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Economie

Les opérateurs montent au créneau

Par L'Economiste | Edition N°:735 Le 29/03/2000 | Partager

. La filière a subi en 1999 près de 400 millions de DH de pertes

. Les professionnels revendiquent un cadre juridique adéquat et rejettent leur statut hybride


LES aviculteurs broient du noir et haussent le ton. Leur secteur traverse des crises qualifiées de graves, et ses perspectives sont incertaines. C'est ce qui ressort du débat, organisé hier 29 mars à Casablanca sous le thème "secteur avicole: difficultés et perspectives". D'emblée, M. Youssef Alaoui, président de la Fédération Interprofessionnelle du Secteur Avicole (FISA) annonce la couleur en déclarant la filière de "sinistrée". Et les chiffres présentés par la Fédération sont parlants. Ainsi, les pertes directes totales à la production, subies par les éleveurs et les accouveurs auraient atteint en 1999 près de 400 millions de DH. Les prix du poulet de chair, quant à eux, ont enregistré des niveaux très bas, allant jusqu'à 7 DH/kg vif à la ferme pendant certaines périodes de l'année, et le prix de l'oeuf a chuté à moins de 0,50 DH l'unité. A l'origine de cette situation, la concurrence "acharnée" des producteurs espagnols ainsi que le faible pouvoir d'achat du consommateur devenu très méfiant, notamment après le déclenchement des affaires de la dioxine et de la grippe de Hong-Kong notamment. Résultat, les opérateurs de la filière commencent à baisser rideaux. Ainsi, entre 20 et 30% de producteurs auraient déjà fermé boutique et, selon les professionnels, la tendance ira en s'aggravant. "Nous voulons juste comprendre. L'Etat veut-il que la filière s'arrête et faire appel à l'importation? Dans ce cas, le gouvernement doit nous le signaler clairement", déclare sans détour un producteur.

Et d'ajouter, "le gouvernement appelle au développement du monde rural, à la création d'emplois et encourage les investisseurs étrangers alors qu'il tue les investissements internes et les petits producteurs". Le mot est lâché.
Le débat a également été une occasion pour les aviculteurs de réitérer leur position face à la protection de l'Etat accordée aux "producteurs de maïs". Les opérateurs déclarent ne pas comprendre pourquoi le gouvernement "s'obstine à protéger les petits producteurs de maïs alors qu'il s'agit plutôt de grandes entreprises ayant un capital de 10 à 100 millions de DH et ne produisant qu'entre 4 et 5% des besoins nationaux". Par ailleurs, il se disent surpris que leur filière ne soit pas mentionnée dans le plan antisécheresse concocté par le Département de M. Malki. Ils continuent à traîner derrière eux un statut hybride. L'aviculteur ne se reconnaît pas dans la catégorie professionnelle à laquelle il est rattaché par les pouvoirs publics. Il relève naturellement du monde agricole de par son activité d'éleveur d'animaux comme il est spécifié dans la nouvelle nomenclature des activités économiques. Cependant, sur le plan fiscal, il est considéré comme un industriel. "Nous ne demandons pas d'aide de l'Etat, nous voulons juste un cadre réglementaire adéquat pour la filière", revendiquent-ils. D'ailleurs, M. Alaoui se demande ce qu'il est advenu de la charte sanitaire concernant la filière. Cette dernière est toujours au Secrétariat Général du Gouvernement et ce depuis 1997.

Abdelaziz MEFTAH

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