vue des grands équilibres financiers et spécialement de la conduite des Budgets, c'est la rigueur qui s'applique et ce, selon les lignes mises en oeuvre par MM. Jouahri et Berrada depuis 1983. A cela, il y a un impératif technique simple qui vient doubler les options politiques libérales: la balance courante sera bonne si l'on arrive à limiter son déficit entre 2 et 3% du PIB sur le moyen terme. Autrement dit, elle est et demeure structurellement déficitaire. Ce déficit doit être financé avec des ressources longues, les placements financiers ou les investissements directs étrangers. Or il n'y a investissement étranger que si les investisseurs constatent que l'inflation est rigoureusement tenue et que si le déficit budgétaire n'annonce pas l'arrivée de tensions inflationnistes. En clair, ce dernier doit se tenir au-dessous de la barre de 1,5% du PIB et l'inflation devra rester aux alentours de 4% en moyenne.

    Le financement du déficit exclut le retour des emprunts massifs. C'est ainsi qu'en dépit des opportunités internationales existantes actuellement et qui iront en se multipliant au fur et à mesure de l'amélioration de la situation financière de l'Etat, les recours à l'emprunt extérieur seront limités. Le programme de développement à moyen terme espère arriver dans cinq ans à ce que la dette extérieure ne représente plus que l'équivalent de la moitié du PIB, contre un peu moins des trois quarts en ce moment.

    Entreprises publiques: Endettement préoccupant à moyen terme

    Toujours du côté de l'endettement, c'est la situation des entreprises publiques qui préoccupe le plus les perspectives à moyen terme.

    Ces entreprises ont réalisé une partie importante (environ 35%) de l'endettement de l'Etat et les plus endettées comme l'OCP et l'ONCF ne parviennent pas à dégager les ressources pour faire face à leurs engagements. L'attitude rigide du Ministère des Finances à l'endroit de l'endettement des entreprises publiques a fermé le robinet de la garantie de l'Etat(3). En revanche, le jeu des garanties antérieures a fait grimper l'enveloppe budgétaire à consacrer aux remboursements des dettes accumulées par ces entreprises pour les cinq années à venir. Dans le même temps, cette attitude rigide a freiné des dossiers tels que le refinancement des arriérés agricoles par le canal CNCA, par exemple.

    Sur le programme à moyen terme apparaissent des notions nouvelles qui vont sans doute alimenter les débats économiques des prochaines années. Parmi ces notions nouvelles, il faut noter l'évolution du lien financier entre l'Etat et les collectivités locales. La nouveauté réside en ce que les transferts en faveur des collectivités soient calculés en tenant compte davantage des recettes qu'est capable de générer la collectivité bénéficiaire. Ce principe d'affectation fonctionnerait dans deux sens: d'une part les collectivités les plus riches ne seraient plus tentées de lancer des programmes trop ambitieux dans lesquels les transferts deviendraient obligatoires, et d'autre part, les communes les plus pauvres ne pourraient plus se permettre de réclamer les transferts comme palliatifs à leur faibles capacités de recouvrement.

    Toujours dans le chapitre des nouveaux concepts, celui de la "modification du rôle de l'Etat-redistributeur" retient l'attention. Il est marié avec le principe de la croissance économique. Autrement dit, il n'y aura pas de redistribution par simple partage de l'existant. Ceci prélude à de vifs débats, qui ont déjà commencé lors des travaux sur l'assurance-maladie mais qui ont été résolus avant de démarrer dans le cas de l'eau potable: le volet social que représente l'accès à l'eau potable est soutenu par un développement d'infrastructures économiques lourdes. L'idée de base est que le Maroc est déficitaire en infrastructures et que ces dernières ne sont pas partagées entre infrastructures à vocation sociale et infrastructures à vocation économique, mais qu'au contraire les deux vocations se mêlent. Toujours dans le domaine des objectifs mêlés entre l'économique et le social, se place l'accent sur l'emploi. Il n'est pas encore question de "politique de l'emploi" à proprement parler, mais le Discours Royal du 6 novembre dernier fixait un principe: l'emploi par dignité, pas par charité.

    N.S.


    (1) Dans son mémorandum, la Koutla a évoqué les questions économiques en indiquant que le programme du gouvernement devait "concilier la réalisation du développement économique et social et les exigences des équilibres financiers".

    (2) Cf L'Economiste du 28 octobre 1993; lors du Conseil de gouvernement du 3 novembre 1993, le ministre des Finances a indiqué que les résultats obtenus en matière d'ajustement financier "n'ont pas été profondément affectés".

    (3) Sauf en ce qui concerne la garantie publique donnée aux programmes Maroc Phosphore V et VI mais sur ces programmes ce sont les bailleurs de fonds étrangers qui se montrent hésitants quant à la rentabilité. Cf L'Economiste du 16 septembtre 1993.

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