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Les open internationaux de finances

Par L'Economiste | Edition N°:454 Le 02/03/1999 | Partager

Les systèmes financiers de l'économie libérale sont sujets aux changements, tout comme les autres industries. Harold Rose a axé son étude sur les facteurs responsables des changements passés, présents et futurs.

Harold Rose
Ancien administrateur à l'Institut de Finance LBS et ex-conseiller économique du groupe Barclays Bank, Harold Rose est aujourd'hui professeur de Finance au London Business School.

Les systèmes financiers des 20 à 30 années passées ont connu des changements considérables qui peuvent être classés de la manière suivante:

1- Le décloisonnement des fonctions des institutions financières
Un changement fort est l'élimination des distinctions entre les banques commerciales et les banques d'investissement. L'origine de cette distinction varie selon les pays. Elle est légale au Japon et aux Etats-Unis et historique au Royaume-Uni.
Outre le financement, l'émission, la vente et achat des titres émis par les sociétés, les banques d'investissement collectent les dépôts à long terme des épargnants et distribuent les crédits aux entreprises. Les banques commerciales, quant à elles, reçoivent les dépôts à vue et à moyen terme et accordent des prêts à des clients solvables. Le système financier allemand, avec ses "banques universelles", ses banques commerciales et ses caisses nationales d'épargne a constitué l'exception la plus importante pendant très longtemps.
Au Royaume-Uni, cette distinction a pris fin en 1986, depuis que les lois sur le marché boursier ont été révisées pour rendre possible la possession intégrale des sociétés de placement par les banques étrangères et locales. Cette révision avait pour objectif de permettre aux sociétés de bourse la mobilisation des capitaux et des contacts nécessaires et ce, dans le but d'être plus compétitives sur les marchés internationaux. Les banques commerciales se sont transformées en banques d'investissement. Elles voulaient bénéficier de l'expansion des marchés des valeurs et entretenir leurs relations avec les clients qui ne cessent de réclamer l'introduction de nouveaux services financiers.
Dans d'autres pays, la distinction entre les deux formes de banques, (distinction soutenue par la législation, comme la loi américaine de Glass Steagall) a été partiellement supprimée. Cependant, il est certain que la concurrence des marchés boursiers en expansion va l'éliminer définitivement.
La suppression des barrières doit être considérée sous d'autres aspects du système financier. Au Royaume-Uni, les barrières légales entre les banques commerciales et les sociétés de crédit immobilier ont été réduites, tout comme celles entre les banques et les organismes américains de prêt au logement. Les marchés traditionnels des banques commerciales ont été envahis par les entreprises non financières.
Les grandes surfaces, par exemple, proposent des cartes de crédit, des services financiers multiples et des prêts à la consommation à leurs clients. L'intervention des groupes multinationaux sur les marchés monétaires est identique à celle des banques. Dans plusieurs pays, ces banques s'allient aux compagnies d'assurances pour offrir une gamme complète de crédits et services financiers.

2- Le déclin partiel des banques commerciales
Les services bancaires traditionnels (distribution de crédit et collecte des dépôts) ont été largement concurrencés par les organismes financiers spécialisés (OFS). L'histoire nous révèle que les banques peuvent bien dominer les systèmes financiers des pays en voie de développement mais elles perdent généralement leurs parts dans les transactions financières, mesurées par l'actif et le passif des institutions financières traités par les banques.
Le taux élevé des impôts et la demande des prêts non-liquides (assurance-vie et pension de retraite) résultant de l'augmentation des revenus figurent parmi les facteurs spécifiques qui ont contribué au déclin des services bancaires. Mais le fait que ces banques aient perdu l'avantage d'être des "intermédiaires financiers" reste le facteur le plus important. Les autres atouts de cette intermédiation résident dans les fonctions que les personnes physiques ou morales ne peuvent pas effectuer (telle que l'assurance contre le non-remboursement des prêts) ou qu'elles peuvent accomplir à un coût plus faible (comme l'évaluation et le contrôle des prêts) ou à un risque moindre (en groupant les risques).
Ces fonctions intermédiaires de la banque ont diminué avec le déclin des avantages bancaires. Résultat: la désintermédiation, sous forme de financement du marché des valeurs et de titrisation, s'est développée plus rapidement que les crédits bancaires. Les banques ont perdu plusieurs de leurs avantages, et les coûts de transaction sur les marchés des valeurs ont chuté en conséquence. De nombreuses entreprises étaient à même de promouvoir leurs systèmes financiers sur les marchés libres à des conditions meilleures que celles offertes par les banques, afin de réduire la marge entre les emprunts bancaires et les taux de prêts sur le marché des entreprises.
Néanmoins, plusieurs banques ont répondu à cette situation (à des degrés variés et dans des pays différents) à travers l'expansion de leurs commissions. Aux Etats-Unis, les parts des banques dans le revenu annuel brut -à ne pas confondre avec les totaux du bilan des institutions financières- n'ont pas chuté au cours des dix dernières années. Il était donc nécessaire de distinguer entre l'évolution «des opérations bancaires» et le mouvement des «banques».

3- L'expansion des produits dérivés
Les produits dérivés, (transactions directes simples, options, contrats à terme et swaps du taux d'intérêt et des devises) sont ainsi nommés, car leur valeur est dérivée de celle des autres actifs. Certains dérivés, comme les transactions directes et les options, ont prévalu pendant des siècles. Cependant, au cours des vingt dernières années, le développement le plus important a été celui des marchés des dérivés financiers (les marchés à terme existent depuis la fin du siècle dernier).
Le volume des transactions a augmenté à plusieurs reprises. D'une part, au niveau des échéances financières relatives aux marchés à terme organisés, dans lesquelles les transactions dépassent ceux des valeurs sous-jacentes. D'autre part, au niveau des swaps, dans lesquels il n'existe aucun marché officiel organisé, mais où les banques assument le rôle de créateurs de marché à travers leurs opérations «interbancaire» à grande échelle.
Ces développements ont été renforcés par l'augmentation du risque monétaire depuis l'abrogation de l'ancien système de Bretton Woods en 1971. Ce dernier s'appuyait sur la stabilité relative du taux de change et sur les fluctuations des taux d'intérêt provoqués par la grande inflation et la hausse soudaine des prix du pétrole en 1973 et 1979. Les produits dérivés servent à se couvrir contre les risques et à prendre des positions spéculatives (lorsqu'il n'y a pas d'impartialité entre les opérateurs en couverture de risque, les spéculateurs comblent alors les lacunes et établissent le niveau général des prix).
L'autre stimulus concerne la grande révolution de la technologie de l'information. Les réseaux informatiques ont facilité le transfert de l'information à l'échelle internationale et ont rendu possibles les calculs et les mécanismes de contrôle, requis par les entreprises largement impliquées dans ces marchés.
La standardisation des instruments a par ailleurs permis l'augmentation des volumes et la baisse du coût des transactions à des niveaux plus bas que ceux des transactions des valeurs sous-jacentes.
Les institutions financières modernes, notamment les banques, doivent alors s'habituer à l'utilisation de ces dérivés pour leur propre intérêt ainsi que pour celui de leurs clients. Cette utilisation implique que les entreprises soient en mesure de détecter plus facilement et d'éviter le risque qui n'apporte aucune valeur ajoutée à l'entreprise et à ses actionnaires. Elle peut également avoir un impact problématique sur les organismes de contrôle financiers.
L'idée que la croissance des produits dérivés a provoqué l'instabilité des marchés des valeurs n'est certainement pas fondée. La volatilité des marchés des actions a diminué au cours de ces dernières années aux Etats-Unis. Les prix des actions ont baissé autant pour les pays qui ont des marchés à terme que pour ceux qui ne l'ont pas, suite à la forte baisse de Wall Street en octobre 1987.

4- Plus de liberté pour plus de régulations
Le troisième changement des systèmes financiers concerne l'association de la liberté croissante des marchés financiers (les établissements financiers jouissent d'une plus grande liberté quant à l'exercice de leurs activités et à l'établissement des prix concurrentiels) à la régulation ou à la supervision des institutions financières. La régulation financière s'est vue transformée en industrie évolutive. Toutefois, les formes de cette régulation font l'objet de nombreuses controverses.

Les causes du changement
La cause la plus notoire est l'internationalisation de la finance. Elle tire son origine de l'assouplissement, suivi de l'abolition des réglementations du marché sur les mouvements des capitaux.
L'internationalisation a été à la fois une cause et un effet de la concurrence internationale entre les différents marchés et institutions. De plus, la concurrence a encouragé les démarches d'harmonisation internationale des régulations. La migration des institutions et des marchés au-delà des frontières nationales a incité les institutions et les marchés nationaux à devenir plus compétitifs. Ce qui était clairement en faveur des clients.
La révolution de la technologie de l'information est la seconde plus importante raison. La technologie a toujours contribué à l'évolution des systèmes financiers (en Angleterre, par exemple, la création des agences régionales a été facilité par la mise en place des chemins de fer au 19ème siècle. Les transactions financières internationales se sont multipliées suite à l'installation des câbles en 1860). Après le téléphone, le télex et les réseaux informatiques, l'introduction du fax international et des e-mails a donné une nouvelle impulsion aux transactions internationales. Résultat: les marchés monétaires se sont mondialisés et les marchés des valeurs sont en cours de le devenir aussi.


En bref


Les barrières du secteur financier se voient disparaître peu à peu. Au Royaume-Uni, la distinction entre les banques d'investissement et les banques commerciales a pris fin en 1986. Toutefois, dans d'autres pays cette division n'a été dissoute que partiellement. Les fonctions intermédiaires des banques ont diminué, mais les activités à but lucratif se sont développées. Le volume des produits dérivés a été commandé par l'instabilité de la monnaie et par les fluctuations du taux d'intérêt. Les technologies de l'information ont donné une nouvelle impulsion aux transactions internationales.

Traduction: Majda BENKIRANE
L'Economiste

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